‹ Les démocraties antiquesChapitre 52 sur 120 · Lois, p. 642, B-D (Livre I, Ch · texte numérisé non relu

Lois, p. 642, B-D (Livre I, Ch

2. Je ne parle pas du Ménexène où Platon, obligé par les règles de l'oraison funèbre de célébrer la Constitution athénienne, s'en tire en déclarant qu'elle est une véritable aristocratie, malgré son nom, parce qu'elle appelle aux fonctions les meilleurs des citoyens. Le passage est d'ailleurs fort court : ce spirituel paradoxe ne comportait pas de longs développements.

nature des choses. Si la supériorité intellectuelle et morale est le privilège d'une famille ou d'une classe, la monarchie ou Tarislocratie sont nécessaires et bonnes. Mais si aucune supériorité de ce genre n'existe, la démocratie est un régime raisonnable. Toutes les formes de gouvernement ont d'ailleurs leurs périls propres. Le salut, pour la démocratie comme pour les autres, ne peut consister que dans la modération, qui ne pousse à l'extrême aucun principe et qui fait une part à tous les intérêts. La sagesse est la loi suprême des gouvernements comme des individus. La constitution de Solon était sage; mais peu à peu la démocratie athénienne a dévié vers l'exagération de l'égalité, et elle s'est écartée de la droite raison i. La bonne démocratie est celle qui reste moyenne ou modérée {\>-i'^ri). Aristote déclare d'ailleur.s que cette démocratie moyenne doit contenir plus d'éléments démocratiques que d'éléments oligarchiques 2. On reconnaît, dans ces critiques pondérées, le philosophe du « juste milieu », qui place toute vertu à égale distance des extrêmes, et aussi l'observateur infatigable qui ne veut puiser la connaissance des choses que dans l'étude des faits réels. Cette critique, cependant, reste théorique

1. Polit., II, p. 1273, B, 35-1274, A, 21. Mômes idées dans Const. Ath., surtout 23 et 28.

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