Biade, XII
l'évolution politique d'atbènes 2t
et surtout peut-être dans les admirables vers où Sarpédon, le héros lycien, dit à son compagnon Glaucos que, s'ils ont, au bord du Xanthe de Lycie, plus de terre et plus d'honneurs que les autres hommes, il est juste qu'aujourd'hui tous deux combattent au premier rang*. On remarquera que ces deux passages font partie du même chant de V Iliade. Partout ailleurs, c'est surtout le sentiment de leur gloire, de leur dignité personnelle (Tt[xV)), qui pousse les héros, et cette dignité ne se sépare pas toujours aisément de l'intérêt le plus direct, parfois même le plus matériel et le plus palpable. — Il était naturel que ce sentiment d'égoïsme naïf se développât aussi chez les sujets, et, comme l'esprit grec aime les principes généraux, qu'il rattachât ses réclamations à l'idée supérieure de la justice (Bi'xïi), qui allait être le grand ressort de toutes les transformations politiques des États grecs.
Ces vieilles royautés achéennes, qui caractérisent la société homérique, disparaissent pour la plupart durant le viii^ et le vu* siècles. A la fin du vn" siècle, il n'y a plus de royauté importante en Grèce qu'à Sparte, et celle-ci même est fort différente des royautés homériques. On ne voit partout que des gouvernements aristocratiques et des tyrannies. Ce phénomène est trop général pour