‹ Les dents (volume 4)Chapitre 14 sur 16 · DOLBEAU · texte numérisé non relu

DOLBEAU

Opération sur le sein.

Maison ei;ve.

Ongle incarné.

Saint-Louis.

YoiLLEMIER. .

Deux cautérisations profondes au fer rouge d'une tumeur cancéreuse et opération du phimosis.

Ouverture d'un panaris.

Sf- Antoine. .

Broca

. Ouverture d'abcès pro-

fonds situés à la face interne de la jambe.

Ouverture d'un kyste synovial de la face dorsale du poignet.

îànn Folcher... . Incision de plusieurs tu-

meurs chez une jeune fille.

Heaujon.. . . Richard.. . . Opération sur les seins.

Midi St-Germain . Phimosis.

Lariboisière . . Verseuil. . . Fistule à l'anus.

Cochin Follin. . . . Phimosis.

Pitié Richet. . . . Ouverture d'un panaris.

Idem Gosselin. . . Ouverture d'abcès, etc.

H. des cliniques. Giraud-Teulon. Dilatation d'une fistule

lacrymale.

Nous allons ajouter à celte liste quelques-unes des nombreuses opérations que nous avons pratiquées dans notre cabinet et le nom des médecins devant lesquels elles ont été faites.

Nom des Médecins Opéraiions pratiquées,

devant lesquels nous avons opéré.

Le professeur Jes Cloquet. Extraction d'une grosse molaire

chez un individu redoutant tellement la douleur qu'il était venu de Madrid à Paris pour se faire opérer.

— Id. — Extraction de deux grosses mo-

laires ayant déterminé la formation d'abcès multiples à la face externe du menton.

f)r Hervé de Lavai ir. Extraction de deux dents molaires chez une dame extrêmement nerveuse.

Dr Cabanellas. Extraction de trois dents chez

une jeune dame que l'on n'avait pu réussir à endormir avec le chloroforme et l'éther.

\y Mallez. Extraction de deux dents ayant

déterminé une énorme fluxion qui rendait très- difficile l'ouverture de la bouche.

Lh Professeur Boccbvt. Extractions dentaires.

DT Maximin Legrand.

D" Calvo.

Dr MORPAIN.

Beni-Barde.

Bourgeois- An ger.

Dr Desmares.

Dr Boutin dt Beauregard. Extraction de quatre dents chez

un jeune homme.

Administré le gaz à une personne très-nerveuse pour calmer ses crises. Le succès a été complet.

Extirpation de deux dents de sagesse ayant produit plusieurs abcès.

Extirpation de nerfs dentaires et

avulsion de dents.

Excision de plusieurs dents. Trépanation dentaire.

Avulsion de 4 molaires chez un

enfant.

Extraction de 6 racines et de

plusieurs molaires.

Cautérisation et avulsion de dents.

Extraction de deux canines , d'une petite molaire et de six racines.

Georges Ville, Professeur Extractions dentaires. au Muséum d histoire naturelle de Paris.

Dr Moitï, Carbonnel de Nombreuses extractions de dents Porto-Uico. Bloxdeau, et opérations diverses sur l.'S Labuevoit, Baldin,Di- dents.

HOUTIBB , LeGUILLOU , M AVER , LETELLIER -, ToPINARD , POGGIOLI ,

Delore. Pillon , Be-

RAlD, VOYET DE CHAR- TRES , Carnet , Chabor y - Bertrand., etc.

Les opérations au Protoxyde d'Azote ont lieu tous les jours à 3 heures et demie. Le nombre de personnes étant souvent élevé, il est bon de prévenir à l'avance.

Blondau.

Tripier.

Paris.- Imprimerie de Co^se et J. Duhaihk, rue Christine, 2

De l'extraction des dents.

L'extraction des dents est l'opération qui est le plus habituellement pratiquée par les dentistes, tandis que c'est celle qu'ils devraient au contraire exécuter le plus rarement.

Nous poserons en principe qu'il est bien peu de dents qu'un praticien intelligent ne puisse conserver. La perte d'une dent est toujours chose grave en raison des conséquences qui en sont la suite et il ne faut procéder à leur extraction qu'à la dernière extrémité.

La plupart des dentistes font encore usage pour l'extraction des dents de l'instrument appelé clef de Garewjeot. Malgré

la critique des chirurgiens les plus in-

struits, cet appareil conserve une faveur qu'auraient dû lui faire perdre les accidents qui résultent journellement de son emploi, tels que dents brisées, mâchoires cassées, alvéoles fracturées, gencives écrasées, etc.

Il suffit pour se rendre compte des inconvénients de la clef de Garengeot, de bien comprendre la disposition de cet instrument.

Il se compose d'un crochet mobile articulé transversalement par une vis à l'extrémité d'une tige d'acier longue de 12 à lo centimètres environ. La même extrémité présente une sorte de renflement aplati sur ses deux faces latérales et que Ton nomme panneton. A l'autre extrémité de la tige est adapté un manche transversal que l'opérateur tient dans la paume de sa main.

Pour enlever une dent avec cet instrument, on place le panneton sur une

des faces du bord gengival et l'extrémité du crochet sur le collet de la dent du côté opposé à celui sur lequel repose le panneton. En imprimant alors à la tige un mouvement de torsion tendant à rapprocher l'extrémité du crochet de la face du panneton qui appuie sur la gencive, la dent se trouve luxée et renversée.

Il est facile de comprendre, d'après ce qui précède, que, pour faire sortir la dent de son alvéole, il est nécessaire de la faire incliner vers le point d'appui et par conséquent de lui faire surmonter la résistance de la paroi alvéolaire qui la maintient de ce côté. Il faut donc que cette paroi cède dans une hauteur proportionnée à la longueur des racines et dans une longueur qu'on ne peut déterminer d'avance. Le professeur Malgaigne dit donc avec raison que la clef de Garcngeot doit d'ordinaire briser l'alvéole et que l'habileté consiste à en briser le moins possible.

La fracture du bord alvéolaire des dents n'est pas généralement très-grave. Elle peut cependant occasionner quelquefois des inflammations qui se terminent par des abcès laissant des cicatrices disgracieuses; les racines voisines se trouvent en outre dénudées et les dents ébranlées.

Ce n'est qu'au moyen de pinces à mors nommées daviers qu'on peut extraire les dents sans danger. Leur forme varie suivant celle des dents à extraire.

Pour faire usage du davier, on l'applique au niveau du collet de la dent et on lui imprime un mouvement de rotation autour de l'axe de celle-ci, qu'on extrait ensuite en tournant l'instrument à droite et à gauche.

Les racines des dents s'enlèvent également avec nos daviers. On trouvera dans notre journal V Art dentaire, revue mensuelle de chirurgie et de prothèse dentaires, des articles très— détaillés sur les

daviers américains. Nous croyons être le premier en France qui les ait fait connaître d'une façon aussi complète.

Répétons, pourterminerce chapitre, que l'extraction des dents est une opération extrême à laquelle il ne faut avoir recours que fort rarement : sur 100 dents qu'on enlève, 95 pourraient certainement être conservées. Un dentiste qui connaît toutes les ressources de son art guérit les dents malades et ne les arrache pas.

Des dents et râteliers artificiels.

Dans le premier chapitre de cet ouvrage nous avons parlé de l'importance des dents et des effets de leur absence sur les maladies de l'estomac. La perte d'une ou de plusieurs dents ayant une influence considérable sur la santé, il est absolument nécessaire de faire remplacer les dents naturelles perdues par des dents artificielles. Cette opération s'exécutait d'une façon bien imparfaite, il y a quelques années à peine ; mais les progrès de la chirurgie dentaire ont été si rapides qu'il est possible maintenant de remplacer les dents absentes par des dents qui auront exactement le môme aspect et serviront aux mêmes usages.

Bien que d'ignorants charlatans imposent chaque jour aux dents artificielles les

noms les plus variés, toutes les espèces connues se réduisent à trois au point de vue de la composition. Ce sont les dents humaines, les dents d'hippopotame, dites osanores, et les dents minérales.

Dents humaines.

Ces dents, dont il se fait un commerce considérable, et qu'on se procure généralement dans les ambulances des armées, seraient évidemment celles qu'il faudrait préférer si elles ne présentaient pas le grave inconvénient de s'altérer souvent très-rapidement et d'être, par cela même, moins bien acceptées que les dents minérales. Leur durée dépasse rarement cinq à six ans.

Ben îs d ' h ippopotame .

Les dents d'hippopotames, baptisées du nom pompeux d! osanores par des industriels fantaisistes, sont les plus détestables

dents artificielles dont on puisse faire usage. Elles jaunissent très-rapidement, communiquent à l'haleine une odeur infecte, et sont complètement détruites en peu de mois.

Dents minérales.

Ces dents ont été perfectionnées et rendues pratiques par les dentistes américains ; elles sont supérieures à tout ce qui a été fait jusqu'à ce jour. Ce sont les seules qui soient complètement inaltérables. En outre, comme il est facile deleur donner la teinte qu'on veut, on peut les rendre tout à fait semblables aux dents restantes.

Moyens en usage pour faire tenir les dents et râteliers artificiels.

On employait autrefois pour faire tenir les dents et râteliers artificiels, des pivots entrant dans les racines et des crochets ou des ressorts s'adaptant aux dents voi-

sines.Ces procédés, qui provoquaient une foule d'inconvénients, tels qu'ulcération des gencives et chute des dents servant de points d'appui, ne sont plus employés que par des dentistes tout à fait ignorants. Ils ont été remplacés par un nouveau système qui permet aux dents et râteliers d'adhérer aux gencives sans crochets, ressorts ni ligatures, mais simplement par la pression atmosphérique résultant du vide qu'on produit en aspirant fortement l'air renfermé entre les gencives et l'appareil. C'est nous qui avons importé ce système en France, et l'on nous excusera d'entrer ici dans quelques détails sur une innovation dont il suffit, pour en montrer l'importance, de rappeler qu'elle nous a valu de nombreuses récompenses, telles que l'unique médaille accordée à ce genre d'appareil à l'exposition universelle de Paris en 1855, la grande médaille à l'exposition de Londres

en 1862, la seule qui ait été décernée sur cent quatre-vingt et un concurrents. Voici, du reste, un extrait du catalogue des objets exposés dans la section des États- Unis d'Amérique :

« Les échantillons de dents aurifiées et « de pièces artificielles que M. Préterre a « soumis à l'appréciation du public et du « jury de l'exposition, constituent, à n'en « pas douter, le plus haut degré de perce fection qui ait encore été atteint dans « ces deux branches de l'art du dentiste. . .

«... Cet heureux perfectionnement a « amené la suppression complète des piè- « ces en hippopotame ou en dents hu- « maines dont les nombreux inconvénients « sont aujourd'hui bien connus, et que « les dentistes américains ont depuis « longtemps bannies de leur pratique, « ainsi que les ressorts si gênants et les « pièces à crochets fixes qui ébranlent et « détruisent peu à peu Les dents sur les-

« quelles elles s'appuient , et dont le dé- « placement est toujours difficile, sinon « impossible. On comprend aisément que

• la fixité d'une pièce ne permettant pas « de la nettoyer, les parcelles alimentaires « s'y accumulent, s'y corrompent, causent « l'inflammation des gencives et donnent f une odeur désagréable.

« Par une nouvelle méthode qui repose « sur une loi physique, M. Préterre ob-

• tient une adhérence complète qui per- « met la suppression de toute espèce de « mécanisme ou de ressorts; dès lors, l'ap- « plication des pièces a lieu sans aucune « souffrance ; aucun dérangement n'est à « craindre dans leur usage, et le déplace- « ment s'en fait à volonté.

« Un autre avantage de son système « est la facilité avec laquelle, lorsqu'un « accident survient à un dentier, il peut « remplacer une ou plusieurs dents, en '( soumettant de nouveau la pièce au feu,

DENTS ET RATELIERS ARTIFICIELS. m

« ce qu'on ne peut faire avec les autres « méthodes de dentiers en pâte minérale « ordinaire, dont la réparation est presque « toujours impossible.

« En résumé, avec ce nouveau procédé :

« Solidité plus grande, suppression de « tout mécanisme.

« Ressemblance toujours parfaite des « dents et des gencives.

« Inaltérabilité de la substance compote sant les pièces.

« Réparation facile.

« Prix égal à celui des systèmes le plus « en voffue. »

En 1859, nous avons encore amélioré ces procédés en introduisant en France un perfectionnement de la plus haute importance. Aux plaques d'or, de platine ou d'argent, naguère employées, nous avons substitué une matière aussi inaltérable, mais souple et élastique, sans éclat métallique, mais susceptible d'un extrême poli,

d'une couleur enfin qui s'harmonie, au gré de l'opérateur, avec les nuances plus ou moins rosées des gencives. Cette substance, à laquelle on a donné le nom de vulcomte, est composée de sève de balata (1), additionnée de matières colorantes. Avec elle les empreintes et les contre-empreintes sont d'une fidélité bien plus parfaite que par les anciens procédés, et l'ajustement des pièces se fait plus correctement. On reprochait aux plaques métalliques leur extrême conductibilité, qui transmet au collet des dents et à la muqueuse les températures variées des matières alimentaires : rien n'est moins conducteur du calorique que la matière nouvellement employée.

Pour bien comprendre le principe sur lequel repose notre système de dents artificielles, il suffit de se rappeler une expérience qu'on répète dans tous les cours de

(1) Sapola Millier i isapot accès).

physique et qui est connue sous le nom d'expérience des hémisphères de Magdebourg. Ces hémisphères sont composés, comme on sait, de deux calottes sphériques s'emboîtant parfaitement et qu'on peut séparer avec la plus grande facilité avant qu'on y ait fait le vide. Mais aussitôt qu'on a retiré avec une machine pneumatique l'air qu'elles renfermaient, il devient à peu près impossible de les séparer. Il en est de même de nos appareils quand, après les avoir appliqués sur les gencives, on aspire fortement l'air contenu entre elles et eux : ils adhèrent avec presque autant de force que les dents naturelles. C'est à cette petite opération, nécessaire pour les faire tenir, que nos dentiers doivent le nom de dentiers à succion ou à pression atmosphérique.

On a cru pendant longtemps que le système qui précède ne pouvait être employé que lorsqu'il s'agissait d'un dentier

complet, parce qu'on pensait qu'une pièce ne portant qu'un petit nombre de dents ou une seule, n'offrirait pas à la pression atmosphérique une surface assez large.

L'expérience a démontré que cette opinion était erronée, et on a reconnu qu'il était aussi facile de poser une seule dent artificielle qu'un râtelier très-complet.

Les dentiers à succion neproduisent tous les effets qu'on est en droit d'en attendre que lorsqu'ils ont été construits avec beaucoup de soins, car l'adhésion de la base du dentier aux gencives résulte de l'exactitude de son adaptation. Pour que l'adhérence soit complète, il faut que cette adaptation soit parfaite. Si la plaque a été mal moulée ou si elle s'est déformée pendant que l'on y soudait les dents, elle ne se maintiendra pas en place quand elle sera placée sur la mâchoire. C'est donc avec raison que le professeur Harris dit : « Quand on n'apporte pas à la fabrication

« de ces dentiers des précautions judi— « cieuses et une habileté spéciale , on « peut s'attendre à les voir échouer cornet plétement, ou au moins à adapter des « pièces dont l'usage ne sera ni satisfai- « sant ni avantageux. Beaucoup de pra- « ticiens qui ont essayé de placer des « dents artificielles suivant cette méthode « ont échoué et l'ont condamnée, tandis « que l'insuccès ne devait être attribué « qu'à quelque faute commise dans l'adap- « tation de la plaque aux gencives. Un « grand nombre d'insuccès sont dus à ce « qu'on place la pièce trop tôt. En effet, « quoique la plaque sur laquelle sont fixées « les dents s'adapte bien à la forme des « gencives au moment où on l'applique, « elle cessera bientôt de s'appliquer exac- « tement, si on la pose avant le temps « nécessaire pour que les changements « qu'éprouve le bord alvéolaire après « l'avulsion des dents naturelles soient

« complètement achevés. Lorsque les « choses se passent ainsi, l'air s'intro- « duit entre la plaque et les gencives, et « par conséquent l'appareil ne tient plus. <( Si, au contraire, on laisse un temps suffi- « sant à l'accomplissement de ces change- « monts, l'appareil tiendra bien et pour « longtemps. »

Quelque bien exécutée que soit une pièce artificielle, il arrive quelquefois qu'on est obligé d'y retoucher, attendu que certaines parties peuvent, sous la pression de l'appareil, se contracter et éprouver des changements de forme qu'il est impossible de prévoir.

Lorsqu'on place un râtelier artificiel dans la bouche d'un individu qui n'en a jamais porté, il éprouve une certaine gène. Non-seulement il lui est impossible de mâcher les aliments avec ses nouvelles dents, mais encore il éprouve une difficulté extrême pour prononcer les

mots. Au bout de quelques semaines, souvent de quelques jours, ces inconvénients ont généralement disparu. Beaucoup de personnes s'étonnent de ne pouvoir se servir immédiatement des dents artificielles comme de leurs dents naturelles. En y réfléchissant elles devraient comprendre qu'un dentier est en réalité un instrument dont on ne parvient à se servir qu'après une certaine habitude.

Il ne suffit pas qu'on mette une plume dans la main d'un enfant pour qu'il sache écrire, il faut, et l'individu porteur d'un

dentier est dans le même cas, qu'il apprenne à s'en servir.

Ce n'est qu'au moyen de soins convenables qu'on peut préserver les pièces artificielles de toute altération; on doit les brosser tous les jours avec la poudre dentifrice et les rincer ensuite dans de l'eau additionnée d'élixir. En raison des substances antiputrides qu'il renferme,

notre élixir assure aux dents une conservation très-longue.

On ne doit pas garder la nuit les pièces artificielles, afin que les gencives puissent se reposer de leur contact. Lorsqu'on ne les garde pas dans la bouche, elles doivent être placées dans un verre plein d'eau additionnée d'une petite cuillerée d' élixir.

Il faut avoir recours aux pièces artificielles dès qu'on aura perdu quelques grosses ou petites molaires. Ces dentsservent en effet à la mastication, et dès qu'elles sont absentes il faut les remplacer. Si on essayait de mâcher avec les dents de devant, celles du haut seraient bientôt rejetées en avant ou usées, en raison de l'effort qu'exercent sur elles celles d'en bas. Les incisives ne sont pas conformées en effet de façon à brover les aliments, et il est inutile de chercher aies faire servir à cet usage.

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