‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 3)Chapitre 226 sur 261 · Polyptyque, 1 ” partie, p · texte numérisé non relu

Polyptyque, 1 ” partie, p

tony et n’appartenait pas aux religieux. Ces mesures de défense donnèrent naissance à la suite à d’interminables et passionnés démêlés à propos de Yavouerie ou de la viguerie d’Antony dont nous allons avoir l’occasion de parler. Au milieu des dangers et des convulsions de la période tourmentée qui venait de se terminer, avait surgi un nouveau rouage dans la hiérarchie militaire, judiciaire et féodale du pays. C’étaient les avoués (aclvocati) ou les viguiers ( vicarii ou viarii), barons que les monastères choisissaient pour défendre leurs droits et leurs biens contre les attaques violentes de la force ou les entreprises frauduleuses de la patrocine, ou bien à qui les rois et les chefs militaires de la contrée déléguaient une partie de leur autorité pour la défense de certaine portion déterminée de leur territoire et la sécurité des routes. Peur leur donner les moyens de s'acquitter de leur mission et payer les services qu’ils réclamaient de leur dévouement, les seigneurs ecclésiastiques, comme les représentants de l’autorité royale, cédaient à ces avoués et à ces viguiers des privilèges, des droits de lever sur les populations des subsides, qui étaient motivés au moment du péril par les services rendus, mais qui, quand le calme avait succédé à la tempête, n’avaient plus de raison d’être. Pourtant, bien rares furent les barons qui consentirent à renoncer de leur plein gré à ces exactions ou mauvaises coutumes, comme on les désignait alors. Le plus souvent ils considéraient comme faisant partie de leur patrimoine ces charges, qui ne répondaient plus à la réalité, et les revenus et seigneuries, qui en étaient la conséquence, et refusaient de s’en dessaisir au profit des seigneurs légitimes. Quand ces derniers ne jouissaient pas d'un crédit suffisant, ils renonçaient, au bout d’un certain nombre de tentatives, à des revendications qu’ils ne pouvaient faire réussir et cessaient de protester contre des usurpations qu’ils se sentaient impuissants à réprimer. Si, au contraire, les seigneurs primitifs étaient assez puissants, ils réclamaient le maintien de leurs droits auprès des juridictions supérieures, soit ecclésiastiques soit royales, et obtenaient ordinairement la suppression de ces mauvaises coutumes. Ces litiges, que nous voyons se reproduire sur bien des points à cette époque, jouent un rôle important dans l’histoire de la prévôté d’Antony ; c’est pourquoi nous avons dû placer ici ces quelques indications générales.

Grâce du reste aux moyens de défense employés, Antony échappa aux désastres ou du moins se releva de ceux quelle avait subis. Au

XIe siècle, quand des documents viennent nous donner quelques lumières sur le passé de celte dépendance de Saint-Germain, nous trouvons, non seulement Antony groupant ses maisons autour du château des moines et de la Tour d’Argent, mais encore de nouvelles localités qui avaient surgi pendant cette période sur le territoire monastique, et qui, par l’accroissement de la population et le défrichement de la forêt, augmentaient considérablement l’importance et la richesse de ce membre de l’abbaye.

C’est dans la charte que le roi Robert accorda, en 1027, à l’abbé Guillaume pour condamner et réprimer les exactions et mauvaises coutumes, qu’exigeait des vassaux de l’abbaye un avoué de Saint-Germain, nommé Pipinel Guérin, que nous trouvons la nomenclature des dépendances d’Antony à cette époque : In Roricurte, Villa Osii (Wissous), Villa Grès (moulin de Grès), Villa Malaes (Massy), Villa Vedrarias (Verrières), Villa Calez (Châtenay [?]), Villa Relonis (Villaines). Certaines de ces dépendances furent érigées dans la suite en seigneuries distinctes et indépendantes de l’abbaye. La diminution du domaine de Saint-Germain qui se produisit ainsi fut-elle la conséquence d’aliénations consenties par les religieux ou d’usurpations faites contre leurs droits? C’est ce que nous ne pouvons conclure des documents. Nous trouvons seulement, au XIIe siècle, les abbés en lutte avec les seigneurs de Massy pour leurs droits réciproques sur certaines parties du territoire et recourant à la justice royale pour mettre une barrière aux empiétements et aux prétentions de leurs turbulents voisins. Nous reviendrons sur tous ces démêlés, en traitant de la seigneurie temporelle de l’abbaye à Antony et dans ses dépendances.

Peu à peu la bonne entente se rétablit entre ces compétiteurs, et nous voyons, en 1169, Louis VII confirmer la cession faite par Jean de Massy, dont la famille avait été l’adversaire irréconciliable des religieux, à Hugues, abbé de Saint-Germain-des-Prés, de tous les droits qu’il prétendait avoir sur les bois d’Antony1.

Après avoir assuré ses droits sur le territoire d’Anlony, l’abbé Hugues fit son testament et ordonna qu’on prît sur les terres, qu’il y avait acquises au profit de l’abbaye, la dépense du repas de la communauté de Saint-Germain, le jour anniversaire de sa mort2.

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