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CHAPITRE IX

Des maladies des dents et de leur traitement.

Les maladies des dents et les alïections qui peuvent en être la suite sont trop nombreuses pour que nous puissions les passer successivement en revue. Nous nous bornerons donc à étudier les principales, et nous consacrerons plusieurs chapitres aux plus importantes, c’est-à-dire à la carie et et au déchaussement.

Les maladies des dents sont occasionnées par une des causes suivantes : lésion de la pulpe dentaire, lésion du périoste dentaire, lésion de l’ivoire ou de l’émail, destruction des alvéoles.

Lésions de la pulpe dentaire .

De tous les organes du corps, la pulpe dentaire est un des plus sensibles, et un

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de ceux qui sont sujets au plus grand nombre de maladies. Bien qu’on ait observé son inflammation en l'absence de toute lésion organique, elle est le plus souvent le résultat d’une cause bien déterminée, telle qu’un coup violent sur les dents, la carie, une obturation mal faite ou faite trop tard, et le plombage des dents au moyen de mauvais amalgames.

Le premier phénomène morbide symptomatique d’une affection de la pulpe dentaire est l’accroissement de son irritabilité; les moindres impressions de chaud ou de froid produisent de violentes douleurs. Si cette irritabilité s’exagère, il peut en résulter une inflammation et une suppuration de la pulpe dentaire et par suite la destruction plus ou moins complète de la couronne et de la racine.

Pour remédier à la sensibilité exagérée de la pulpe dentaire, on a essayé, ainsi que nous l’avons dit, de détruire sa vitalité au moyen de caustiques énergiques; mais ce moyen n’est pas suffisant et peut amener des accidents provenant de l’irritation pro-

MALADIES DES DEATS,

duite par la matière désorganisée qui continue à séjourner dans la cavité de la dent. Si, au contraire, après avoir détruit la vitalité de la pulpe, on a soin de l’enlever avec un instrument convenable et de remplir d’or la cavité de la dent et des canaux dentaires, elle peut ensuite se conserver indéfiniment.

L’inflammation de la pulpe dentaire s’observe quelquefois sur les dents en apparence saines, mais beaucoup plus fréquemment sur les dents cariées et presque toujours sur celles dont la pulpe est mise à découvert.

Lésion du périoste de la dent ou périostite dentaire.

Cette affection peut se produire sous l'influence d’un choc, d’un refroidissement ou d’une foule d’autres causes. Elle succède souvent à l’inflammation de la pulpe dentaire. Le mal débute brusquement, la dent est douloureuse, la gencive dure, et dans l’espace de trois jours environ il se forme un abcès placé entre le périoste et l’os, ou entre le périoste et la dent. L’abcès

LEUR TRAITEMENT

peut s’ouvrir sur les joues ou sur les gencives. Il peut quelquefois être placé de telle façon au sommet de la racine qu’il tende à expulser la dent qui s’ébranle alors, devient très-douloureuse et peut même être complètement chassée de son alvéole.

Ce n’est qu’en faisant une incision sur la gencive de façon à mettre la racine à découvert et ouvrant les abcès qui se forment qu’on peut guérir les inflammations du périoste alvéolo-dentaire.

L’inflammation du périoste peut se compliquer de névralgie , de fluxion , de fièvre, etc. Elle se termine généralement par la résolution, mais elle peut passer à l’état chronique, engendrer des fistules et défigurer ainsi pour la vie l’individu qui n’aura pas eu soin de faire extraire sa dent en temps utile.

La périostite chronique est un des modes de terminaison de l’inflammation du périoste; mais elle peut être produite par d’autres causes et notamment par l’accumulation du tartre sur la couronne de la dent, qui se déchausse, s’ébranle et tombe.

MALADIES DES DEXTS,

Nous consacrerons un chapitre spécial à l’étude de l’ébranlement et du déchaussement, le nombre des personnes qui en sont atteintes étant fort considérable.

Outre les lésions précédentes, les racines des dents peuvent quelquefois se recouvrir de tumeurs osseuses auxquelles on a donné le nom d’exostose. Quand elles ne font pas souffrir le malade, il n’y a rien à faire. Mais si l’exostose exerce une compression douloureuse sur son alvéole, la dent doit être enlevée ou la racine excisée, opérations qui dans cette circonstance sont difficiles et ne doivent être pratiquées que par un dentiste très-expérimenté.

Lésions de l’ivoire.

Cette lésion , qui constitue ce qu’on nomme la carie, est la plus commune de toutes les maladies des dents. L’étude de ses causes et de son traitement fera l’objet d’un chapitre spécial.

Lésions de l’émail.

Bien que l’émail soit un corps extrè-

LEUR TRAITEMENT

mement dur, il peut être détruit sous r influence d’un grand nombre de causes. 11 y a des maladies ou la salive devient assez acide pour l’attaquer; l’usage de dentifrices mal composés et de certains aliments l’altèrent également.

Lorsque l’émail s’altère, il perd son poli, blanchit ensuite et se détache facilement par parcelles. Les dents deviennent alors sensibles aux moindres variations de température; elles jaunissent, et le tartre s’y accumule avec la plus grande facilité.

Le traitement des lésions de l’émail est plutôt préventif que curatif ; il consiste à éviter les causes qui agissent sur lui. Cependant un traitement hygiénique convenable, l’usage journalier de notre élixir dentifrice arrêteront les progrès de la maladie lorsqu’elle se sera déclarée.

La destruction générale de l’émail des dents est une affection fort rare et que nous n’avons trouvée décrite dans aucun auteur. Nous venons d’en observer et traiter avec succès un cas très-curieux qui intéressera certainement nos lecteurs.

MALADIES DES DEMS,

Mnie X..., !28 ans, blonde, tempérament lymphatique, a eu récemment une fièvre scarlatine qui a suivi la marche habituelle de cette affection ; mais, pendant la convalescence, la salive éprouva brusquement une modification telle, que pendant quelques jours, l’émail des dents se détachait par lamelles comme pourraient le faire les écailles d’un poisson. Sous l’influence d’un traitement énergique, ce phénomène singulier disparut rapidement, mais non cependant sans laisser de traces profondes, car une grande partie de l’émail des faces labiales de plusieurs dents avait complètement disparu.

Le traitement auquel nous pensons pouvoir attribuer la guérison d’une aussi étrange affection fut institué de la façon suivante :

1° Traitement interne . — Nourriture très— animalisée, viandes saignantes, potage gras, vin de Bordeaux pur à tous les repas, quinquina et ferrugineux.

Phosphate de chaux à la dose de i gramme par jour.

LEUR TRAITEMENT

2° Traitement externe. — Nettoyage des dents avec une brosse imbibée d’une poudre dentifrice à réaction alcaline, suivi d’un gargarisme avec de l’eau tiède fortement alcoolisée.

Après cette opération nous badigeonnâmes la surface des dents avec un pinceau trempé dans la solution suivante :

Eau distillée 3 grammes.

Nitrate d’argent fondu 1 —

en ayant soin de préserver les lèvres du contact du liquide au moyen de petites compresses.

Cette opération eut un plein succès, et c’est évidemment à elle qu’est due la guérison des dents malades. L’émail de quelques dents que nous ne pûmes d’abord recouvrir de nitrate d’argent par suite des craintes de la malade, continua à s’exfolier jusqu’à ce que nous eûmes recours au traitement qui nous avait réussi.

Lorsque la malade fut guérie, ses dents présentaient une teinte parfaitement noire due au nitrate d’argent ; nous la fîmes dis-

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