Id. LL
MONTCHÀUYET
Montchauvet est un modeste hameau de Seine-et-Oise, dans le canton de Houdan, arrondissement de Mantes. Les religieux de Saint-Germain-des-Prés y avaient quelques possessions, dès l’an 1 1 33. Nous lisons, en effet, dans l’histoire de ce monastère que l’abhé Hugue céda, vers cette époque, au roi Louis VI, dit le Gros, et à Amaury de Montfort deux fonds de terre, le premier destiné à la construction d’un château, et le second, affecté à un autre usage1. Après s’ètre réservé la jouissance de deux moulins et d’un étang qui lui appartenaient2, la dime de tous les fruits que pouvaient produire les terrains concédés, il stipula que les deux concessionnaires ou leurs successeurs payeraient annuellement à la communauté chacun 5 sols de rente, au jour de la Saint-Remy3.
Les divers dénombrements que nous avons sous les yeux nous fixent sur l’importance du domaine que les Bénédictins avaient à Montchauvet. Cette seigneurie comprenait :
i° Un hôtel contenant deux travées avec cour, jardin, étables et appartenances, près le chastel.
2° Trois quartiers de pré, sis à la Fosse au prieur.
1. En acquérant ce coin de terre d’une notable altitude, le monarque voulait compléter la ligne de fortifications du domaine royal formée par les forteresses de Montfort, Houdan et Anet. Le château fort qu’on y éleva pouvait contenir de 12 à i5oo hommes. On voit encore aujourd’hui en ce lieu les ruines d’un donjon assez remarquable. La tradition rapporte que quatre portes donnaient accès à la forteresse de Montchauvet. L’une, située à l’ouest, était connue sons le nom de porte de Bretagne. Elle existe encore en partie.
En i3i8, le roi de France, Philippe V, dit le Long, donna les 4 châtellenies d’Anet, Bréval, Montchauvet et Nogent-le-Roi à Louis, comte d’Evreux. Plus tard, en i34o, Charles le Mauvais, roi de Navarre et comte d’Evreux, les posséda, mais Charles V, qu’il avait voulu empoisonner, les lui enleva. La# famille de Brezé jouit de ces châtellenies depuis 1 444 jusqu’à i55o, époque où Diane de Poitiers en fut gratifiée (LL. ii46, p. 6G1).