ET DE SES CAUSES
« stance très-noire. Dans les incisives, elle « commence ordinairement assez près du « collet de la dent, et l’excavation morbide « fait des progrès transversalement à la Ion- « gueur de la dent , de manière à diviser « presque celle-ci en deux parties. »
Lorsque l’émail est en partie détruit, la carie marche rapidement. L’intérieur de la dent se trouve continuellement en contact avec les aliments et les liquides de la bouche, qui se décomposent dans l’intérieur de sa cavité, et ses parois s’altèrent de plus en plus. La dent devient ordinairement alors rès-sensible, les moindres variations de température et le contact des aliments sont la cause de violentes douleurs. La pulpe finit elle-même par s’enflammer et suppurer, et l’ivoire continuant à se détruire, il ne reste bientôt plus que la racine, qui le plus souvent cesse d’être douloureuse et constitue ce qu’on nomme vulgairement un chicot.
La marche de la carie n’est pas toujours telle que nous venons de le dire : l’altération, après avoir envahi une certaine portion de la couronne, s’arrête parfois d’elle-même
DE LA CARIE
et présente une surface brune très-dure et peu impressionnable. On nomme cette variété de carie, carie sèche, par opposition à la précédente, dite carie molle ou humide.
Il existe une forme de carie peu connue, que nous avons rencontrée quelquefois et à laquelle on pourrait donner le nom de carie coupante. Elle apparaît au collet des dents, qu’elle creuse en gouttière en formant une section aussi nette que si elle avait été faite à la lime et d’un poli parfait. Les auteurs qui se sont occupés de cette variété curieuse de carie l’attribuent à la dénudation du col, c’est-à-dire au déchaussement. Nous croyons difficile de se prononcer avec certitude sur ce point.
Nous avons quelquefois observé une sorte de carie produite par une destruction assez étendue de l’émail, à laquelle on pourrait donner le nom de carie par érosion de la dent.
Toutes les dents ne sont pas également sujettes à la carie. Les dernières grosses molaires sont celles qui sont le plus souvent atteintes, et les incisives de la mâchoire inférieure celles qui le sont le moins.