L AMOUR
Tu crois donc que c'est à l'ignorance que revient la faute de tout?
LA BONTÉ
Absolument!... On civilise les instincts comme on civilise les hommes. A chaque naissance. Dieu précipite la vie avec son cortège sauvage... La * vie éduque bien peu à peu les gens de sa suite... mais elle ne peut faire tout, il faut l'aider, de là le proverbe : « Aide-toi, le ciel t'aidera... » Et si peu d'humains le comprennent, qu'ils attendent tout, sans rien faire pour cela.
l'amour.
C'est vrai! ils sont si fous, les hommes d'en bas. Dieu leur donne à tous ou presque tous, des yeux qui voient clair, des oreilles qui entendent, une bouche qui goûte, des mains qui touchent, un nez que les parfums impressionnent, un cerveau
sjiin où les images les plus belles viennent se lixer, une facilité d'improviser, de penser, de créer, d'admirer, de chanter, d'exprimer leurs liistesses et leurs joies par des rires ou des larmes; ils ont à leur seule disposition une volonté qui, sans aucun effort, les aide à marcher, à s'asseoir, à se lever, à courir et tant d'autres l)rivilèges, un cœur qui, sous l'apparence d'un muscle vulgaire, leur donne la dose qu'ils peuvent supporter de sensibilité divine.
Eh bien! crois-tu qu'ils apprécient tout cela? Que non!
Ils ne se disent heureux qu'avec un stock d'articles secondaires pour lesquels ils se battent tout le long de leur existence! Et la mort arrive qui leur donne la grande et tardive leçon... C'est elle, la bavarde mystérieuse qui ne les emporte qu'après les avoir forcés à rire d'eux-mêmes... et les avoir obligés à convenir du mauvais usage de leurs dons et de leur temps.
LA BONTÉ, à V Amour, Oui, s'ils vivaient mieux, ils mourraient mieux.
l'amour.
Oui! mais les hommes confondent les buts de
leurs efforts! Ils entendent la vie autrement que Dieu ne l'a comprise... ils appellent devoirs ce que Dieu appelle des offrandes naturelles et mettent de l'orgueil là où Dieu n'a voulu que de l'amour
DIEU, s' animant tout à coup.
Oui... Les humains sont des mufles!