SCENE X I I L LE MARECHAL, FRIÏOT
LE MARÉCHAL
Hé bien ! mon garçon, dînons-nous enfin?
f;utot.
Dam , monsieur Il parait jue monsieur est le maître
de la maison i
LE MAR/CHAL
Mais.... Je crois que oui
nUTOT.
C'est que, voyez-vous, il n y a que deux jo'jrs que je suis au Coq Hardi , le trailenr du coin , et je viens vous dire de la paît de notre bomgeois que vodà une société qui arrive de Paris , qui va prendre votre dîner.
LE MAHÉCHAL.
Comment , prendre noire dîtjer !
FRITOT.
Dam, c'est uh société payante , et alors
LE MARÉCHAL
Ah', c'est-à-dire
FRITOT.
J'sens bien qu'ça ne doit pas vous arranger; c'est comme ce gros monsicuren babit maronqui vient de m'arrêier. LE MARilCHAL.
!e pauvre Vaucanson.
FRITOT.
celui là qui a fait une mine quand j'y ai dit qu'on
ne dînerait pas Mais v'U qu'j'y pense , c'est peut-être une
bélise que j ai faite là, parce fjue si vous êtes mal dans voi affaires et que vous n'ayez pas d'argent , il ne faut pas que vos amis le sachent.
LE MARÉCHAL
C'est juste.
FRITOT.
Et si mon maître est las de vous faire crédit , et qu'il ne veuille donner son dîner que l'argent à la main , ça ne rei garde personne , et c'est à vous à savoir ce qu'il faut faire.
LE MARÉCUiL Tu as raison.
FRITOT.
Ainsi vous voilà averti qu'il y a une société payante qui le demande ; on vous donne la préférence, et si d'ici à dix minutes , vous ne faites rien dire , on en disposera, et je retourne à la broche.
LE MARÉCHAL
C'estlbon , tu feras mes complimens à ton maître sur l'intelligence de son aide de camp Je veux dire de son aide de
cuisine.
FRITOT , tendant la main.
Oui , monsieur Boissy Il n'y a pas autre chose ?
LE MARÉCHAL
Non.
FRITOT.
Air : Ah ! qu'il est doux de vendanger.
Puisque v'ià tout , c'est entendu , J'm'cn vas comme je suis v'nu ; Not' maître me l'avait bien dit , Et j'commence à le croire , Avec les gens d'esprit , y gnia jamais d'pour-boire.
( // sort.)