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SCÈNE DE POSSESSION

TABLEAU DE MATTEO ROSSELLI (NÉ EN 1578, MORT EN 1650). ÉGLISE DE L’ ANN U N ZI AT A, A FLORENCE*

Un tableau de Matteo Rosselli, dans l’église de l’Annunziata, à Florence, n’est découvert et

I. Nous devons la connaissance de re document au Dr Tommaso-Tommasi, de Florence.

proposé à l’admiration des fidèles que le jour de la fêle de l’Annonciation. Peu de gens ont donc l’occasion de le voir; mais une gravure que nous devons à obligeance du Dr Tommaso-Tommasi suffit pour montrer tout l’intérêt qu’il a pour nous l.

Il ne s’agit point ici d’exorcisme. Aucun prêtre ou diacre n’est présent, et rien 11e nous fait supposer dans les gestes des assistants une manœuvre destinée à expulser le démon. Point particulier à noter, la délivrance n’en a pas moins lieu, ainsi que le témoignent les trois petits diables qui s’échappent dans les courtines du lit.

La possédée est étendue toute habillée sur son lit, et la violence de ses convulsions doit être fort grande, puisque quatre personnes, dont deux hommes, sont nécessaires pour la contenir; une cinquième arrive prêter main-forte, apportant un linge vraisemblablement destiné à servir de lien. On peut remarquer que l’aide, qui est au pied du lit en même temps qu’il maintient les jambes de la malade, rassemble ses jupes dans un mouvement destiné à sauvegarder la pudeur que l’agitation de la patiente ne manque pas de metlre à une rude épreuve.

Quant à la possédée elle-même, étendue sur le dos, le corsage entr’ouvert, les jambes demifléchies, les bras écartés du tronc, maintenue parla partie antérieure de l’épaule et du bras, elle 1 paraît se livrer à ces grandes gesticulations avec flexion du tronc en avant que nous avons décrites dans la crise hystérique, sous le nom de « mouvements de salutation » (Voy. p. 96). La petite dimension de la gravure ne nous permet pas déjuger complètement de la physionomie. Cependant on peut constater que la bouche est ouverte, les yeux vraisemblablement convulsés en haut et toute la face légèrement bouffie.

Tous ces traits appartiennent à la deuxième période de la grande attaque hystérique ou période de clownisme.

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