DiODORE, XIII
guerre, Hermocrate fut le véritable chef de la cité. Mais, en 409, pendant qu'il était en mer à la tête de la flotte, on le destitua et on lui envoya un successeur. On le voit alors faire pendant quelque temps un étrange métier de condottiere, guerroyant pour son compte en Sicile, essayant de rentrer par force à Syracuse et n'y parvenant pas. Le peuple, enfin, se résolut à le rappeler, et Hermocrate prépara son retour, non sans se tenir en garde contre les attaques de ses ennemis i. Tout cela montre l'état violent et précaire où se débat sans fin la démocratie syracusaine.
Trois ans plus tard, Denys rétablissait la tyrannie avec l'appui du peuple, toujours méfiant à l'égard des nobles*. Il ne se montra d'ailleurs démocrate qu'en ruinant les riches avec autant de persévérance que de succès 3. C'en était fait de la liberté syracusaine : la démocratie s'était montrée incapable de vivre et de durer. Elle ne devait plus avoir que de brefs réveils, toujours accompagnés de violences, et bientôt suivis de rechutes profondes dans l'asservissement.
Le premier de ces réveils eut lieu sous Denys le Jeune. 11 est caractéristique de l'esprit du peuple syracusain. C'est l'honnête Dion, vertueux