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rencontre dans la bouche des personnes qui ne se nettoient pas les dents.
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L’influence considérable que l’état des dents exerce sur la santé est généralement mal appréciée. Peu de. personnes se rendent compte de l’importance de ces organes et des nombreuses ressources au moyen desquelles il est possible d’arrêter les progrès de leurs maladies.
On n’hésite pas généralement à consulter un médecin pour l’indisposition la plus légère. Mais ce n’est qu’avec la répugnance la plus grande qu’on se décide à aller chez un dentiste. On ne s’y résigne que quand on y est forcé par h
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douleur, et alors, quel que soit le talent du praticien auquel on s’adresse, il ne peut souvent que pratiquer des opérations douloureuses et présentant peu de chances de succès en raison des conditions défavorables dans lesquelles elles sont exécutées. Si, comme cela se fait aux États-Unis, on se faisait examiner la bouche par un dentiste au moins une fois tous les six mois, et cela dès l’enfance, bien des douleurs seraient évitées et l’on ne se verrait pas forcé de sacrifier un à un des organes aussi nécessaires à la santé qu’à la beauté.
Une pratique déjà bien longue nous permet d’affirmer que s’il n’est pas d’organes plus facilement altérables que les dents, il n’en est pas non plus qui soient susceptibles d’une plus longue conservation lorsqu’on leur donne les soins nécessaires.
Les ressources que la science offre au
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dentiste pour prévenir et guérir les diverses affections des dents sont trèsnombreuses , mais malheureusement aussi, ignorées de la plupart des personnes qui exercent cette profession.
Il est profondément regrettable qu’aucun moyen d’instruction méthodique n’existe en France pour le praticien qui se destine à la prolession de dentiste. Il n’existe, en effet, dans les Facultés françaises, aucune chaire spéciale ainsi que cela a lieu dans quelques villes d’Europe et dans beaucoup de villes des États-Unis d’Amérique où des collèges spéciaux (h, formés sur le modèle des
(1) Chaque Faculté américaine de dentistes a sept à huit chaires différentes :
1° Une de physiologie et de chirurgie dentaires;
2° Une d’anatomie générale ;
3° Une de chimie et de métallurgie;
4° Deux de mécanique dentaire ;
1>° Une de dissection;
61 Une d’anatomie descriptive;
7° Une d’hygiène et de thérapeutique spéciales.
8° Une de pathologie dentaire.
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écoles de médecine de l’ancien continent, ont été fondés dans la plupart des grandes villes de TUnion. Les principaux sont ceux de New-York, Philadelphie, Baltimore, Cincinnati, Nouvelle-Orléans, Saint-Louis, etc. La jeunesse y vient étudier les branches si variées de la science dentaire, et recevoir, après des examens sérieux, le diplôme de chirurgien-dentiste, qui assure au titulaire une place distinguée parmi les professions libérales.
Quand un étudiant dentiste a suivi pendant plusieurs années tous les cours d’une Faculté, quand, après avoir mérité et acquis son diplôme, il va exercer son art, ne présente-t-il pas toutes les garanties de science et d’habileté, n’est-ce pas en toute confiance et sécurité qu’on peut s’adresser à lui?
Dans plusieurs villes importantes de F Amérique paraissent des journaux sa-
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vamment rédigés et des livres sérieusement écrits, exclusivement consacrés à l’art du dentiste. Toutes les découvertes, toutes les inventions y sont examinées et discutées avec soin. Dans la plupart des villes, les dentistes forment entre eux des sociétés où ils se réunissent fréquemment pour se communiquer leurs observations sur l’art, dans le but de le faire progresser. Les travaux de ces réunions périodiques sont ensuite examinés dans des congrès annuels qui ont lieu tour à tour au siège d’une des Facultés. Ces grandes assemblées déduisent des comptes rendus qui leur sont faits des conclusions fécondes pour les progrès de l’art.
Telles sont les causes de la supériorité réelle et incontestée des dentistes américains.
Quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent un dentiste américain a pour lui le savoir
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et 1 habileté. En Amérique, un dentiste qui ne posséderait pas ces deux qualités serait bien vite obligé de renoncer à exercer sa profession. Le client américain a trop d’expérience et par suite est trop exigeant pour se contenter d’un travail à moitié réussi. Le moindre village des États-Unis possède un ou plusieurs dentistes aussi habiles que ceux des grandes villes et toujours exercés par une nombreuse clientèle.
Tout concourt, du reste, à entretenir chez le dentiste américain l’amour de l’étude et à lui rendre la routine impossible, tout concourt également sur une bien autre échelle qu’en France, où quelques citadins aisés, seuls, s’occupent de leurs dents, à mûrir son expérience et à donner à sa main une grande dextérité.
Le climat du Nouveau Monde et la nature de ses eaux ont sur les dents une influence pernicieuse. Les Américains
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doivent avoir un soin particulier de leur bouche; ils ont tous recours au dentiste ; dès le bas âge ils suivent un traitement préservatif. Pour eux, les dents ont un prix inestimable, ce sont les organes indispensables de la prononciation et de la mastication; ce sont les bourreaux ou les gardiens de l’estomac; elles marquent l’homme du sceau de la force et de la beauté.
En France, où le dentiste peut-il acquérir une instruction spéciale, à quelle source peut - il entretenir et agrandir ses connaissances? Quels sont ses moyens d’émulation ? Les Facultés de médecine restent à l’égard de l’art dentaire dans un mutisme complet. Le plus habile de nos docteurs est forcé d’avouer qu’à l’occasion il serait fort embarrassé pour extraire ou plomber une dent, et tout à fait incapable d’une opération de prothèse. Les médecins
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qui veulent se faire dentistes doivent se résigner, hélas ! à devenir ouvriers dans un atelier, quand ils peuvent en trouver un, et à se façonner au système de la routine; et à quel âge songent-ils à cette nouvelle profession? quand déjà ils ont échoué dans la leur ; quand souvent ils sont déjà dans un âge avancé.
Pas de chaire dans les Facultés pour l’instruction médicale et chirurgicale des dentistes; pas de réunion, de sociétés où les lumières soient mises en commun et où l’intelligence de l’un profite à l’autre ; pas de livres sérieux et au courant de la science sur l’art du dentiste ; pas de journaux relatifs à la profession. Notre revue mensuelle, Y Art dentaire , fondée par nous, est encore le seul journal où les dentistes puissent s’initier aux progrès journellement accomplis dans les différentes branches de notre profession.
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L’ouvrage dont nous publions aujourd’hui la deuxième édition est destiné à vulgariser (‘) les connaissances relatives à l’art du dentiste.
Nous avons pensé qu’il serait utile de mettre à la portée de tous des connaissances dont l’utilité est aussi considérable que méconnue. Le succès obtenu par les premières éditions de ce travail prouve qu’il répondait à un besoin.
Nous n’avons rien négligé pour le rendre digne de la bienveillance avec laquelle il a été accueilli. Nous l’avons revu et corrigé avec le plus grand soin, et y avons ajouté plusieurs chapitres importants et intercalé dans le texte de nombreuses gravures.
(1) Nous disons vulgariser, car ce livre est plutôt écrit pour les gens du monde que pour Tes médecins et les dentiste1, Dien que nous pensions que ces derniers peuvent y puiser plus d’un renseignement utile. Cet ouvrage n'est en réalité que le résumé d’un grand traité de prothèse et de chirurgie dentaires, auquel nous travaillons depuis plusieurs années et destiné à présenter un tableau complet des connaissances relatives à l’art du dentiste.