MULTIPLICITÉ DES DÉPENSES ASSUREE
latives aux conceptions doctrinales formulées, ont nettement établi les lacunes de ces conceptions; les théories sont des plaisirs de l’esprit qu’il faut savoir sacrifier aisément pour ne tenir qu’aux réalités.
Or, à cet égard, il est certain que le foie forme du glycose, que les tissus livrent à l’organe hépatique des matériaux utilisables dans ce but; il est également indéniable que les besoins de l'économie, que les exigences de l'énergie, ce grand moteur vital, sollicitent cette formation; enfin nul ne conteste que le pancréas n’entre en scène pour régler cette production, pour s’opposer aux écarts.
Ainsi, grâce à cette fonction, ce viscère protège l'organisme en économisant son viatique par excellence. Comment faire de la force, du mouvement, de la chaleur, si on a gaspillé le combustible le plus précieux? A la vérité il est possible de s’adresser à la graisse, à l’albumine; toutefois, dans ces hypothèses, les réserves seraient bien vite consommées; d’un autre coté, étant donnée la faiblesse du rendement en calories des composés protéiques, il faudrait faire pénétrer des quantités prodigieuses, supérieures à la capacité digestive de 1 estomac ou do l’intestin!
Il y a plus. — En imposant une mesure à l’histolÿse en même temps qu’à la glycoso-forination, le pancréas protège l’économie contre les excès de la dénutrition, contre un amaigrissement hâtif, contre une azoturie accentuée ; d’autre part, en rendant cette glycoso-formation progressive, cette glande s’oppose à la réalisation d’une hyperglycémie trop prononcée. Or, 1 hyperglycémie ouvre la porte à l’infection, aux altérations des tissus desséchés, aux lésions d’un foie ou d’un rein surmenés, à l’aulo-intoxication, à la diminution
DIABÈTE: UNICISME PATBQGÉN1QUE ; MODALITES VARIÉES. 185
de l’alcalinité humorale, à l’atténuation des réactions nerveuses ; c’est, par suite, la mise en danger de l’organisme au point de vue des parasites, des intoxications ; c’est, pour plus tard, la suppression des sources de l’énergétique, de la thermogenèse, quand des mutations sans mesure auront détruit les réserves!
Considérons simplement la déshydratation; l’équivalent de diffusion du glycose, 7 pour 1, nécessite l’entrée d’un volume d’eau assez notable dans la circulation; les glomérules protègent l’économie contre cette accumulation par la polyurie; aussitôt la lymphe restitue les quantités éliminées, partant draine les systèmes, les cellules. qui ne tardent pas à devenir granuleuses.
En présence de ces altérations, on entrevoit les services rendus par le foie en fonction ; il donne au corps ses aliments, les principes générateurs de l’état statique comme aussi les éléments qui assurent un état dynamique excellent. Il fait plus; il s'oppose au gaspillage des forces, au surmenage des appareils; il écarte les conditions aptes à rendre le terrain favorable aux bactéries. Aussi a-t-on tenté l’emploi de ce tissu sous formes d’extraits variés; malheureusement, les résultats jusqu’à ce jour sont assez inconstants : on peut en juger par les observations de Montuori, de Battistini, de Van ni, de Burgagli, de Doyon et Hugounencq, de de Céren ville, de Wliite, de Golscheider, etc.
Pourtant, ces défenses sont d'autant plus précieuses que les acquisitions de l’heure présente révèlent le nombre des conditions génératrices de glycosurie, parfois de diabète ; toute lésion qui altère en une zone quelconque l’arc qui va du pancréas au foie, en passant par le névraxe, est propre à créer ces troubles. Mais on conçoit sans peine qu’aux symptômes fondamentaux s’ajouteront
EXCÉDENT DE GLYCOSE DETHUIT.
ci autres phénomènes en rapport avec le point de cet arc qui se trouve compromis; il est clair, par exemple, que si la modification porte sur la glande biliaire ou le bulbe, on n’aura pas cette rapidité de marche, d’amaigrissement qu’on enregistre, quand cette altération frappe le pancréas ou l’ensemble des éléments anatomiques.
11 ne faut pas croire cependant que le mécanisme intime du diabète soit aussi varié que les conditions qui conduisent à cette affection. Au fond ce diabète apparaît, parce que le sucre n’est pas utilisé ; qu’il y ait excès de production par suite d’une détérioration hépatique ou médullaire, si l’activité nutritive est normale, les tissus sauront détruire cet excès, puisque les expériences du professeur Bouchard prouvent qu’ils sont capables de consommer beaucoup plus qu'ils ne détruisent habituellement. D’ailleurs si, d’après Kaufmann, ce mal peut survenir à la suite de modifications cérébro-médullaires portant sur la glycoso-formation, d’autre part, des recherches plus récentes lui ont appris que la destruction du glycose était inhibée, amoindrie chez ces diabétiques : il existe donc un véritable ralentissement de la nutrition portant sur le sucre.
On a fait remarquer que l’existence de l’azoturie, que les chiffres fournis par l’analyse de l’oxygène consommé ou de CO2 exhalé n’indiquent pas toujours ce ralentissement. — Le professeur Bouchard répond que ce retard de la nutrition ne frappe pas tous les principes ; l'économie a l’obligation pressante de subvenir à ses dépenses d'énergie ; dès lors, elle doit fabriquer la chaleur voulue ; à défaut de glycose elle s’adresse trop souvent aux graisses ou aux albumines; le volume des cendres du foyer, la nature du combustible peuvent varier, mais le résultat énergétique, sous peine de faillite, doit demeurer immuable!