‹ Les degrés de la vie spirituelle (volume 2)Chapitre 2 sur 79 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Rôle important de la contemplation dans la vie unitive

I. Sainte Thérèse, parvenue à la quatrième Demeure du Château intérieur, se met tout de suite à parler de la contemplation et tout ce qu'elle enseig'ne désormais se rapporte à cet objet. A partir de cet endroit jusqu'à la fin de son livre, la description des divers états d'oraison contemplative occupe une très g-rande place et forme même comme la trame de l'ouvrage. Nous croyons cette façon de procéder très fondée en raison. Et voici pourquoi :

Pour les débutants (premier et deuxième degré), l'oraison est un des exercices de la journée, d'une durée déterminée, un acte transitoire et accidentel : ils ont besoin de pénibles efforts pour se recueillir; il leur faut suivre une marche méthodique et s'attacher surtout à la méditation. Cet

VIE UNITIVE

exercice terminé, ils reprennent leurs travaux et il ne leur reste guère de l'oraison que les résolutions qu'ils ont prises ; encore ont-ils souvent besoin de certaines industries pour s'en rappeler le souvenir.

Plus tard (troisième et quatrième degré), la volonté étant définitivement gagnée à Dieu, le cœur se remplissant de bons sentiments, l'oraison devient plus afFective, exige moins d'efforts et laisse dans l'âme des traces plus marquées. Les sentiments qu'elle a suscités se réveillent spontanément au milieu des occupations du jour ; l'âme pousse des cris d'amour, offre à Dieu des désirs, des demandes; ce sont comme des parcelles, des fragments d'oraison. On peut alors dire avec Suarez : II y a deux sortes d'oraison, l'oraison continue, à laquelle on s'adonne à l'exclusion de toute autre occupation, et l'oraison interrompue; c'est ce que l'on appelle la pratique des oraisons jaculatoires. Pour les âmes qui en sont rendues là, l'oraison reste encore un exercice particulier; ce n'est pas encore une disposition habituelle.

Mais, pour les chrétiens dont nous allons parler, l'oraison est plus qu'un accident, même fréquent et habituel, dans leur vie ; elle en forme comme le fond. Sans doute la pensée de Dieu

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