‹ Les découvreurs français du XIVe au XVIe siècle [microforme]Chapitre 29 sur 61 · MEL DS · texte numérisé non relu

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Ce ne devait pas être le dernier service rendu à la France par cel intrépide navigateur. Francois LT, mis en goût par ces découvertes, et désireux de joindre

à la gloire militaire ou artistique celle de protecteur de la navigation, voulant aussi répandre l'Evangile

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parmi des nations inconnues, confia à son vaillant

capitaine la direction d'une (roisième expédition. Magellan avait découvert au sud de l'Amérique le

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LL | détroit qui porte son nom, et démontré que le con- | | | linent américain se terminait par une pointe dans {il cette direction. Verrazano forma le hardi projet de j! renouveler au nord la tentative de Magellan, et de Ÿ trouver un nouveau passage de l'Atlantique au Pa-

A cifique. C'est Le fameux passage nord-ouest que Jean

à | et Sébastini Gabotto, ainsi que Gaspard et Michel

| ui Cortereal avaient vainement cherché, et qui, depuis,

|À | | fut l'objet de tant d'expéditions infructueuses. En se

(! | dirigeant vers le nord de l'Amérique, le capitaine

Ë 1! florentin n'ignorait pas qu'il se heurterait à un

\ {| continent, mais il espérait trouver quelque détroit [il |

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qui lui permettrait de pénétrer dans l'océan Pacitique. Verrazano avait aussi l'intention de fonder une véritable colonie, et le roi lui avait accordé Loutes les autorisations nécessaires. C'était le grand armateur dieppois, Ango, qui, de concert avec l'amiral de France, Philippe de Chabot, et queiques autres négociants normands, avait faitles frais de l'entreprise. On a conservé le traité conclu à ce propos entre les parties contractantes, [lv est dit expressément que trois vaisseaux, dont deux appartenant au roi, et le troisième à Jean Ango seront équipés « pour faire le voiaige des espiceries aux Indes. » Vingt mille livres tournois seront consacrées à cet armement. «Et pour ce faire avons conclud et délibéré, avec iceulx, mectre et employer jusques à la somme de vingt mil livres tournois, c'est assavoir pour nous admiral quatre mil livres tournois; maistre Guillaume Preudhomme général de Normandye deux mil livres tournois ; Jehan Ango deux mil livres tournois; Jacques Boursier pareille somme: et Jehan de Varesam, principal pilote, semblable so nme de deux mil livres tournoys. » L'amiral et Jean Ango avant fourni les navires auront le quart des bénéfices; Varesam, en sa qualité de pilote, en aura le quart. On prévoit même le cas où les explorateurs pourront faire en mer quelque heureuse prise : « Et se aucun butin se faict à la mer sur les Mores, où aultres ennemys de la Foy et du Roy. »

Trois autres documents relatifs à cette expédition

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ont été encore conservés. Le premier, en date du 30 septembre 1525 est un acte par lequel un certain Zanobis de Rousselay cautionne messire Jehan de Verrassane. Le second est du vendredi LE mai 1526. C'est une procuration générale donnée par Jehan de Varasenne (et non plus Verrassane), capitaine

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« des navires esquippez pour aller au volage des Indes », à son frère Jérome de Varasenne et à Zanobis de Rousselay, pour le remplacer en son absence.

Le lroisième est du samedi 12 mai 1526. C'est un contrat signé entre Jehan de Varasenne et Adam

Godeffroy, bourgeois de Rouen; ce dernier s’'enga-

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geait à faire partie de l'expédition avec un navire de quatre-vingt-dix fonneaux, nommé la Barque-de-Fécamp, et süpulait pour lui certains avantages (1).

La troisième expédition était done bien préparée. Le roi, l'amiral, le plus grand armateur de France S'y intéressaient directement. Tout semblait annoncer le succès. Il est cependant probable que ce ne fut pas une exploration, mais une simple course de pirates. En effet, on ne sait rien de ce troisième voyage. On se contente de rapporter sur la foi de vagues traditions que Verrazano, ayant mis pied i terre dans un endroit où il voulait bâtir un fort, les sauvages <e jetèrent sur lui, le massacrèrent avec

tous ses gens, et le dévorèrent, Mais, si le fait est

(1) Ces divers documents ont été donnés par de Costa et Murphy (ouvrages cités) et dans la Revue crilique d'histoire et de litérature, 1876, n° 1, p. 22-93.

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vrai, comment la-t-on su, puisque tous les Francais auraient été victimes de la perfidie des sauvases? En second lieu, a-t-on oublié que les Indiens du Nord n’ont jamais été cannibales? IIS sont passés maitres, il est vrai, dans l’art de torturer leurs prisonniers, mais, s'ils les tuent, ils ne les mangent pas. En réalité Verrazano, au lieu d'aller chercher au nord de l'Amérique la route de la Chine, se contenta d'écumer les mers de France et d'Espagne. Si, comme

tout le fait supposer, les Espagnols l'ont connu

sous le nom de capitaine Florin, voici quelle aurait été sa fin. Bernal Diaz, le compagnon de Fernand Cortez, la raconte en ces termes dans son Histoire véridique de la Nouvelle-Espagne : « Incontinent le roi de France commanda à Jean Florin de s'en aller derechef quêter sa vie sur la mer. Au retour de ce nouveau voyage d'où il ramenait grosse prise de toute robe, entre Castille et les iles de Canarie, le Jean Florin fit rencontre de trois où quatre navires biscayens très roidement armés qui, l’attaquant les uns à babord, les autres à tribord, le rompent, le défont et le prennent, lui et maints autres Français. Ils lui prirent navire, et robe, et menèrent prisonniers Jean Florin et autres capi- {aines à la Casa de contractacion de Séville, d'où ils furent expédiés à Sa Majesté, laquelle l'ayant su, ordonna que, sur le chemin, il en fût fait justice. Et, au port de Pico, ils furent pendus. »

Ce n'est done pas dans une rencontre avec les

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