M. de Budos, Le duel eut lieu le 11 mars
la formule de son serment. I] l’a remise à ceux qui sont allés la lui demander, et la critique n’a pu rien trouver à redire. Généralement, ilest vu de très mauvais œil, et pourrait bien n’avoir pas la majorité des suffrages; ou supposé qu'il parvint par ses menées à se faire élire député aux États généraux, la sénéchaussée murmurerait terriblement de ce choix.
21 mars. — Sur les représentations faites par les 90 députés du Tiers État de la ville, le roi a adressé au grand sénéchal un règlement particulier par lequel $S. M., voulant conserver à Bordeaux une représentation aux États proporlionnée à son commerce, à ordonné que les députés Électeurs de la sénéchaussée de Guyenne se réduiraient au nombre de 200, lesquels réunis avec les 90 du Tiers de la ville travailleraient en commun à la formation du Cahier de l'Ordre, et se retireraient ensuite séparément pour nommer quatre députés de chaque part, divisés à leur gré parmi les habitants des villes ou de la campagne pour former les deux députations accordées au Tiers État de la sénéchaussée.
Les campagnards, dont l’entêtement est en proportion de leur ignorance, se sont soumis à cette décision, tout en murmurant contre leurs frères bordelais qu'ils suspectent véhémentement. Ils sont, il est vrai, secrètement dirigés par des esprits brouillons, rejetés en ville, tels que les Garat, Lumière, David !, etc... Leur humeur défiante s’est manifestée aujourd'hui dans l'assemblée du Tiers au sénéchal, où ils ont obligé les orateurs de la ville de se relirer sans pouvoir se faire entendre et ont inséré dans leur procèsverbal des choses injurieuses aux citadins. Les oracles de ces villageois sont un certain notaire du Vitrezai? nommé Bousquet, Chéri avocat de Blaye, un chirurgien de la Bastide et le compagnon encyclopédiste Deleyre ? qui, hier, à l'assemblée des trois Ordres, fit une homélie philosophique en faveur des paysans.
22 mars. — Les Corporations ont agréé le travail de leurs sommissaires. On en a fait lecture aux 240 députés du Tiers de la ville qui l'ont ratifié aujourd'hui dans l’hôtel commun. Ce plébiscite renferme d'abord les réformes d'administration les plus générale-