‹ Les débuts de l'art en ÉgypteChapitre 29 sur 107 · F1G. 58.— PALETTES DÉCORÉES DE FIGURES INCISÉES · texte numérisé non relu

F1G. 58.— PALETTES DÉCORÉES DE FIGURES INCISÉES

conpolis, qui nous anontrent une fois encore des objets usuels devenus de véritables. objets de luxe, de proportions démesurées, et, par conséquent, entièrement détournés de leur destination primitive.

D'ordinaire, les têtes de massues en pierre peuvent se classer en deux groupes principaux : les unes, et ce sont les plus anciennes,

Massues et sceptres.

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affectent la forme d’un disque; elles sont alors le plus souvent en syénite, porphyre, et plus rarement en albâtre !. Les autres sont en forme de poire et on en rencontre en basalte, hématite, brèche, albâtre et surtout en calcaire blanc compact.

Cette dernière forme s’est conservée, au moins jusqu'à la IV° dynastie et pendant toute l'histoire d'Égypte, comme emblème entre les mains du roi. Un signe hiéro-

glyphique Î exprimant les idées

de blancheur et d'éclat nous en garde l’image *.

Deux spécimens découverts à Diospolis Parva sont encore em- FIG. 60.— PALETTE. manchés, l’un d'ivoire et l’autre Décorée d’un signe hiéroglyphi- de corne 3. Quelques têtes de masque (t)éenvrelief, , “pc!

sues présentent une forme différente, rappelant un double marteau à extrémités pointues * (fig.61). Ces têtes de massues sont habituellement sans ornements. Cependant on en a découvert à El-Amrah un spécimen en calcaire blanc décoré de points noirs ÿ. Je suis assez porté à considérer de même les objets découverts par Petrie à Négadah et dans lesquels il voudrait voir les pièces d’un jeu, eu égard à la matière dont ils sont

faits, calcaire et pierre de sable tendre © (fig. 62).

1 M. Hall a émis l’hypothèse que ces soi-disant massues en forme de disque pourraient bien n’être que la partie inférieure de la massue, comme on le trou-

verait représenté sur le signe Î . On trouvera la preuve que ces pièces sont

réellement des têtes de massues dans les représentations des cercueils peints du moyen empire. Voir Lepsrus, àleste Texte des Todtenbuchs nach Sarcophagen des altägyptischen Reichs üm Berliner Museum. Berlin, 1867, pl. 38.

2 PETRIE, Diospolis parva, p. 24 et pl. 1V ; Nagada, pl. Xvir.

3 PETRIE, Drospolis parva, pl. vV.

4 PETRIE, Magada, pl. xvi. 23 (Ashmolean Museum, à Oxford).

5 Mac Iver and MACE, Z/ Amrah and Abydos, pl. x, 6, et p. 16.

6 PETRIE, Vagada, pl. viret p. 35 (Ashmolean Museum, à Oxford).

Vases

en pierre.

À Hieraconpolis, M. Quibell a découvert, sans parler des pièces d'apparat auxquelles je viens de faire allusion, une quantité énorme de têtes de massues ! qui avaient simplement servi comme pièces de parade, ainsi qu'on peut s’en convaincre en constatant avec l’auteur que le trou d'emmanchement n’est pas toujours complètement percé. On rencontre parfois des têtes de massues décorées de lignes incisées unissant le sommet de la massue à la base (voir fig. 61, n° 23).

Hè 1

Fc. OT. "TES De MASSUES.

Provenant de Hieraconpolis et de Négadah.

Enfin il faut mettre hors pair deux têtes de massues ou de sceptres, l’une-en ivoire décorée de trois registres où sont représentés des captifs, les bras liés derrière le dos et attachés, en file, par le cou ?; l’autre en serpentine, nous montrant, en relief, des figures alternées de chiens et de lions *. Ces deux dernières pièces appartiennent au début de la période historique et sont de véritables chefs-d’œuvre techniques (fig. 63).

La perfection de forme de ces têtes de massues, faites des pierres les plus dures, et sans l’aide des outils en métal, du moins à la

1 QuiBELL and GREEN, Æüeraconpolis, I, pl. xxViII et p. 41.

? QUIBELL, Hieraconpolis, 1, pl. xu, et II, p. 37.

# QUIBELL and GREEN, Æieraconpolis, II, pl. xxint, LxvI et p. 38,et I, pl. xIx. Une tête de massue du musée de Berlin est décorée de trois ornements dérivés du type de la tête de taureau (voir plus loin).

On trouvera sur la figure 63 une autre tête de massue provenant de Hieraconpolis et qui reproduit deux parties antérieures de taureaux ou de béliers. Fieraconpohis; À, pl. xx, 3, et xxv, et p. 8 : Il, p. 38.

Un spécimen analogue provenant de Hou se trouve, de même qu les pièces précédentes, à l’'Ashmolean Museum, à Oxford.

période la plus ancienne, a de quoi étonner. Notre étonnement ne fera que croître si nous examinons les vases en pierre que l'on rencontre dans les tombeaux dès les débuts de la période préhistorique.

Voici ce qu’en dit Petrie : « Tout le long de la période préhistorique, depuis les tombes toutes primitives, contemporaines de la date de succession 30, jusqu'à la fin, les vases en pierre sont abondants. De plus le goût des vases en pierre dure se conserva dans les temps historiques ; des centaines de coupes en pierre sont ensevelies avec les rois de la ["° dynastie et on en trouve encore beaucoup dans les tombes des III° et IV° dynasties. A l’époque de la XII dynastie, la serpentine et l’albâtre, plus tendres, remplacent entièrement les belles diorites ainsi que les porphyres, et, sous la XVIII: dynastie, l’art de travailler les pierres dures est entièrement perdu, sauf dans la statuaire. Au point de vue de la beauté et de l’habileté dans l'emploi des belles pierres dures on peut dire que les Égyptiens atteignirent graduellement le niveau le plus élevé vers la fin des temps préhistoriques et au début de l’ère des plus anciennes dynasties. La VIS, la XITI° ou la XVIII dynastie ne peuvent supporter même un instant la Comparaison avec la grandeur archaïque » !.

Nous ne pouvons nous arrêter ici à étudier en détail les formes de ces vases et je me contenterai de renvoyer le lecteur aux remarques de Petrie ainsi qu'aux nombreuses planches où sont reproduites toutes les formes découvertes jusqu'à présent ?. Nous ne devons nous occuper que de la décoration de ces vases, ainsi

1 PETRIE, Diospolis parva, p. 18.

? PETRIE, Déospolis parva, pp. 18-19 et pl. 111 pour le diagramme montrant l’évolution des formes pendant la période préhistorique (M. Petrie me dit qu’il fait toutes ses réserves quant à l’évolution des vases en pierre, de forme cylindrique, dont les dates de succession ne sont basées que sur des observations de M. Quibell, qu’il n’a pu contrôler rigoureusement) ; Vagada, pl. viri-Xvi ; Diospolis, pl. 1x. — Mac Iver and MACE, Z7 Anrah and Abydos, pl. XVI. — PETRIE, Abydos, 1, pl. XXVII, XLII-XLVIL : Æoyal tombs, Il, pl. XLVI-LI G:; Abydos, I, pl. 1x-X ; — QuiBELL, Æ7 Kab, pl. 11. HE, VI, X, XXVII; QUIBELL and GREEN, Hieraconpolis, 1, pl. XXXI-XXXIV, XXXVI, XXXVI1; II, pl. xxx Ces indications se rapportent également aux vases des premières dynasties égyptiennes. — Voir encore À. H. SAYCE, fhe Stone vases of ancient Egypt, dans fhe Connoisseur, a magazine for collectors, IV, 1992, pp. 159-165, avec de balles photographies.

Décorations skéiomorphes.

que des quelques exemples où on a donné au vase lui-même une forme soit animale, soit humaine.

Le plus souvent le vase est uni; parfois on s’est contenté d'y représenter une corde qui fait le tour du col et on a eu soin de préciser le détail. D’autres fois il s'agit d’un simple bourrelet simueux qui n’est même pas toujours continu .

Plus rarement, le vase est décoré de côtes régulières, d’une perfection de travail inouïe?, ou encore revêtu d’une décoration en écailles s’imbriquant les unes dans les autres.

Sur un vase on avait représenté, en léger relief, un lacis de cordes tressées constituant une sorte de filet dans lequel aurait été

Fi. 62. — ‘TÈTES DE MASSUES EN PIERRE TENDRE DÉCORÉES.

placé le vase *. C’est là un exemple de ces motifs skéiomorphes dont il a été question plus haut. On en trouvera un second dans le fragment d’un vase en marbre dont la surface extérieure était sculptée de façon à simuler un panier tressé *.

l Exemples : PETRIE, Vagada, pl. x; Royal tombs, I, pl. XLVIIB, LI, LIN, LUI A et LIT F — QUIBELL, /Zieraconpolis, T, pl. XXXINI.

2 pe MORGAN, Recherches, Il, p. 184. — QuIBELL, Aieraconpolis, 1, pl. LIX, 7. — PETRIE, XLoyal tombs, I, pl. XLIX ; plov, 12 plie vVir user;

3 PETRIE, Loyal tombs, IL, pl. VI, 27, et XXIX, 21-25 ; XLI, 94 — DE MORGAN, Recherches, IL, fig. 823, p. 245.

4 PETRIE, Loyal tombs, IT, pl. IX, 12.

Enfin, toute une série de vases, datant pour la plupart des débuts de la période historique, nous montrent des figures en relief, têtes humaines, animaux, etc. Nous allons rapidement les passer en revue.

Un seul vase est, à ma connaissance, décoré de représentations humaines. C'est un vase appartenant à la collection Petrie à l'University College de Londres, et d’après sa forme il doit se classer entre les débuts de la période préhistorique et la date de succession 60-70, par conséquent encore en pleine époque préhistorique. Nous y voyons deux têtes humaines, sculptées en relief sur la panse du vase, avec le même type que nous avons déjà rencontré. La bouche a été indiquée par un trait horizontal fortement accentué et les yeux relevés au moyen de deux perles collées dans les cavités de la pierre ! (fig. 64).

À Hieraconpolis, M. Quibell découvrit toute une série de vases décorés de figures d'animaux. On y voit des têtes de félins au-dessus d'un signe qui ressemble à l’hiéroglyphe tv ?, une figure de scorpion * (fig. 65) et, enfin, une représentation très curieuse dans laquelle je serais tenté de voir une inscription pictographique, sans pouvoir, cependant, en proposer une lecture quelconque. La présence de l'arc est surtout ce qui me fait songer à quelque chose de semblable * (fig. 66). :

D'autres pièces, malheureusement fragmentaires, montrent une tête d'oiseau ainsi qu'un objet bizarre terminé par une étoile *.

Les tombes royales de la I" dynastie à Abydos n’ont donné que peu de fragments analogues. Sur quelques-uns on relève de curieux ornements en relief dont on ne peut malheureusement rien tirer de précis. Un vase en albâtre de la même localité était

décoré à la base de signes | incisés 6,

l Un fragment d’un vase semblable avait été trouvé par M. Quibell à Ballas. — Voir PETRIE, Vagada, pl. XL, 26, et DL

? QuiBELL, Æieraconpolis, 1, pl. xvr1.

8 Zdem, 1, pl. xvn et xxui.

STdem, x, T; pl xIX, xX.et xx.

$ Quigerr and GREEN, Hieraconpolis, IL, pl. Lix.

5 PETRIE, Xoyal tombs, II, DEV 0 VIA 22-23 DA SSSR AMEL AE on mi, Ac

Décorations fiumaïines.

Décorations animales.

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