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OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES

La cité (ttoXiç) ne comprend pas tous les habitants de l'Attique : elle ne comprend que les citoyens

LA CONSTITUTION DÉMOCRATIQUE d'aTHÈNES 75

proprement dits (TroXTTat). Sont citoyens, ceux des habitants de l'Attique qui sont fils d'un père citoyen lui-même et d'une mère athénienne. La qualité de citoyen s'établit par l'inscription do jeune homme, à dix-huit ans, sur un registre de son dème, le « registre du tirage au sort pour les charges » (XT^^tapj^txbv YpajxfjiaTeïov). Pendant deux ans encore, il fait une sorte de stage dans Téphébie, en servant comme TreptTroXo;, c'est-àdire comme membre de la milice. A vingt ans, il possède la plénitude de ses droits civils et politiques. Il peut prendre part à l'Assemblée, y parler et y voter, être appelé aux magistratures et aux diverses fonctions du citoyen. Sur ce point, cependant, deux réserves doivent être faites : un minimum d'âge plus élevé était exigé pour certaines charges. De plus, pour avoir accès aux magistratures supérieures, il fallait appartenir aux premières classes, c'est-à-dire être relativement riche. De même pour servir comme cavalier et comme hoplite. Telle est, du moins, la loi. Mais la loi elle-même, nous l'avons vu, s'est élargie en ce qui concerne la désignation des archontes, f n fait, l'égalité paraît avoir été à peu près complète : on en vint, dans l'examen préalable des archontes (5oxt[xat7Îa) à ne plus leur demander à quelle classe ils appartenaient, afin de pouvoir appeler à l'archontat même des citoyens tout à fait pau-

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vres*. Quant à figurer parmi les cavaliers et les hoplites, c'était une charge autant qu'un honneur, et certains citoyens dissimulaient leur fortune pour s'y dérober 2. En revanche, on enrôla plus d'une fois parmi les hoplites des citoyens sans aucune fortune, en cas de nécessité. Les conditions d'âge requises pour certaines magistratures étaient assez sévères; mais, comme elles étaient les mêmes pour tous, l'égalité civique ne s'en trouvait aas atteinte.

Les citoyens, il est vrai, ne formaient qu'une partie de la cité : à côté d'eux il y avait les métèques, les affranchis, les esclaves, et le nombre en était considérable. Il est impossible de fixer ce nombre avec précision, d'autant plus qu'il paraît avoir beaucoup varié selon les temps, par suite des circonstances économiques. Mais il est certain qu'il était au moins égal à celui des citoyens, peut-être même à certaines époques, fort supérieur. D'où résulte qu'on a souvent dit que la prétendue démocratie athénienne était en réalité une aristocratie, fort différente des démocraties modernes. Il y a, dans cette affirmation, un peu de vérité et beaucoup d'erreur. Si l'on veut dire que la population

1. Aristotx {Const. Ath., 45, 3) donne la formule complète de la Soxi[x«<7^a, mais il indique ailleurs (26, 2 et surtout 47i 1) que la loi fut quelquefois violée.

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