‹ Les débuts de l'art en ÉgypteChapitre 36 sur 107 · ZA · texte numérisé non relu

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FiG. 72. — VASES NOIRS INCISÉS IMITANT LA VANNERIE.

Lorsque les motifs floraux y apparaissent, c’est sous forme, de simples branches très stylisées et auxquelles on serait tenté de comparer les décors analogues de certains vases préhistoriques

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grecs découverts à Santorin !. Nous reproduisons ici deux vases montrant des branches assez décoratives. Le vase du milieu reproduit la seconde face de vase figuré à la page 35. L'autre vase est figuré sous ses deux faces, de façon à mettre en relief les motifs floraux * (fig. 73).

Un spécimen décoré de représentations humaines a été reproduit plus haut à propos de la coiffure des hommes (fig. 13). Deux autres vases, découverts l’un à Abydos et l’autre à Meâla, nous montrent également des figures humaines #.

Les représentations d'animaux sont plus nombreuses. L'hippopotame surtout est fréquent ; on trouve ensuite des antilopes d'espèces diverses, d’autres animaux dont la détermination ne peut toujours être faite avec précision ; des poissons, des oiseaux, des crocodiles,des scorpions, etc. Il suffira d’en décrire quelques spécimens. Une grande coupe ovale, de la collection Petrie, à l'University College de Londres, est ornée, au centre, d’un crocodile; à la partie supérieure, de trois hippopotames ; à la partie inférieure, des lignes s’entrecroisant à angle droit, dont l’ensemble pourrait indiquer, d’après Petrie, les rides de l’eau * (fig. 74).

Un autre vase de la même collection est décoré d’un motif floral, d’un cervidé et d’un animal que Petrie appelle un hérisson, sans que je sois absolument convaincu de l'exactitude de cette identification * (vase au centre de la fig. 75).

Ün vase provenant, semble-t-il, de Gebelein nous montre des figures extrêmement curieuses. D'un côté deux antilopes placées au dessus d’une série de lignes en zigzag; de l’autre côté, un bizarre animal au corps extrêmement allongé, avec une petite tête surmontée de deux oreilles pointues. On serait tenté d'y reconnaître

l DE BissiNG, es Origines de l'Égypte, dans l’Anthropologie, 1X, 1898,

pl. ur, fig. r et 3, — PErrtE, Magade, pl. xXVIII,-40-42-; xxIX, 69, 76, 85 d. On trouvera des applications des règles de transformation de motifs naturels en motifs géométriques dans les spécimens figurés pl. xXVILI, 40, 42, 46, 48 ; pl. XxXIX, 52, 54,61, 63, 64, etc.— Mac Iverand MACE, Æ7/ Amrah and Abydos, DIE ro 2027

? PETRIE, ?rehistoric Egyptian Pottery, dans Man, 1902, n° 83, pl. H, 2.

8 DE MORGAN, Xecherches, I, pl. 11, 5, et pl. ui, fig. 1.. — DE BIissING, Loc. cth, pp. 246-et 247.

4 PETRIE, Prehistoric Egyptian Pottery, dans Man, 1902, n° 83, et pl. H, 5.

5 PETRIE, Prehistoric Egyptian Pottery, dans Man, 1902, n° 83, et pl. H, 4.

Représentations humaines.

Représentations d’animaux.

d’abord une girafe, mais la manière dont le corps est dessiné exclut cette hypothèse. Un fragment découvert à Négadah (XXIX, n° 08) nous montre comment on la représentait d’une façon très caractéristique. L'animal figuré ici ne pourrait-il être l’okapi, retrouvé récemment dans le Congo belge et qui avait été certainement

FiG. 73. — VASES A PEINTURES BLANCHES À MOTIFS FLORAUX.

University College de Londres.

connu des anciens Égyptiens, comme l’a démontré M. le professeur Wiedemann ! ? (fig. 75).

Un vase provenant, d'après M. de Bissing, d’Abydos, d’après M. de Morgan, de Gebelein, mérite également notre attention; c'est le spécimen le plus curieux de cette catégorie de vases : au centre,

1 WIEDEMANN, das Okapi im alten Aegypten, dans die Umschau, VI, 1902, PP. 1002-1005 ; das ägyptische Set-Thier, dans la Orientalistische Litteratur Zeitung, V, 1902, col, 220-223. — PETRIE, Prehistoric Egyptian Pottery, dans Man, 1002/1953, et pl El Tr:

un scorpion, puis à l’entour divers animaux: hippopotame, crocodiles, poissons, oiseaux, tortue et autres figures impossibles à déterminer. Mais ce qui est plus intéressant, c'est d'y rencontrer une représentation de barque analogue à celles que nous allons

Représentation de barque

FIG. 74. — VASES A PEINTURE BLANCHE AVEC REPRÉSENTATION D'UN CROCODILE ET D'HIPPOPOTAMES.

University College de Londres.

avoir à examiner dans un instant et qui apparaissent d'ordinaire sur une autre catégorie de poteries ! (fig. 76).

Ces exemples suffiront certainement à donner une idée des vases décorés de figures d'animaux *, et il ne nous restera plus qu’à

* DE MORGAN, Recherches, 1, pl. 11, 5. — DE BIssiNG, Loc. cit, pl. 11 fig. 2, et pp. 246-247.

3 Voir encore PETRIE, Vagada, pl. XxIX, 01-07; Drospols, (pl. XIV, 03 D et 96; Prehistoric Egyptian Pottery, dans Man, 1902, n° 83, pl. H, 6. — Mac

Poteries décorées.

mentionner deux spécimens décorés de motifs géométriques et de figures singulières dont l'explication reste encore à trouver. Ces. deux vases appartiennent également à la collection Petrie, à l'University College de Londres !: (fig. 77).

FiG. 75. — VASES A PEINTURE BLANCHE AVEC REPRÉSENTATION D'ANIMAUX.

University College de Londres.

D'un type tout à fait différent sont les « poteries décorées » dont nous allons nous occuper *.

Les plus anciens spécimens sont à peu près contemporains de la céramique à peinture blanche, mais c’est principalement à partir de la date de succession 40 qu’on les rencontre fréquemment. Il

Iver and MACE, Æ/ Amrah and Abydos, pl. XV, 17, 18 ? (animal stylisé ?). — DE MORGAN, Recherches, À, pl. 1, 1; pl. 11, 2 et 3. — DE BISsING, oc. cit, pl. 111, Hp net; pl.Iv, He".

1 PETRIE, Prehistoric Egyptian Pottery, dans Man, 10902, n° 83, pl. H, 3, p. 133: « The upper figures might be adzes or hoes, the lower figures are curiously like lictors’ fasces, but no such forms are known in Egypt; they may, however, be a form of stone axes set in handles. Certainly neither can be the hieroglyphic nefer sign, as that had double projections down to dynastic times ».

2 HoERNES, M., Urgeschichte der bildenden Kunst in Europa van den Anfängen bis um 500 vor Chr. Vienne, 1898, Nachträâge, 2, Veolithische Vasenmalerei in Aegypten, pp. 687-689.

semble bien que l’on doive chercher en deux endroits différents la source des vases de cette espèce, et si les spécimens du type à peinture blanche sont surtout apparentés aux poteries kabyles, on est tenté de chercher plutôt du côté des côtes syriennes de la Méditerranée le point de départ de l’industrie des « vases décorés » 1. Rappelons tout d'abord, en précisant ce que nous disions tout à l'heure, les vases décorés imitant les vases en pierres dures. Tantôt c'est la brèche que l’on copie ?, tantôt encore ce sont diverses sortes de marbres ; mais l’imitation la plus intéressante est celle du calcaire nummilitique, représenté par une série de spirales , comme l'ont reconnu très ingénieusement Petrie et Schweinfurth *. Peu à peu on développa les spira-

Vases déco-

rés imitant

les pierres dures.

les, sans se souvenir de ce Fic. 76.— VASE À PEINTURE BLANCHE. qu'elles représentaient primi- Représentation d’une barque et de divers

tivement, et l’on en arriva à animaux, d'après l’Ax/hropologte.

décorer des poteries en se

contentant d'y tracer deux ou trois énormes spirales ! (fig. 78). La présence de ces ornements a été mal interprétée par quel-

ques observateurs, qui auraient voulu y voir une représentation

de la mer. Le malheur est que, à ma connaissance tout au moins,

1 Petrie appelle ces vases « decorated pottery », et c’est dans ce sens qu’il faut entendre ici le terme « poteries décorées ».

2 PETRIE, MVagada, pl. XXXIN, 1, et p. 40, XXxI, 6 (wavy handled); Diospolis, pl. xv, 5, 18 b et c (wavy handled); xvi, 64 et 76 b. —— Mac IvER and MACE, Æ£7 Amrah and Abydos, pl. xiv, W B (wavy handled).

8 PETRIE, Nagada, pl. xxxV, 67 a, b, c, et p. 40. — SCHWEINFURTH, Ornamentik der ällesten Cultur-Epoche Aegyptens, dans les Verhandlungen der 6. Gesellsch. für Anthropologie, Ethnologie und Urgeschichte, 1897, pp. 397 et 398.

1 PETRIE, Vagada, pl. XxXxIV, 31 a - 33 b; Diospolis, pl. xv, 7 c.

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