RUE DU VIEUX-COLOMBIER
Madeleine Martin, en religion, sœur Marie de la Sainte-Trinité,
1 COCHERIS, III, 256. Félibien, U99. Arch. nat. L, 772.
2 Ibid., III, 260. Sauval, I, 205.
3 A) ch. nat. L. 772; LL. 1 140. Piganiol de la FORCE, Description historique de la mile de Parts. Vil, 556-62. Félibien, 1448. Cocheris, J II, 203. Bouillard 244. Sauval, I, 491.
avait fondé à Aix une congrégation sous le titre de Notre-Dame de la Miséricorde, avec la règle de Saint- Augustin. On y recevait les jeunes personnes du monde sans fortune et incapables de fournir une dot. Appelée à Paris, cette vénérable femme s’y rendit avec trois de ses filles et, le 3 novembre 1649, elle s’établit provisoirement dans une maison de la rue de Mézières. Dom Placide Roussel bénit cette résidence et procéda à cette première installation. Le 14 octobre 4651, les religieuses de Notre-Dame de la Miséricorde changèrent de domicile et prirent possession d’un immeuble qu’elles avaient acheté dans la rue Cassette. Après y avoir séjourné quelques années, elles se fixèrent rue du Vieux-Colombier. Elles construisirent une chapelle, dont la reine-mère posa la première pierre, le 22 juillet 1662.
Dom Gaspard Martinet, sous-prieur de Saint-Germain, était visiteur. Il demanda, le 10 décembre 1657, que le compte général des dépenses et recettes fût rendu à la fin de l’année, devant la communauté réunie en chapitre, et lui fût présenté l’année suivante. Quelques documents mentionnent des opérations financières peu avantageuses. D’après un état du temporel, les religieuses de Notre-Dame de la Miséricorde devaient, le 15 mai 1667, 142000 livres, pour des acquisitions qu’elles avaient faites, et une rente annuelle de 1 650 livres à Monseigneur de Metz, abbé de Saint-Germain-des-Prés, pour droits d’indemnités. Par contre, elles possédaient une valeur de 448500 livres.
Un procès-verbal de visite canonique, faite le 10 décembre 1681, contient ces avis :
Toutes les religieuses se présenteront devant le confesseur extraordinaire. On ne remarquera point le temps que chacune passe à sa confession. On ne souffrira point qu’on apporte aux malades de l’exté: rieur quelque bouillon ou d’autres aliments.
A l’époque de la révolution, les Augustines de la Miséricorde étaient 20 religieuses et 10 converses. Leurs revenus montaient à 11.397 livres 5 sous et les charges à 6.910 livres 15 sous. Le monastère, devenu propriété nationale, fut vendu, le 26 juillet 1796. Les bâtiments furent habités par des particuliers jusqu’au jour où le corps des sapeurspompiers vint les occuper. L’ancienne chapelle est devenue salle de classe.