‹ Les défenses naturelles de l'organismeChapitre 175 sur 261 · MAINTIEN DE LA CRASE SANGUINE · texte numérisé non relu

MAINTIEN DE LA CRASE SANGUINE

d une parfaite égalité dans les pressions, le principe poussé dans ce système chemine toujours plus lentement que celui qu’on injecte dans une veinule de la périphérie. Or, titre do la dilution, rapidité dans cette pénétration, ce sont là deux conditions importantes, lorsqu’on désire apprécier l’action d’un composé sur l’économie; augmenter l’une, réduire l’autre, c’est atténuer forcément les effets de ce composé.

Toutefois, quelle que soit la porte d’entrée, ces pigments, surtout ceux des tissus, se révèlent toxiques, vous avez pu vous eu convaincre, grâce aux expériences réalisées devant vous. D’autre part, les granulations de ces pigments sont aptes, dans quelques circonstances, à former des embolies capillaires, embolies jadis accusées de déterminer la malignité du paludisme.

Aussi, en s’emparant de ces éléments pour les emprisonner ou les métamorphoser, pour les éliminer, pour les rejeter dans l’intestin, le foie exerce une véritable protection, d’autant plus que les recherches de Dastre étendent, chez les vertébrés, la portée, le nombre de ces composés pigmentaires souvent plus ou moins riches en fer ; les uns sont solubles dans l’eau, les autres, tels que le coléchrome, se dissolvent dans l'alcool ou le chloroforme. L’expérience de Wertheimer met en pleine lumière la réalité de cotte protection, puisque, si on injecte dans les vaisseaux une matière colorante qui ne s’y trouve pas normalement, par exemple, un peu de bile de bœuf dans les capillaires du mouton, on rencontre bientôt ce produit dans l’écoulement biliaire de cet animal ; l’examen spectroscopique décèle cette voie d’élimination.

Celui qui sait les rapports de ces pigments et des hématies entrevoit dans cet attribut un mode d’action sur la crase sanguine. — D’autres preuves placent, du reste,

FONCTION APEXIGÉNIQUE. — ACTION ANTICOAGULANTE. 213

en évidence ce rôle hématopoïétique du foie; parmi elles figurent ces hémorragies si communes au cours des affections de ce viscère. Je ne parle pas seulement do celles qui surviennent par suite du développement des varices œsophagiennes quelquefois si marquées chez les cirrhotiques; je fais surtout allusion aux pertes sanguines qui se produisent dans les cas de dégénérescence graisseuse ou amyloïde, pendant les hépatites biliaires, pendant l'ictère, l’atrophie jaune aiguë, etc. ; au cours des infections, ces accidents relèvent en partie des altérations imposées par les virus à la glande abdominale.

L'influence des composants de la hile sur la pression, sur la vitesse, sur le rythme cardiaque, sur les globules, sur les éléments figurés ou solubles, etc., explique de tels résultats ; aux causes physiques s’ajoutent des causes chimiques, toxiques, dyscrasiques ; parfois môme on observe de petites varicosités capillaires : contenant et contenu, tout est modifié.

Mairet et Vires ont vu l'extrait de foie agir sur la coagulation ; plus récemment Delezenne a montré que cet organe reçoit deux ordres d’éléments, ceux qui favorisent cette coagulation, ceux qui s’y opposent; seuls les seconds passent dans la circulation ; les premiers sont retenus, modifiés. On ne sait au juste la part à réserver aux globules blancs qui, de leur côté, renfermant des principes antagonistes, semblent jouer un rôle dans cette fonction apexigénique. En tout cas, quand on injecte des peptones, on rend la thrombose impossible dans la majorité dos tentatives; si, d’autre part, on recherche d'où procède ce phénomène, dn s’aperçoit qu’il fient à une influence hépatique : Contejean, Dastre, Gley, Pachon, etc., n’ont laissé à personne le soin de l’établir. Plus récemment môme, on a vu que la hile agit

Page 1