I. — LES CORDELIEUS
Les Cordeliei'S vinrent à Paris vers 1:2 1(5. Labbé de Saint-Geniiaindes-Prés leur permit, en 1230, de se fixer sur son territoire, mais il se réserva la justice temporelle sur les lieux qu'ils occupaient. Saint Louis favorisa ces religieux; c'est à sa requête que la communauté des Bénédictins Irnr accorda, en 1234, un grand corps de logis poin- 100 sols de reute qu'elle devait au roi, somme tenant lieu d'un droit de pèche en la rivière de Seine, que le j)ieu>c monarque avait, pendant 3 jours, à sa convenance. Les fils de saint François, à qui on avait d'abord refusé le privilège d'avoir un cimetière, une chapelle et des cloches, finirent par obtenir cette faveur en 1240. A la même époque, après avoir acquis deux pièces de terre en la censive de l'abbaye, ils promirent de ne pas s'y étendre davantage. Une clause du contrat stipulait (ju'ils ne pourraient ouvrir le mur sur le chemin de la ville au monastère de Saint-Germain qu'en cas de nécessité, et ils s'engageaient à le refermer incontinent et à leurs dépens. Cette ouverture l)rati(iuée dans la muraille abrégeait apparemment la route pour se rendre à leurs propriétés.
Les Cordeliers possédaient deux maisons, rues de la Harpe et Saint-Cosme, grevées d'une rente de 12 livres 8 sols. Des bienfaiteurs les déchargèrent de cette dette, en payant à l'aljbaye de Saint-Germain 223 francs d'or et 4 sols (mai 1372). Ces relations d'affaires se renouvelèrent en 1672 et en 1718 et ne furent pas toujours exemptes de ditlicuhés.
Le monastère des Cordeliers de Paris donna asile à des hommes célèbres, comme Alexandre de Halés (1245), saint Bonaventure (125o), Nicolas de Lyre, l'iiomme le plus savant de son siècle (1340i, Jean Scott (1308). Au moment de la révolution, il comptait 60 religieux dont la plupart demeurèrent fidèles à l'Église. Camille Desmoulins fonda dans ce couvent un club démagogi(|ue, et Marat y élal)lit une imprimerie dans les caves. De ses bâtiments claustraux, il ne reste plus (jue le réfectoire occupé aujounUini ]i;ir la clinique de l'école de médecine et le musée Dupuytren.
i CocHERis. JIl, 3-20. FÉHET, La faculté de théologie de Paris, 1. 17.S-1?<1 ; IJ, 275-401.
II. — COLLÈGE Di; TRÉSOUIEK OL DES BONS ENTANTS, lU E DE LA HAHl'E '.
Guillaume de Saona, trésorier de l'église de Notre-Dame de Rouen, fonda Tan 1229, rue de la Harpe, un collège pour 24 écoliers, 12 grands et 12 petits.
ni. — (;ollé(;e des i'uémontuks, ule HAt'TEFEriLLE (12o2) ■-'.
Jean, abbé général des Prémonlrés, voulut établir un collège à Paris, pour l'instruction de ses jeunes religieux. Il acquit, dans ce but, en 16o2, une maison, sise rue Hautelèuille et cbargée de cens envers l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Par des lettres patentes du mois de juillet 1617, Louis XIII ordonna à tous les abbés de l'ordre d'envoyer dans cette maison un ou plusieurs religieux, pour qu'ils pussent s'y former par des études sérieuses. Le Parlement de Paris avait le soin de fixer leur nombre et de déterminer la pension qu'on devait leur fournir. Le 26 février 1790, Antoine Daniel de la Croix, prieur du collège des Prémontrés, déclara que ce collège était composé de 9 chanoines réguliers, 8 prêtres et un sous-diacre.