INTERVENTION ACTIVE DE LA MUQUEUSE
sans doute elle oppose une barrière physique, anatomique, difficile à franchir : mais, il y a plus. — Prenez un intestin de porc au moment même de la mort; lavez- le légèrement en faisant passer un courant d’eau tiède dans l’intérieur ; introduisez de l’eau salée à 7 p. 1000 ou de l’eau glycérinée au quart dans ces anses fermées aux deux bouts ; puis après deux ou trois heures recueillez ces liquides, et, grâce à une pression douce, détachez la muqueuse ou plutôt la couche glaireuse de cette muqueuse, que vous recevez dans ces liquides salés ou glycérinés. A ce moment chauffez lentement ; passez de 15 à 80. à 90 en huit ou douze heures ; cela fait, vous pouvez filtrer et employer le produit obtenu. — Or, après l’injection des toxines ou des poisons intestinaux, comme après l'inoculation de certains germes puisés dans ce canal digestif, les animaux succombent parfois un peu moins vite, si vous leur administrez ces produits : il y a lu une propriété défensive active.
Ces données, entrevues avec Cassin, avec de Nittis, sont éminemment rudimentaires ; néanmoins, telles qu’elles sont, elles prouvent que l’organisme superpose pour ainsi dire les barrières; l’intestin atténue certaines toxicités; par ses sécrétions il métamorphose des albumoses d’origine parasitaire ; en continuant leur route ces poisons rencontrent le foie qui poursuit l’œuvre commencée, et plus loin les capsules surrénales, une série de cellules. Du reste, si vous emprisonnez des toxines dans des segments égaux d’iléon, chez deux lapins, après avoir supprimé l’épithélium de l’un de ces segments par la chaleur, la coagulation ou le raclage, vous constatez bientôt que, dans ces conditions, le foie n’a pas l'aspect qu’il présente chez le premier animal; cet organe semble avoir reçu un composé différent, c’est-à-dire un com-