‹ Les dents (volume 4)Chapitre 12 sur 16 · MALADIES DES GENCIVES · texte numérisé non relu

MALADIES DES GENCIVES

Scorbut.

Le scorbut est une affection générale et non locale, accompagnée le plus souvent •d'une altération profonde des gencives.

Elle atteint les marins placés dans de mauvaises conditions hygiéniques ainsi que les individus habitant les lieux bas et humides et se nourrissant mal. Le traitement de cette affection consiste à combattre les causes qui l'ont déterminée et à faire enlever avec beaucoup de soin le tartre accumulé sur les dents, qui, dans cette maladie , a une tendance considérable à atteindre jusqu'à l'extrémité des racines. Faisons remarquer en outre que l'état de mollesse, de rougeur, de tuméfaction et de fongosité des gencives est puissamment combattu par l'usage de notre élixir, à condition, bien entendu, que le malade soit soustrait en même temps à la cause qui avait engendré la maladie.

Fongosité des gencives.

Elle a pour caractère la mollesse, la pâleur et le gonflement de ces organes, qui saignent au moindre attouchement. Il s'y forme bientôt, surtout entre l'interstice des dents, des végétations charnues dont la surface s'excorie très-facilement et peuvent amener des ulcérations dangereuses.

Cette affection reconnaît généralement pour cause le défaut d'entretien des dents. On y remédie facilement en les nettoyant avec soin et se lavant la bouche après chaque repas, suivant les indications que nous avons déjà données. Des applications de teinture d'iode nous ont souvent réussi au début du traitement.

ÊpuUdes.

On donne le nom d'épulides à des tumeurs qui se forment sur les gencives ou

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l'alvéole d'une dent enlevée. On ne peut se débarrasser de ces tumeurs que par l'excision et la cautérisation. Cette affection est, du reste, peu commune et par conséquent nous ne nous y arrêterons pas davantage.

Fistules des gencives.

Il arrive souvent qu'à la suite de l'ouverture spontanée d'un abcès, les parois de la plaie ne se referment pas ; il reste alors un canal fistuleux qui continue à sécréter du pus tant que la cause de l'abcès subsiste.

On traite les fistules des gencives en s' attaquant à la cause qui les produit, c'est-àdire à l'inflammation et aux fluxions. Nous réussissons souvent à fermer les trajets fistuleux en y introduisant un fil d'argent dont l'extrémité est garnie d'un bourrelet de coton imbibé de notre élixir.

Les fistules des gencives ne résultent

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pas toujours de l'inflammation de ces organes. Elles proviennent souvent d'une dent ou d'une racine de dent cariée.

Aphthes.

On désigne sous le nom d'aphthes de petites ulcérations blanchâtres qui se développent sur la muqueuse de la bouche.

Ils débutent par des vésicules transparentes qui laissent bientôt écouler un liquide clair, et sont remplacées par des ulcérations qui se cicatrisent sans laisser de traces. Cette affection est généralement légère, et le plus souvent il ne vient qu'un aphthe à la fois ; mais quelquefois il peut s'en présenter cinq ou six et même beaucoup plus. La bouche et le pharynx se trouvent alors envahis, et il en résulte ordinairement un peu de fièvre.

Généralement les aphthes sont trèsdouloureux ; mais ils n'amènent pas d'accidents.

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On calme la douleur résultant de la présence des aphthes en les touchant avec un pinceau imbibé d'élixir pur. Une cuisson un peu vive se manifeste d'abord et est bientôt remplacée par de l'insensibilité. A la suite de ce traitement, l'ulcération disparaît rapidement.

C'est surtout dans l'enfance et principalement chez les nouveau-nés que se montrent les aphthes. Ils sont communs dans les pays froids et humides. Les individus vivant dans de mauvaises conditions hygiéniques y sont sujets.

Chez les enfants , l'apparition des aphthes est souvent précédée de symptômes généraux, tels que malaise, fièvre, inappétence, nausées, diarrhées, etc. ; ordinairement ils se dissipent assez rapidement. Les aphtes sont souvent consécutifs à une maladie de l'estomac, et c'est elle qu'il importe alors de traiter.

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De la fétidité de l'haleine et des moyens d'y remédier.

Nous avons cru devoir consacrer un chapitre à l'étude d'une infirmité extrêmement répandue et infiniment gênante pour l'individu qui en est porteur et pour ceux qui vivent avec lui.

La fétidité de l'haleine n'est pas une maladie, mais un symptôme ; c'est la cause qui la produit qu'il importe de traiter : sublata causa tollitur effectus.

Il arrive quelquefois, quoique beaucoup plus rarement qu'on ne le pense généralement, que l'odeur de l'haleine provient de l'estomac. Elle a dans ce cas quelque chose d'aigre qui permet d'en reconnaître facilement l'origine, o à 6 grammes de bicarbonate de soude pris après chaque

repas constituent le remède à employer pour saturer les acides et les gaz qui se développent dans l'estomac. Ce moyen est celui qu'emploie habituellement un des professeurs de la faculté de Paris, le docteur Piorry, qui a obtenu des cures merveilleuses et guéri des affections de l'estomac qu'on avait prises pour des cancers.

La mauvaise odeur de la bouche reconnaît aussi pour cause l'usage habituel du cigare et de la pipe. Dans ce cas l'odeur n'est pas repoussante, mais seulement désagréable pour les personnes qui redoutent l'odeur du tabac. Il est du reste extrêmement facile d'enlever à l'haleine cette odeur en se gargarisant avec de l'eau additionnée de notre élixir. Par ce moven

très-simple, on évitera en même temps la coloration noirâtre des dents qui résulte de l'usage habituel du tabac.

De toutes les causes de la fétidité de

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l'haleine, la plus fréquente est le mauvais état des dents et le défaut de soins de la bouche. L'odeur exhalée est alors réellement insupportable. Les personnes qui n'ont pas l'habitude de se rincer la bouche après chaque repas sont exposées à ce grave inconvénient. Les débris d'aliments qui restent entre les dents se décomposent très-rapidement, car ils se trouvent dans la bouche sous l'influence de la chaleur et de l'humidité, conditions dans lesquelles la putréfaction se produit le plus facilement.

Cette cause de fétidité de l'haleine est très-facile à traiter. Il n'y a qu'à observer les soins de propreté que nous avons indiqués au chapitre sur l'hygiène des dents.

L'odeur de l'haleine provient souvent aussi de la présence d'une dent cariée. On la fera promptement disparaître en obturant la dent.

Le mauvais état des gencives est encore une cause de fétidité de l'haleine, quoique moins fréquente que la précédente. Lorsque les gencives sont décollées des dents, le pus qui s'écoule entre elles et les alvéoles est souvent trèsfétide. Nous avons déjà donné les moyens de traiter les affections des gencives, et nous renvoyons le lecteur au chapitre que nous leur avons consacré.

Nous avons observé quelles affections des organes respiratoires sont communes chez les personnes dont l'haleine est généralement fétide. L'air qui passe sur les matières en décomposition contenues dans la bouche s'y altère, et en arrivant aux poumons chargé de miasmes, il y porte le germe de bien des maladies.

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