HAUT-GAGNY
Irminon nous dit dans son Polyptyque1 * que Saint-Germain-des-Prés avait jadis dans ce lieu d’importantes richesses. 11 y possédait 48 bonniers ou 480 arpents de terres labourables, où l’on pouvait semer 192 muids de blé, 00 arpents de vigne, où l’on récoltait 4oo muids de vin, une forêt de deux lieues de tour où l’on pouvait nourrir i5o porcs, 14 arpents de pré qui produisaient chaque année 3o charretées de foin. Que devinrent ces biens? Nous ne saurions le dire. Il faut croire qu’à la suite d’événements calamiteux, ils se trouvèrent très diminués.
En effet, un document du 28 janvier iG3o nous parle du fief de Gagnv, au territoire de Santeny et Boissy-Saint-Léger, proche de Valenton et Villeneuve-Saint-Georges. Il comprenait 100 arpents de terre ou environ situés aux lieux dits : le dessus de Gagny, le chemin du Tartre, la Bonde, la Fontaine, la Foy aux peureux, le clos Dauzan. Comme il dépendait de la mense conventuelle, les religieux de Saint- Germain le cédèrent à Louis Guibert, sieur de Bussy-Saint-Georges, maître de ses comptes, moyennant la rente annuelle de 12 livres et à la charge de rendre foi, hommage et autres devoirs féodaux4. Le 24 septembre 1710, ce fief passa aux mains de Nicolas Tlaudebert du Buisson, seigneur de Brévannes et de la Tour Mesly, conseiller d’Etat. Celui-ci le transmit à sa mort (9 février 1718) à monseigneur Henry-Augustin Lepilleur, évêque de Saintes, qu’il avait constitué son légataire 3.
La déclaration de 1790 est ainsi conçue : « Douze livres de rente féodale sur le fief du haut de Gagny, mouvant de la dite abbaye de Saint-Germains-des-Prés et possédé par M. le Pilleur de Brévanne, foi et hommage du 2O avril 1730. Nota. Ce fief s’étend sur environ 5o et quelques arpents et n’a point produit de mutations depuis plus de Go ans*. »