‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 3)Chapitre 131 sur 261 · Pinard · texte numérisé non relu

Pinard

de la dédicace de cette église, le premier dimanche d’août. Guy de Montmirail, évêque in partibus de Mégare, l’avait bénite le 3 du même mois, 1 533. Cette cérémonie s’accomplit de nouveau en 1589. Souillée par une effusion criminelle de sang, Etienne de Lusignan, évêque de Lesmos, dut la réconcilier.

L’église actuelle de Villeneuve-Saint-Georges date du milieu du XIIe siècle. Le chœur et ses bas-côtés, le sanctuaire ainsi que les deux chapelles latérales s’élevèrent d’un seul jet. Ces parties seules composaient l’église de ce temps. Il ne reste plus de cette première construction que les massifs piliers du chœur. Sur le portail, qui remonte à la même époque, se voyaient deux écussons, représentant, l’un, l’écu de France, et l’autre, les armes du seigneur abbé. La tour ou le clocher paraît être la partie la plus ancienne du monument. Suivant l’abbé Martin, il serait antérieur au XIe siècle. A l’intérieur de l’église on comptait plusieurs chapelles. Celle de la sainte Vierge était, moyennant redevance, la propriété temporaire du château de Beauregard. La chapelle de Sainte-Geneviève appartenait au même titre au fief de Belle- Place.

En vendant cette propriété à Philippe Morand, conseiller du roi, Dame Catherine d’Aguesseau, veuve du comte de Tavanne, lui céda aussi un banc dans l’église, pour entendre le service divin, à la condition qu’il payerait annuellement une redevance de 75 livres (26 décembre 1719)1.

C’est dans la chapelle Saint-Jean, détruite au commencement du siècle, que fut inhumé auprès de son épouse, Geneviève Marcadet, Jean Bachelier, écuyer, juge et conseil en la ville de Paris, où il était décédé en 1688. 11 avait fondé à Villeneuve-Saint-Georges une messe quotidienne pour le repos de son âme et celle de sa compagne, ainsi qu’un maître pour instruire les garçons de la paroisse, et deux Sœurs de Charité pour soigner les malades. Ces fondations ont disparu à la Révolution.

La quatrième chapelle était celle de Saint-lloch, qu’on appelait la chapelle de monsieur le curé, parce qu’il y faisait le catéchisme et y avait établi son confessionnal.

i. Arch. nat. S. 29^2.

Parmi les personnages illustres qui vinrent s’agenouiller clans l’église de Villeneuve-Saint-Georges, nous voyons au premier rang le roi saint Louis, en septembre 1244, puis Philippe le Bel, 1 4 janvier i3o2, Philippe de Valois, 5 février i336, Louis XIII, 19 octobre 1609.

Des quatre cloches qui carillonnaient aux jours de fêtes, une seule fut épargnée par les révolutionnaires ; les autres furent fondues pour faire des canons1.

En 1220, l’archidiacre commanda au curé de Villeneuve de laisser toute liberté au prévôt d’entrer à l’église par la porte qui donne accès sur le jardin de ce dernier. Il est formel et menace de la peine d’excommunication, en cas de refus : « Volumus, dit-il, quod prepositus de Villanova S. Georgii per unum hostium in ecclesia situm, ut clicitur, ab antiquo, ex parte sui orti aperiens, tempore quo divina in vestra celebrantur ecclesia, tocies quoscies et horis singulis propter devotionem liberum ingressum habeat et egressum, non obstantibus quibuscumque litteris a matriculariis... in contrarium impetratis2. »

Il y avait un hôpital à Villeneuve-Saint-Georges. Simon Bourrelier l’avait fondé, le 25 juillet 1 458, pour y recevoir les voyageurs et les pauvres. Guillaume VI, évêcjue de Paris, décida que l’abbé de Saint- Germain pourrait choisir et présenter le prêtre pour desservir le sanctuaire qui y était annexé, mais, lui, se réservait de l’agréer3. M. Martin nous apprend que l’ecclésiastique nommé à ce poste devait, en plus de son office, faire l’école des garçons. La chapelle de l’hospice de Villeneuve ne jouissait pas sans doute de revenus considérables, car elle fut rayée du nombre des bénéfices par lettres patentes, enregistrée, le 3o décembre 1670. Elle était dédiée à saint Simon et à saint Jude, et ne fut entièrement démolie qu’en 1 845. Des oratoires particuliers furent accordés à plusieurs personnes pieuses et ornèrent de nobles demeures telles que Grandmange et le fief de Belleplace.

En terminant, faisons remarquer qu’Adrien Bourdoise établit à Villeneuve-Saint-Georges, vers i65o, un séminaire de prêtres de Saint- Nicolas. Le bâtiment qui subsiste encore aujourd’hui et conserve son nom devint la propriété de l’abbaye après la mort du fondateur.

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