FIG. 170. — GRANDE TÊTE DE MASSUE DU ROI NAR-MER
Ashmolean Museum, à Oxford.
aux travaux spéciaux publiés à ce sujet !. Remarquons, néanmoins, les grands félins à cou de serpent qui se rencontrent également sur
l On les trouvera résumés dans CaPpaRT, /a Fète de frapper les Anou, dans la Revue de l’histoire des religions, XLIII, 1901, pp. 249-274. — Voir, en outre, NaAviLLe, les Plus Anciens Monuments égyptiens, II, Appendice, dans le Recueil de travaux relatifs à la fhilologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes, XXN, 1903, pp. 223-225, — WEILx, R., Æiéraconpolis et les origines de l'Égypte, dans la Aevue archéologique, 1902, II, pp. 119-121.— QUIBELL and GREEN, /7terakonpolis, Il, pp. 41-43.
Petit fragment du Louvre.
un cylindre chaldéen du Louvre !. « Une pareille identité entre deux motifs, dit M. Heuzey, à la fois aussi précis et aussi complexes, ne saurait être l'effet du hasard. Elle ne peut s'expliquer que par des relations très étroites entre la primitive Chaldée et la première civilisation égyptienne. L’explication ne fait même que gagner en force et en évidence si l’on admet qu'une race originaire de l'Asie est venue fonder sur les bords du Nil les plus anciennes dynasties et apporter aux populations noires de l'Afrique les éléments d’un art qui avait déjà pris forme. C’est là un fait simple et rationnel en lui-même, conforme non seulement aux traditions de l'humanité, mais encore aux lois de l’histoire et à ce que nous savons des grands courants suivis par les races humaines » (fig. 167 et 168). Sur cette palette nous trouvons un emploi des hiéroglyphes analogue à celui des dynasties historiques et, cependant, la pictographie n’a point encore disparu entièrement. Sur le recto, au dessus de la tête du barbare frappé par le roi, est gravé un groupe singulier, composé d’une tête humaine, d'un bouquet de plantes et d’un oiseau. Les commentateurs sont unanimes à cet égard : il s’agit d’une inscription signifiant que le dieu Horus ou la déesse Nekhbet ont vaincu ou saisi six mille ennemis, ou bien qu'ils ont vaincu les peuples du Nord *
Pour être complet, n'oublions pas de mentionner un petit fragment, encore extrêmement archaïque, appartenant à la collection du Louvre, acheté par Ary Renan, à Beyrout *, et représentant un groupe de personnages en marche. Il est indubitable qu'il faut rattacher ce fragment aux spécimens les plus anciens de cette catégorie de documents (fig. 169).
Nous ne quitterons pas cette série de monuments sans faire
! HEUZEY, Égypte ou Chaldée, dans les Comptes rendus des séances de l’Académie des inscriptions et belles lettres, 1899, pp. 66-68 et planche de la p. 62. Le félin à cou et à tête de serpent n’est pas sans exemple dans l’art égyptien.
C'est l’animal fantastique appelé Il sedja et qui est représenté dans des Na
scènes de chasse à Beni Hasan. Voir NEWBERRY, Beni Hasan, Il, pl. IV. — On le trouve encore sur des ivoires magiques de la XIIe dynastie. Voir CAPART, la Fête de frapper les Anou, loc. cit., p. 264.
2 CAPART, /a Fête de frapper les Anou, loc. cit., p. 256.
3 Lettre de M. Ary Renan à M. G. Perrot, dans la Xevue archéologique. 3° sèrie, IX, 1887, pp. 37 et 38, avec fig.
remarquer combien on peut y relever de détails qui se rattachent à l’art des primitifs égyptiens, à côté d’autres qui sont caractéristiques des monuments pharaoniques.
Seuls les ivoires d'Hiéraconpolis etd'Abydosnous fournissent une succession aussi probante d'œuvres unissant la préhistoire à l’histoire. Rappelons ce que nous disions plus haut : avant de connaître l'É gypte primitive, M. le professeur Steindorff, avec sa parfaite connaissance des monuments égyptiens, arrivait à la conclusion que ces palettes appartenaient à l'époque préhistorique.
Maintenant que, grâce aux documents d'Hiéraconpolis, nous possédons une palette au nom d’un roi égyptien, nous sommes forcés de reconnaitre que nous sommes en présence de véritables monuments pharaoniques. L’hésitation que l'on rencontre à fixer un jugement sur ces palettes en schiste me paraît être la meilleure preuve qu'il n'y à pas eu, en Égypte,