ODONTALGIE RÉSULTANT DE LA CARIE
Lorsque la pulpe dentaire est mise à nu par une cause quelconque, elle est extrêmement sensible. Le contact de l’air suffit à l’irriter, et la pression exercée sur elle par des parcelles d’aliments provoque d’atroces douleurs.
Tour remédier au mal de dents résultant de la carie, il faut calmer la sensibilité de la pulpe dentaire en la touchant avec certaines substances telles que le chloroforme, le laudanum, le chlorure de zinc, l’acide phénique, le chlorure d’aluminium, l’éther, certaines huiles essentielles, l’essence de girofle ou de canelle, une solution de gutta-percha dans l’alcool, ou encore en remplissant la cavité de la dent avec une boulette de coton imprégnée du
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baume que nous préparons spécialement pour cet usage. Mais, nous le verrons plus loin, le seul remède radical à opposer à la carie est l'aurification. La douleur produite par la carie s’étend souvent aux autres dents ; c’est là une sorte d’odontalgie par sympathie.
L’inflammation de la pulpe ou du périoste dentaire ont souvent pour résultat la formation de sacs purulents à l’extrémité des dents. Il en résulte une douleur très vive qui s'exaspère surtout quand on vient à appuyer sur la dent. Son traitement est assez difficile. Si les dérivatifs et les calmants ne suffisent pas, il faut pratiquer une petite ouverture pour vider l’abcès. L’extraction de la dent suivie de sa replantation réussit quelquefois.
Les exemples suivants, que nous empruntons à l’excellent ouvrage de Harris, prouvent combien peuvent être dangereuses les conséquences d’un abcès dentaire. Ils prouvent en même temps combien on a tort de ne pas soigner la carie dès son début.
« La formation d’un abcès alvéolaire d’une dent de sagesse inférieure s’accompagne quelquefois de suites très graves et même inquiétantes. Le cas suivant est un des nombreux faits que l’auteur a observés.
« 11 fut appelé en toute hâte par un médecin qui
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avait été atteint deux semaines auparavant d’une douleur intense dans la dent de sagesse gauche de la mâchoire inférieure. Au bout de trois ou quatre jours on avait fait plusieurs tentatives infructueuses pour enlever la dent.
« L’inflammation s’étendit rapidementà l’arrièregorge, aux amygdales, ainsi qu’aux muscles de la face et delà mâchoire. La déglutition était impossible Il survint une fièvre continue, contre laquelle des émisssions sanguines répétées, des purgatifs et des fomentations sur la face n’eurent que peu d’effet. La respiration était difficile et les muscles des mâchoires étaient si durs et si contractés, qu’il était impossible d’ouvrir la bouche.
«Tel était l’état du malade lorsque l’auteur le vit. Il fit administrer, outre le traitement qu’on avait suivi auparavant, une injection de 10 centigrammes de tartre stibié. Jusque vers sept heures du soir, le malade fut en proie à des excès alternatifs de chaud et de froid. L’auteur essaya d’ouvrir la bouche de force avec un coin en bois. 11 réussit en partie, mais non suffisamment pour pouvoir introduire le plus petit davier. Pendant que ses mâchoires étaient ainsi entr’ouvertes, le malade essaya d’avaler un peu de thé chaud. Dans l’effort. qu’il fit, un abcès s’ouvrit spontanément ; il s’écoula de sa bouche près d’une cuillerée de pus, et il supposa
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qu’une quantité double s’était introduite dans l’estomac. Cela le soulagea immédiatement ; mais ce ne fut que vers trois heures de l’après-midi, le jour suivant, qu’on put écarter assez la mâchoire pour permettre l’extraction de la dent qui avait causé tous ces troubles. Les racines étaient réunies, et il s’y trouvait un sac, du volume d’un gros pois, rempli de pus. Le malade guérit rapidement et, en peu de jours, fut tout à fait rétabli,
« Le fait suivant est le cas le plus singulier d’abcès alvéolaire que Fauteur ait jamais observé.
« Le sujet était une femme d’environ trente ans. Elle était tourmentée depuis un an par un écoulement de pus provenant de la partie postérieure du voile du palais, Alarmée par sa persistance, elle appela sur ce fait l’attention du médecin de sa famille, le professeur Bond, qui l'examina avec soin et essaya de trouver le point d’où provenait le pus. 11 découvrit qu’il venait de l’alvéole d’une dent gâtée. En passant le doigt autour des gencives du bord alvéolaire supérieur, il trouva une saillie sur la racine de chaque incisive centrale, saillie dont le volume était presque celui d’une noisette. Cela tendait à le confirmer dans l’opinion qu’il s’était faite que c’était là qu’était la source du pus, et il me pria d’examiner la malade, ce qui eut lieu le jour suivant. Il fut décidé qu’on enlèverait immé-
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diatement les dents en question, ainsi que celles qui se trouvaient dans l’état de nécrose le plus avancé. La dame consentit à l'opération. L'écoulement du pus en arrière du voile du palais cessa, et la malade tut délivrée d’un mal qui avait été la source de grandes inquiétudes. Dans ce cas, le pus de l’abcès, au lieu de passer à travers les apophyses nasales du maxillaire supérieur, s’était porté en arrière audessus de la voûte palatine, pour suivre le chemin indiqué. »
La dent de sagesse est peut-être de toutes les dents celle qui cause le plus d’accidents analogues et de difficultés à l’opérateur. l’eu de praticiens pour les cas difficiles veulent se charger de l’extraction. — Au moyen d’un instrument de notre invention nous faisons l’extraction des dents de sagesse presque sans ouvrir la bouche et avec la plus grande facilité.