‹ Les débuts de l'art en ÉgypteChapitre 44 sur 107 · F1G. 87. — VASES DÉCORÉS A REPRÉSENTATIONS RARES · texte numérisé non relu

F1G. 87. — VASES DÉCORÉS A REPRÉSENTATIONS RARES

au début de ce chapitre et sur lesquelles il n’est pas nécessaire d’insister davantage.

Étudions à présent, rapidement, les poteries auxquelles l'artiste primitif a cherché à donner une forme soit humaine, soit animale ".

Un vase extrêmement curieux, à couverte noire brillante, provenant des fouilles de M. Petrie à Abadiyeh, a été découvert dans une tombe de la première moitié des temps préhistoriques (dates,

1 Je réserve pour le chapitre sur la sculpture quelques vases en pierre et en terre représentant des figures humaines, et où le « vase » disparaît devant la

figure sculptée.

de succession 33-41). L'artiste primitif s'est efforcé de donner au vase la forme féminine et il a réussi à faire une figure qui ne s'écarte pas trop des statuettes de femmes en terre de la même époque, dont nous nous occuperons plus loin, et dont nous avons donné déjà des spécimens à propos de la parure. Une simple

Fi1G. 88. — VASES ROUGES A BORD SUPÉRIEUR NOIRCI AVEC FIGURES EN RELIEF.

Ashmolean Museum, à Oxford.

pincée dans l’argile sert à indiquer le nez, les oreilles et les épaules ; les seins sont faits sommairement et pendent sur la poitrine, comme ils se présentent chez les négresses ; enfin le vase, qui s’enfle en arrière brusquement, essaie de rappeler le développement graisseux extraordinaire des fesses (stéatopygie) que l’on remarque également sur les statuettes ! (fig. 91).

Citons encore un vase en forme humaine et qui semble représenter un captif accroupi sur le sol dans une pose incommode. L'artiste primitif n’a cherché à représenter avec précision que la tête *.

Les mêmes fouilles de Hou-Abadiyeh ont fait découvrir égale-

‘ PETRIE, Diospolis, pl. v, B, 102.

* PETRIE, Diospolis, pl. vi, B, 83.

Formes animales.

ment deux vases en forme d’hippopotames, l’un cherchant à imiter l’animal aussi exactement que possible, l’autre au dessin assez sommaire et orné de deux anses latérales ! (fig. 92). C’est également le cas pour un autre vase en forme d'hippopotame, se trouvant au musée du Caire, et que M. de Bissing a publié il y a quelques années déjà ?.

Ce qui constitue l'intérêt tout spécial de cette dernière pièce, ce

FiG. 89.— VASE ROUGE A BORD SUPÉRIEUR NOIRCI AVEC DÉCOR INTÉRIEUR INCISÉ.

Ashmolean Museum, à Oxford.

sont les peintures qui y ont été ajoutées par l'artiste primitif : Voici ce qu'en dit M. de Bissing : « Les hippopotames du moyen empire sont décorés, d’après laremarque de Maspero, de roseaux, de lotus et de papillons parce qu'ils se tiennent au milieu des roseaux et que des papillons voltigent alentour. De même l'artiste pouvait décorer les deux côtés du vase en forme d’hippopotame de la longue série d'oiseaux de marécage au long cou et aux grandes pattes caractéristiques du plus ancien art égyptien, parce qu’en réalité

1 PETRIE, Diospolis, pl. vi, R, 134, et pl. xIv, 67. Sur ce dernier spécimen on relève encore des traces de peintures, notamment des harpons peints sous le ventre de l’animal.

2? Fr, W. v. BissiNG, Alägyptische Gefässe im Museum zu Gise, dans la Zeitschrift für Aegyptische Sprache, XXXVI, 1898, pp. 123-125.

il voyait dans la nature l’hippopotame environné de semblables oiseaux. Il faut expliquer différemment les harpons qui se trouvent par groupes de trois ou quatre sur les anses, sous la lèvre, sous la tête et à la queue. Il faut apparemment se représenter l'hippopotame comme pris à la chasse au harpon » ‘.

Ces remarques très judicieuses sont intéressantes, et nou

F1G. 90. — VASES RUGUEUX AVEC DÉCORS INCISÉS. Ashmolean Museum, à Oxford.

aurons l’occasion d’y revenir. M. de Bissing note en même temps la fréquence des vases en forme d'animaux dans l’art primitif égyptien, comme dans tous les arts primitifs. Il faut citer pour l'Égypte, à ce point de vue, des vases en forme de poisson * et d’autres plus nombreux en forme d'oiseaux (fig. 92) ?. Parfois le vase représente deux oiseaux côte à côte (fig. 92) ‘.

La collection Petrie, à l’'University College de Londres, comprend

! Nous avons eu l’occasion de remarquer le même détail précédemment pour une représentation de crocodiles.

2? PETRIE, Magada, pl. xxvur, 682- 68°, et p. 37. — QUIBELL and GREEN, Hieraconpolis, I, pl. LxvI, et p. 50.

8 PETRLE, Vagada, pl. xxvit, 692-c.—DE MORGAN, Recherches, I, p. 160, fig. 481. 4 PETRIE, Nagada, pl. xxxVI, 90.

Caisses décorées.

un certain nombre de vases en forme d'oiseaux dont un, fort remarquable, où l’on a peut-être cherché à représenter un vautour

(fig. 93 et 94).

Ici, encore, l'imitation s’écarte énormément du modèle, et seules les formes intermédiaires nous aident à comprendre ce que le primitif a voulu représenter !.

Dans quelques tombes on a découvert également des petites caisses rectangulaires en poterie, dont les parois extérieures sont décorées de la même manière que les vases. L'une de ces caisses, provenant de Diospolis,nous montre le motif des triangles imitant les montagnes, ainsi que des registres de traits parallèles et inclinés en sens opposé d’un registre à l’autre ? (fig. 95).

Un autre spécimen, appartenant au British Museum, est décoré de barques, d’ibex, de groupes de lignes parallèles et de signes en forme de S? (fig. 95).

Un couvercle d’une boîte analogue se trouve dans la collection

PC 0 OU ro doué à l'University College de EN FORME DE FEMME. Londres. Avant de cuire la terre, Ashmolean Museum, à Oxford. l’ouvrier prinnitif avait gTAVÉ sur le couvercle une autruche, un scorpion et deux figures humaines, qui font de cet objet l’une des plus anciennes représentations obscènes que nous COnnaissions *. Enfin M. Mac Iver, dans ses fouilles d'El Amrah, découvrit une caisse du même genre sur les parois de laquelle se trouvent des-

LPPETRIS, Diospois, pl Vi R°M31 IX 7e

2 PETRIE, Diospolis, pl. XVI, 73.

8 BUDGE, ZZistory of Egypt, 1, p. 98, fig. — British Museum, n° 32639.

# PETRIE, lrehistoric Egyptian Figures, dans Man, 1902, n° 14, P. 17, et PÉrB,,22:

sinées au charbon quatre scènes différentes : sur une des faces apparaît un hippopotame, sur la seconde un bateau au dessous duquel se voit un crocodile; la troisième face reste jusqu’à présent inexplicable * ; quant à la quatrième, on peut en donner des interprétations diverses. M. Mac Iver y voit une série de six animaux à long cou (probablement des girafes) marchant vers la droite ; leur corps, remarque-t-il, est dessiné schématiquement et ressemble

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