‹ Les demoniaques dans l'artChapitre 29 sur 79 · GRAVURES AU RURIN D’APRÈS J. VAN ORLEY (NÉ EN 4471, MORT EN · texte numérisé non relu

GRAVURES AU RURIN D’APRÈS J. VAN ORLEY (NÉ EN 4471, MORT EN

Van Orley, le grand artiste décorateur qui a dessiné de nombreux cartons pour tapisseries ou pour vitraux1, a laissé une suite de gravures relatives au Nouveau-Testament, parmi lesquelles se trouvent deux scènes de possession. Ces compositions offrent plus d’intérêt au point de vue de la mise en scène et de l’effet décoratif qu’au point de vue de la justesse et de la vérité des attitudes.

Les démoniaques de Yan Orley ne manquent point de vigueur et de pittoresque, mais il n’y faut point chercher la précision du détail.

Le premier dessin retrace la scène dans laquelle le Christ ordonna aux esprits qui possédaient un démoniaque de sortir et d’entrer dans le corps de pourceaux qui paissaient là. « Itc, et illi exeuntes abierunt inporcos (Mathieu, cap. vm) ».

Le paysage est grandiose. La vue s’étend au loin sur la mer.

Au premier plan, deux possédés renversés à terre s’agitent désespérément. Le Christ s’approche et leur impose les mains. Tout autour, de nombreux disciples manifestent les sentiments les plus divers. Delà bouche des démoniaques s’échappe une vapeur épaisse, au milieu de laquelle on distingue une foule de petits diablotins qui se dirigent vers le troupeau de porcs paissant au sommet de la falaise.

La seconde gravure du même auteur nous offre la guérison de l’enfant possédé. «Et increpavit

1. Entre autres les chasses de Maximilien, dont les Salles du Louvre exhibent une série, et les vitraux de l’église de Sainte-Gudule, à Bruxelles.

Jésus spiritum immundum et sanavit puerum (Luc., cap. ix) ». La scène se passe dans un paysage de convention où les colonnades, statues et motifs architecturaux tiennent la plus grande place. Le personnage du possédé n’est pas moins conventionnel que le reste. Il est maintenu par un homme il demi agenouillé, et de sa bouche s’échappe un nuage de fumée au milieu duquel on voit un petit diable.

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