‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 2)Chapitre 60 sur 85 · VILLEJUIF · texte numérisé non relu

VILLEJUIF

Dans cette localité des environs de Paris, (jui est désignée dans les anciens docnnKMits sons différentes dénominations, villa Judeonoti, villa Judea, villa Jullitœ, villa Gesedès, Villegie, Villegui^, l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés possédait une certaine étendue de territoire avec plusieurs droits seigneuriaux, censives féodales et juridiction. Cette dépendance se trouve mentionnée et confirmée dans la bulle concédée à l'abbaye par le Pape Alexandre III.

Le cartulaire du xnr' siècle nous a conservé une charte de l'otïicial de Paris attestant qu'en sa présence, Gila, prieuresse de la Saussaye (de Saliceia), Hersende de Vitry et Aveline de Lohans, sceurs du même monastère, avaient vendu à l'abbé et au couvent de Saint- Germain-dcs-Piés, p(Xir la somme de 110 sols parisis, la redevance annuelle d'un iiiuiti tir \ in rt de 2 sols qu'elles percevaient sur la terre de l'abbaye à Villejuif '.

Lors de la constitution des menses de Saint-Germain, le domaine de Villejuif avait été attribué à l'aumônier. Le dénombrement des biens de l'abbaye de 1384 porte, à l'article de l'aumônerie, cette mention; « Item a ledit aumônier à Villejuye, cens, rentes, dismes et « droictures (jui puent valoir par an douze livres ^. «

Voici l'évaluation plus détaillée des revenus et de la nature de ce domaine dans un dénombrement fait au commencement du xvi*" siècle (lo21) : « Au village de Villejuif avons droit de prendre part chacun an » 4 livres parisis sur 80 arpents de terre en mouvance — 4 livres » de rentes foncières et droictures sur 30 arpents de terre — <i livres » de rentes sur o ou 6 maisons — droit de champart à la douzième » gerbe sur 40 arpents, ce qui peut valoir un septier par an — moyenne » et basse justice, maire, greffier, procureur fiscal, sergent, geôlier, « prison et auditoire pour l'exercice de la dite justice — lods, ventes, » saisines et amendes, pouvant valoir 40 sols par an ^. »

Le domaine de Villejuif fut compris parmi ceux dont les religieux demandèrent et obtinrent l'aliénation pour réparer les désastres des

1 Arch. naL LL. 10-2.5, p. 208.

2 Id. L. 760 n" 29.

— lo3 —

guerres religieuses du wi" siècle. Le 1" avril lo97, ils le cédaient à messire Jérôme de Bragelongues, correcteur en la chambre des comptes de Paris « pour cent escus d'or au soleil et quatre voyes de » gros bois que l'acquéreur s'engageait à faire porter dans les bàti- » ments de l'abbave ^ »

Page 1