ODONT ALGIE RÉSULTANT D’UNE MALADIE DE L’UTÉRUS
L’influence des maladies de l’utérus sur les dents a été peu étudiée. Nous pensons que nos lecteurs liront avec intérêt un passage d’un livre de M. le docteur Cramoisy, où cette question se trouve traitée très savamment.
« Nous ne pouvons pas croire que les peuples de tous les temps et de tous les pays aient accordé de si grands éloges à la beauté de la denture chez la femme, sans avoir attaché à la blancheur des dents et à la fermeté de la gencive une idée de santé générale. Les hommes de ces époques primitives avaient pour les guider un symbolisme naturel qui valait bien de savantes hypothèses.
« Chez les hordes slaves, des dents cariées, une
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mauvaise haleine et la stérilité étaient autant de motifs de divorce.
« Les femmes de nos sociétés civilisées, qui n’ont pas à craindre de pareilles extrémités, recourent à toutes les ruses pour dissimuler un accident arrivé à leur denture ; mais, à leur avis, c’est moins dans une intention de coquetterie que par une certaine conscience de la gravité de ce présage. Quand on entend dire à un grand nombre de mères de famille que chacun de leurs enfants leur a coûté une dent, peut-on s’empêcher d’établir une corrélation entre l’organe de la gestation et la cavité buccale, et de considérer la perte de ces dents comme un signe de lésion utérine, dont la femme a été atteinte antérieurement à ses couches?
« Nous voulons bien admettre que la dentition soit une question de race ; que les Celtes, issus de la race indo-germanique, aient naturellement de belles dents ; que les Cimbres, peuple teutonique, de haute stature, en aient presque toujours de mauvaises ; il n’en est pas moins vrai que les atlections utérines, toutes choses égales d’ailleurs, prédisposent l’une et l’autre race, d’une façon toute particulière, aux caries et aux affections buccales de toute nature.
« Un médecin ne saurait donc attacher une trop grande importance à l’inspection de la bouche de
OU ODONTALGIE
sa malade. Que de caries, que de névralgies dentaires, que d’abcès, que de fluxions périodiques aux gencives et aux joues, qui n’ont pas d’autre cause que la purulence à laquelle prédisposent les affections utérines ! Les aphtes, les ulcérations de la muqueuse buccale, qui s’attaquent souvent à la langue, toutes ces lésions d’une couleur grisâtre et d’un caractère fongueux sont les signes extérieurs d’autres lésions plus graves et plus internes.
« Cependant, et c’est là le côté difficile de ce genre de diagnostic, il faut que l’œil du médecin établisse une distinction parfaite entre ces accidents et ceux qui peuvent provenir d’une affection spécifique ou d’un mauvais entretien de la bouche. Car, en effet, on lit dans le journal V Ait dentaire , du mois de novembre 18o7, rédigé par nous, que « la carie des dents est souvent le résultat de la « décomposition chimique des sels calcaires en « présence des acides sécrétés par la muqueuse « buccale, et aussi de l’accumulation des corps « étrangers provenant des aliments. »
« 11 n’est pas non plus jusqu’à certaines haleines d’une odeur particulière et insupportable qui ne soient un indice de l’existence désaffections utérines, surtout lorsque la femme a un extérieur sain, et que les causes de l’infirmité que nous signalons paraissent inexplicables.