‹ Les découvreurs français du XIVe au XVIe siècle [microforme]Chapitre 37 sur 61 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Cartier ne resta pas longtemps inactif. Il avait adressé au roi et à l'amiral la relation de ses découvertes, et s'était retiré dans sa maison de campagne de Limoilou, attendant paisiblement qu'on voulût bien s'adresser de nouveau à lui. Sa relation, écrite avec une simplicité de bon goût, avait eu du retenlissement. De même qu'après le premier voyage de Colomb, plusieurs nobles Castillans s'enthousiasmèrent pour ce nouveau genre de croisade, qui promettait à la fois gloire et fortune, et voulurent l'accompagner dans sa seconde exploration, ainsi plusieurs cadets de famille ou riches bourgeois demandèrent à Cartier de vouloir bien les associer à ses périls et à ses profits. L'amiral de Brion-Chabot, enchanté de l'heureuse issue de l'expédition et fier de son protégé, décida sans peine le roi à équiper une nouvelle escadre, plus importante que la pré-

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cédente, et dont la direction serait encore confiée à l'heureux Malouin. Il s'agissait cette fois non plus seulement d'observer la côte, mais de s’enfoncer dans l’intérieur du continent; non plus d'entrer en relations temporaires avec les indigènes, mais de s'établir au milieu d'eux, à poste fixe, et, tout en les réduisant à l'obéissance envers le roi, de les convertir en même temps au catholicisme. Le premier voyage de la sorte n'aurait été qu'un voyage préparatoire : du second seulement on attendrait des résultats sérieux.

Jacques Cartier parait avoir accepté avec empressement la proposition de l'amiral. Il n'était pas de ceux qui aiment à se reposer, quand iis jugent que leur mandat n'est pas entièrement rempli. Aussi bien, dans cet héroïque seizième siècle, 1! y avait lant de vie, tant d'activité, tant de mouvement qu’on ne savait rester en place. Malgré les fatigues de son précédent voyage, et à peine eut-il obtenu l'autorisation royale que Cartier commenca tout de suite ses préparatifs de départ. Ce qui ne l'empéêchait pas de s’employer aux affaires de la municipalité de Saint-Malo, car, le 8 février 1535 il était envoyé à Dinan, en compagnie de Charles Cheville pour prier le capitaine de la Tousche de prendre en main les intérêts malouins dans un procès (1) et les 22 et 27 février de la même année il assistait à l’assem-

(1) Joüon pes LoNGRais, ou. cité, p. 18.

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; blée générale des bourgeois, où l’on s’occupait d’une L collision entre les gens de la ville et le soldats de L la garnison, et où on prenait des mures préventiï ves contre la peste qui venait d'éclater (1). Cartier 4 ne négligeait pas pour autant ses propres affaires :

la commission royale qui l’instituait chef de l’expédition est du 30 octobre 1534 (2), sept semaines eulement après son arrivée. Le 30 mars 1535 (3) ses équipages étaient rassemblés, comme le démontre un curieux document (4) « l'incertion desdits maistres compaignons mariniers etpillotes»,etle19mai de la même année la flottille française prenait la mer (5).

Cette flottille se composait de trois vaisseaux : le plus considérable, /a Grande Hermine, jaugeait cent vingt tonneaux. Cartier ÿ avait arboré son pavillon amiral. Un certain nombre de gentilshommes l’accompagnaient. On à conservé le nom de ces

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(1) JoüON DES LONGRAIS, ouv. cité, p. 20.

(2) RAMÉ, ouv. cité, p. 7.

(3) Iv., p. 9.

(5) Les équipages ne furent pas rassemblés sans quelque difficulté. A l'assemblée générale des bourgeois de SainteMalo, qui eut lieu le 3 mars 1535, un certain Cronier « a remonstré que ledit Cartier a fait arrester les navires de ceste dicte ville, demendant que il ayct à choisir à esgard de gens de navires tel : qu'il luy plaira pour ce que la saison vient pour aller en Terre- ‘4 ÿ Neuve, » (Cf. Joüon des Longrais, p. 22) : mais de nombreux . volontaires s'étaient déjà présentés, et Cartier n'eut pas besoin | Ed de recourir à sa commission royale pour composer ses équipages.

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pionniers de la civilisation française en Amérique. Le plus élevé en dignité paraît avoir été Claude de Pont-Briant, fils du sieur de Montrevelle et échanson du Dauphin. Nous citerons encore Charles de la Pommeraye, Thomas Fourmont, dit de Ia Bouille maitre d'équipage, et un riche bourgeois Jean Poulet. Le second navire, du port de soixante tonneaux, se nommait la Petite Hermine : il était commandé par Macé Jalobert et Guillaume le Marié. Le troisième navire, l'Émerillon, ne jaugeait que quarante tonneaux environ. Il était commandé par Guillaume Lebreton, Bastille, et Jacques Maingart. Voici les noms des autres officiers et matelots de l'expédition : Ils ont été à la peine : qu'ils soient à l'honneur : Dom Guillaume le Breton et dom Anthoine, les deux aumôniers, et par conséquent les deux premiers apôtres du Canada; Laurent Boulain, Estienne Nouel, neveu et filleul de Cartier, Pierre Esmery, Hervé, Pommerel, Audiepvre qui devait plus tard épouser une nièce par alliance de Cartier, Saubosq, Cobaz, Saumur, l'apothicaire Guitault, Mabille, le charpentier Sequart, le barbier Ripault, Le Tort, Guillot, Esnault, Dabin, Dunort, Golet, Boulain, Philippot, Hamel, Fleury, Guilbert, Barbé, Bochier, Gaillot, Eon, Anthoine, Maingard, Maryen, Apvril, Ruftin, Olivier de Guernezé, Grossin, Allecte, le fourreur Jehan Davy qui sans doute voulait connaître par lui-même le pays des fourrures, le trompette Le Marquier, Gentilhomme, Raoul Maingard, Duault,

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