Bib. nat. ms. fr. 1G857, p. 5o
La chapelle de Notre-Dame-la-Désirée était fort modeste. Construite en tuiles, elle portait dans ses vitraux l’image de la sainte Vierge et les armes des seigneurs de Saint-Martin. L'autel, somptueusement orné par de pieuses libéralités, contrastait avec le dénùment du rustique abri qui servait d’asile. Pour charmer ses loisirs, le chapelain avait à sa disposition une bibliothèque composée d’une quarantaine de volumes. Tous ces livres étaient écrits en latin, sauf le trésor des langues française et espagnole '.
Déclaration du 27 février 17901 2 :
« Le domaine de la chapelle de Notre-Dame-la-Désirée fait partie de « la mense conventuelle. Il compte en ladite chapelle un bâtiment et « jardin pour le chapelain amovible, nommé par les religieux de « l’abbaye de Sainl-Germain-des-Prés. Il comprend une place plantée « d’ormes, environ 6 arp. 3/4, tant de terres labourables que prés, et « quelques petites rentes de fondation données à vie à monsieur Ro- « chon, de l’Académie des Sciences, prieur du prieuré de Saint- « Marlin-la-Garenne, par acte passé devant Péant de Saint-Gilles, « notaire à Paris, le 9 mai 1789, à la charge de la desserte de la dite « chapelle et des entretiens et réparations desdits bâtiments.
« Nota. — L’on n’a rien retiré de cette chapelle depuis un temps « immémorial. L’entretien et les réparations des bâtiments ont été « un surcroît de charges sans profit. »
En 1790, les cloches furent descendues du clocher de Notre-Damela-Désirée, malgré les protestations de monsieur Ilache, chapelain, et l’indignation des habitants. Les biens, qui formaient la dotation du sanctuaire et qui se composaient de 7 arpents 2G perches, furent vendus et adjugés pour la somme de 10675 livres.
Nous ferons observer que le registre de la vente des biens nationaux porte que 6 arpents 90 perches de terres dépendant de Notre- Dame-la-Désirée furent vendus 4975 livres, le 17 janvier et le i3 avril 1791. (Voir, district de Mantes, nos 3 et 92.)
La statue de la Vierge fut cachée dans la fontaine avoisinant la chapelle. Après la Révolution, elle fut portée à Saint-Martin-la- Garenne, où elle orne actuellement l’un des autels de l’église.