‹ Les Demi-vieillesChapitre 7 sur 38 · LE MENSONGE · texte numérisé non relu

LE MENSONGE

Oui, je sais, on me débine auprès de toi, n'empêche que je suis un intermédiaire utile, lu sais, et tu aurais fait très peu de conquêtes sans mon intervention !

Mais je t'ennuie, adieu, je dois présider un procès, assister à deux mariages et visiter une joHe femme.

Je me sauve! Mais n'oublie pas que le Men-

songe est indispensable à l'Amour et que moi seul peut t'aider à durer longtemps si ce n'est toujours.

La Vérité ne saurait te rendre les mêmes services, ni l'Illusion, ni le Rêve, tes amies préférées... Adieu!

l'illusion, lemme maigre, à VAmour.

C'est vrai. . . à la longue, tu sais, on s'use et je te lâche malgré moi... entraînée loin de toi par la terrible Vérité... notre ennemie à tous!!

LA VÉRITÉ, toute nue.

Oui, votre ennemie à tous, car tous vous me faites la guerre. Je suis belle, vous m'enlaidissez; je suis nue, vous me déguisez, vous me reniez, vous me bafouez et, par tous les moyens, vous m'empêchez d'être l'amie des hommes! Je me venge alors comme je le peux, lentement, avec patience et j'éclate radieuse et forte au-dessus du mont de vos vulgarités et de vos démences! Aviezvous donc rêvé que je me laisserais faire sans crier.

LE RÊVE, blagueur.

Ma chère, on ne rêve plus depuis Musset.

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