ET A LA SUCCURSALE DE SA MAISON, 5, PLACE M ASSÉNA , A NICE
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PRÉFACE
Les progrès réalisés depuis vingt-cinq ans dans l’art dentaire ont été si rapides, que l’on peut dire sans exagération, qu’ils ont devancé de beaucoup les exigences du public Nous le constatons tous les jours en voyant la surprise des clients auxquels nous proposons des opérations qu’ils croyaient impossibles : conserverdes dents qu’ils étaient résignés à perdre, redresser des dents déviées qu’ils considéraient comme une infirmité incurable, remplacer sans crochets ou appareils une ou . plusieurs dents absentes, etc., etc., le tout sans douleur.
En général tout ce qui concerne les ressources de la prothèse et même de la simple hygiène dentaire est profondément inconnu du public ; nous voyons chaque jour se présenter à nous des clients avec des dents per-
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dues que des soins très faciles auraient pu leur conserver probablement toute leur vie.
Eclairer le public sur les soins à prendre pour assurer le bon état de la bouche et sur les ressources qu’offre notre profession pour remédier aux diverses maladies des dents, constitue une œuvre essentiellement utile. C’est elle que nous avions en vue quand nous avons publié, il y a longtemps déjà, la première édition de cet ouvrage.
La quatorzième édition que nous publions aujourd’hui de notre livre, Les Dents , est complètement refondue et a été augmentée de chapitres nouveaux et de gravures nouvelles. Pas plus que les précédentes éditions, il n’a pour but de présenter au public un tableau complet de l’art du dentiste, mais simplement des conseils pratiques, fruit de notre longue expérience sur les cas les plus fréquents et surtout sur l’hygiène des dents.
Depuis le jour où, pour la première fois, nous fîmes connaître en France et appliquâmes l’aurification et les pièces à succion, et rendions pratique, grâce à l’établissement de règles positives, l’emploide la dent à pivot,
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depuis l’époque beaucoup plus récente où nous introduisîmes l’usage journalier du protoxyde d’azote contre la douleur dans le cabinet du dentiste, bien des progrès se sont accomplis dans l’art dentaire, et on peut dire qu’aucune branche de la chirurgie n’en a fait de plus grands dans un espace de temps plus court.
Nous ne saurions, dans un ouvrage élémentaire, exposer tous les progrès accomplis : beaucoup sont trop techniques pour pouvoir être appréciés du public. Tout le monde a cependant entendu parler des inventions les plus récentes et les plus importantes, telles que le tour à travailler dans la bouche, merveilleuse petite machine, qui exécute, dans la cavité buccale, toute la partie manuelle des opérations les plus délicates, dispense l’opérateur de toute fatigue, et lui laisse, pour diriger l’instrument, toute son intelligence. Chacun connaît, au moins de nom, les dentiers en celluloïde, qui n’ont pas encore atteint toute la perfection dont ils sont susceptibles, mais qui sont destinés à un brillant avenir, ceux en gencive con-
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tinue, les transplantations et réimplantations de dents, etc. Les perfectionnements apportés dans la construction des dents et des gencives artificielles, des pièces de prothèse, telles que les voiles artificiels du palais et les obturateurs, destinées à remédier aux difformités congénitales ou acquises, sont également connus.
Ces perfectionnements divers sont accessibles aux personnes instruites. Ce qui est moins connu, ce qui échappe généralement, ce sont les progrès considérables réalisés dans la pratique de l’atelier et du cabinet. Les opérations les plus délicates pratiquées sur les dents, et qu’on n’exécutait que fort rarement autrefois, se pratiquent aujourd’hui d’une façon journalière. Le client veut à tout prix conserver ses dents, et le plus souvent on arrive à le satisfaire. S’il porte un râtelier ou une pièce artificielle quelconque, il veut que le travail exécuté soit si parfait, que l’œil le plus exercé ne puisse le distinguer de la nature , et on réussit à le satisfaire. Il veut se servir de ces objets artificiels sans éprouver plus de gène que s’il faisait usage d’organes naturels,
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et, grâce à des merveilles de précision, ses vœux sont encore comblés.
Ce n'est pas sans un travail des plus persévérants, une extrême habileté de la part des dentistes et un outillage exceptionnel que de tels résultats peuvent être obtenus ; aussi la tâche de nos confrères exige-t-elle des elTorts de plus en plus soutenus et devient-elle de plus en plus ardue. Le public commence à apprécier la différence existant entre le travail exécuté par un homme capable et celui sortant de la boutique d’un charlatan. Son éducation, qui commence à se faire, se complétera bientôt, et devant ses légitimes exigences, les dentistes ignorants qui pullulent encore aujourd’hui seront obligés de disparaître.
Le mouvement qui se fait aujourd’hui en France, et que nous avons provoqué par nos travaux, nos livres, nos expositions, notre * journal, notre musée, nous continuerons à l’entretenir encore. Tous les procédés nouveaux, toutes les recherches nouvelles continuerontà être expérimentés dans nos ateliers, et le public bénéficiera des résultats sans cesse
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accrus de notre expérience. Les succès qui ont couronné nos efforts, les récompenses de Sociétés savantes, la vogue du public, n’ont fait qu'exciter notre zèle. Bien que ce petit ouvrage n’ait aucune prétention scientifique, puisque nous voulions le mettre à la portée de tous, on nous a répété bien des fois qu’il avait contribué, à lui seul, plus que tous les livres publiés depuis vingt ans, à faire l’éducation dentaire du publicet des médecins. Le succès des éditions qui ont précédé celle-ci est la plus belle récompense que pouvaient obtenir nos efforts.
11 y a plus de vingt-cinq ans que nous avons écrit pour la première fois sur notre journal: Ne pas avancer , c'est reculer ; c’est une devise à laquelle nous sommes resté et resterons toujours fidèle.
A. Préterre.