‹ Les défenses naturelles de l'organismeChapitre 120 sur 261 · ORIGINE RÉELLE; ORIGINE APPARENTE DES BACTÉRIES. HT · texte numérisé non relu

ORIGINE RÉELLE; ORIGINE APPARENTE DES BACTÉRIES. HT

chez la grenouille, à s’en rapporter à Contejean, on décèle de la pepsine; elle se poursuit dans le gros intestin. Partout, en effet, on rencontre des germes aussi nombreux sur ces surfaces qu'ils sont rares dans les milieux clos.

Pasteur estimait que ces milieux clos sont constamment stériles ; actuellement on concède le principe, mais on admet des exceptions de plus en plus communes ; le surmenage, les oscillations thermiques, l’inanition, peut-être même Indigestion, etc., provoquent l’apparition de quelques bactéries dans le sang; l’existence permanente d’une foule de parasites sur nos surfaces de revêtement, où se trouve fréquemment l’origine apparente de ces parasites, permet de comprendre ces apparitions. D’autre part, la prétendue spontanéité morbide s’éclaire d’un jour nouveau, car cette prétendue spontanéité n’est pas autre chose que le développement d’un agent pathogène issu de l'une de ces surfaces, de la peau, des bronches, des voies génitales, le plus souvent du tube digestif. — A coup sûr, ces agents dérivent aussi de leur origine réelle, du monde extérieur, non plus seulement au début de l’existence, mais parfois au moment où se pratique l’inoculation ; l’exaltation réalisée par les passages successifs dans les organismes animaux confère même à ces contaminations un caractère de gravité inaccoutumée. C’est, en particulier, au cours des épidémies, des épidémies de villages, de maisons, de familles, qu’on enregistre ces constatations ; néanmoins, fréquemment, quand plusieurs individus sont frappés simultanément, en dépit des apparences ils n’ont pas toujours reçu des milieux ambiants un infiniment petit spécifique.

J'ai pu observer, en douze jours, cinq cas d’ictère survenus chez des ouvriers occupés à récurer un petit canal rempli de vase; or, sauf le bacille du côlon, aucun

148 ItÔLE DES TOXINES VOLATILES. — L’ENCOMBREMENT.

élément vivant n’était en jeu. Pourtant n’allez pas croire que ce germe, dédaigneux des principes de la physique qui s’opposent à ce qu’un corps solide s’échappe d’un liquide, a quitté la boue remuée, déplacée, avant toute dessiccation, pour se porter sur ces malades. Ce qui s’est dégagé de cette boue, ce sont des miasmes, des poisons volatils, capables d’intoxiquer ces ouvriers, d’affaiblir leur résistance, de fermer par vaso-constrition les capillaires, d’où sortent les sérosités bactéricides. Voyez, d'ailleurs, les résultats d’Alessi ; il inocule plusieurs animaux ; il en soumet la moitié aux émanations des égouts ; ces animaux succombent avant ceux qui respirent l’air libre.

On ne saurait trop insister sur cette iniluencc des toxines volatiles, sur le rôle qu’elles jouent dans la genèse des accidents attribués à l'encombrement, surtout dans des salles de malades! On peu I contracter le germe môme de l'affection au milieu de ces infectés, mais il est possible également que tout se borne à une modification, par voie de toxicité, préparant le terrain, le rendant apte à recevoir telle ou telle bactérie jusque-là demeurée latente ; des pneumonies prises au coin du feu, des pblegmatia alba dolens, des embarras gastriques, des érysipèles à répétition, etc., sont justiciables de celte pathogénie.

Une foule de conditions relatives à l’intestin sont propres à favoriser l’envahissement de l'économie par un bacille déposé dans l’iléon : au premier rang figurent les entérites prémonitoires. Ces entérites facilitent, en effet, le passage de l’intérieur de la cavité dans les vaisseaux sanguins, tout simplement en supprimant la barrière épithéliale, en provoquant la prolifération des capillaires ; en second lieu, de ce foyer partent des produits de fermentation figurés, de véritables toxines, dont on connaît l'influence dépressive sur l’économie.

Page 1