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LE RÉGIME ARISTOCRATIQUE

Les premières attaques vinrent de l'aristocratie. Quand les petits groupements primitifs, dèmes ou bourgades, s'étaient concentrés en cités proprement dites, soit pour se mieux défendre, soit par la prépondérance irrésistible d'un chef plus puissant que les autres, les rois de village étaient devenus, dans les cités nouvelles, les chefs des familles aristocratiques, les Eupatrides. Ils gardaient, avec leurs domaines ruraux et leur clientèle, le sentiment de leur dignité et l'habitude du commandement. Groupés autour du roi de la cité, ils se trouvaient réduits à un rang subordonné. Ils devaient être peu disposés à subir toujours de bonne grâce la primauté d'un des leurs, et leur

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ambition ne pouvait manquer d'aspirer h un partage du pouvoir. Il semble que les rois aient parfois trouvé quelque appui dans le peuple. Mais celui-ci était encore trop faible pour sauver la royauté en lui imposant un caractère plus libéral et plus moderne. La plupart des pauvres formaient la clientèle des grandes familles et vivaient dans l'ombre des Eupatrides. L'organisation de la société restait encore trop patriarcale pour qu'une révolution à tendance démocratique fût possible ou pour que la royauté se maintînt en devenant populaire.

A Athènes, nous voyons, dès le commencement du vii« siècle, la royauté ancienne tout à fait abolie, après une série de révolutions aristocratiques qui avaient débuté par des changements de dynasties, puis qui aboutirent à un véritable démembrement de la puissance royale. Le titre de roi ne fut jamais supprimé, même au temps de la pleine démocratie ; mais il changea de sens au point de se vider peu à peu de son contenu. Quand la royauté proprement dite disparut, on continua d'appeler roi (paaiXeûç) celui des Eupatrides qui fut chargé d'accomplir les fonctions religieuses de la cité. Mais un autre, sous le nom de polémargue, fut investi des fonctions militaires, et les circonstances lui donnèrent le premier rang. Un troisième eut en partage le reste des fonctions gou-

l'évolution politique d'Athènes 31

ernementales, et c'est celui qu'on appela Yarhonte. Plus tard, à ces trois magistrats, on en jouta six autres dits thesmothètes, et c'est peuttre alors seulement que le titre d'archonte devint e nom générique de tous les membres de ce colège. Nous savons aussi que l'archontat, d'abord onféré à vie, puis décennal, devint annuel au noment de l'institution des thesmothètes, ce qui )ermettait aux chefs des grandes familles de rem- )lir les hautes charges à tour de rôle.

La puissance des archontes était d'ailleurs consilérable: c'étaient les véritables maîtres de la cité*. [Is réunissaient aux pouvoirs administratifs et poli- ;iques des pouvoirs judiciaires étendus. Ils étaient pris parmi les plus riches et, sortis de charge, ils sntraient pour le restant de leur vie dans le grand conseil de l'Aréopage 2. Nous savons aussi que l'Aréopage, ainsi constitué, était le Conseil suprême de la cité, qu'il exerçait une sorte de censure souveraine sur tous les citoyens, et qu'il désignait tous les magistrats, y compris les archontes 3.

Aristote, dans son traité de la Constitution d' Athènes, déc\a.Te que Dracon écrivit la Constitution de ce temps (vers 640). Mais le même Aristote,

1. Thccidide, I, 126. — Hérodote (V,-71) attribue ce rôle aux prytanesdesnaucrares. Nous y reviendrons tout à l'heure.

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