Id. LL. 1087, p
Un acte du 8 novembre 1 543 nous apprend que le curé de Crosnes affermait les revenus de son église à Jean Dubusc. Ce prêtre devait desservir la paroisse, célébrer le service divin et payer au titulaire 8o livres par an et un muid et demi de vin1. L’église de Crosnes est un édifice du XIIIe siècle. Cependant sa dédicace n’a été faite qu’en 1609. On y écrivit alors sur l’un des piliers cette inscription qui a été détruite à la Révolution : « Bonnes gens, plaise vous sçavoir que l’église de Notre-Dame de Crosne fut dédiée le premier dimanche de juillet 1609, par Révérend Père en Dieu, Frère Jehan Nervet, Evesque de Magarence, prieur de Sainte-Catherine du Vau des Ecoliers. •> Ce prélat, originaire de Villeneuve-le-Roi, voulut être inhumé dans ce modeste sanctuaire2 3 4.
Il n’est pas nécessaire de rappeler ici que les habitants de Crosnes furent affranchis en 1248 et que Jacqueline, dame d’Ermenonville et de Crosnes, accorda aux religieux de Saint-Germain-des-Prés tout droit sur l’Yerres depuis Villeneuve-Saint-Georges jusqu’au moulin qu’ils possédaient sur cette rivière. C’est Florimond Brulard, seigneur de Crosnes, qui consentit à rendre aux religieux les biens qu’ils avaient aliénés (23 mai i643)s. Un de ses prédécesseurs, Gilles Brulart, obtint de faire célébrer la messe dans son château. C’est sans doute chez lui que s’arrêta Louis XIII, que nous voyons à Crosnes les 3o avril 1 633, 1 5 juinct 2 décembre i636*. On raconte qu’un membre de cette honorable famille, procureur au Parlement, brûlait d’un véritable zèle pour les intérêts de la religion. Il vivait à la fin du XVIe siècle et portait aussi le titre de seigneur de Crosnes. Lorsqu’il rencontrait dans les rues de la capitale des évêques en carrosse, il les faisait arrêter pour leur demander quelles affaires les y retenaient. Si c’était un procès, il leur répondait : « Retournez dans votre diocèse, je le ferai terminer. « Boileau était originaire de Crosnes et dut visiter assez fréquemment l’église du village5.
Si la déclaration de 1790 ne mentionne pas les droits des religieux de Saint-Germain-des-Prés à Crosnes, c’est qu’ils ont été compris sans doute dans le dénombrement qu’ils donnèrent pour les localités voisines : Valenton, Villeneuve-Saint-Georges, etc...