‹ Les dents (volume 2)Chapitre 21 sur 64 · DU MAL DE DENTS · texte numérisé non relu

DU MAL DE DENTS

que nos lecteurs liront avec intérêt un passage d’un livre de M. le docteur Cramoisy où se trouve traitée cette question :

« Nous ne pouvons pas croire que les peuples de tous les temps et de tous les pays aient accordé de si grands éloges à la beauté de la denture chez la femme, sans avoir attaché à la blancheur des dents et à la fermeté de la gencive une idée de santé générale. Les hommes de ces époques primitives avaient pour les guider un symbolisme naturel qui valait bien de savantes hypothèses.

« Chez les hordes slaves, des dents cariées, une mauvaise haleine et la stérilité étaient autant de motifs de divorce.

« Les femmes de nos sociétés civilisées, qui n’ont pas à craindre de pareilles extrémités, recourent à toutes les ruses pour dissimuler un accident arrivé à leur denture ; mais, à notre avis, c’est moins dans une intention de coquetterie que par une certaine conscience de la gravité de ce présage. Quand on entend dire à un grand nombre de mères de famille que chacun de leurs enfants leur a coûté une dent, peut-on s’em-

OU ODONTAUGIE.

pocher d’établir une corrélation entre l’organe de la génération et la cavité buccale, et de considérer la perte de ces dents comme un signe de lésion utérine, dont la femme a été atteinte antérieurement à ses couches?

« Nous voulons bien admettre que la denture soit une question de race; que les Celtes, issus de la race indo-germanique, aient naturellement de belles dents; que les Cimbres, peuple teutonique, de haute stature, en aient presque toujours de mauvaises; il n’en est pas moins vrai que les affections utérines, toutes choses égales d’ailleurs, prédisposent l’une et l’autre race, d’une façon toute particulière, aux caries et aux affections buccales de toute nature.

« Un médecin ne saurait donc attacher une trop grande importance à l’inspection de la bouche de sa malade. Que de caries, que de névralgies dentaires, que d’abcès, que de fluxions périodiques aux gencives et aux joues, qui n’ont pas d’autre cause que la purulence à laquelle prédisposent les affections utérines! Les aphthes, les ulcérations de la muqueuse buccale qui s’attaquent

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