DITES DE MADEMOISELLE COSSART (1658) L
Mademoiselle Cossart fonda, le 31 août 1658, une communauté pour des filles séculières qui, ne pouvant être religieuses, faute de dote ou de vocation, désiraient cependant servir Dieu, séparées du commerce des hommes. Elle légua à cette œuvre les ressources dont elle disposait et ces revenus devaient limiter le nombre des admissions. Il fut convenu qu’elle gouvernerait l’établissement jusqu’à sa mort. Après elle, l’élection de la supérieure se ferait par le sort et serait confiée à l’Esprit-Saint. Les filles de Mademoiselle Cossart récitaient tous les jours le rosaire, l’ofiice de la Sainte Vierge, du Saint-Esprit, faisaient quarante-cinq minutes d’adoration, enseignaient le matin et le soir et entendaient la messe à dix heures.
Quelques-unes allaient visiter les pauvres, même à la campagne pendant l’été, et cherchaient à réconcilier les ennemis. Leurs constitutions interprétaient la règle de saint Benoît. Elles recevaient comme pensionnaires des infirmes. L’institut de Mademoiselle Cossart se trouvait dans un endroit désert et dangereux, derrière le Luxembourg. Le prieur de Saint-Germain, Dom Ignace Philibert, lui commanda, le 9 décembre 1665, de se choisir une demeure plus avancée dans le faubourg et d’accepter la direction du curé de Saint-Sulpice. En cas de désobéissance, il menaçait de priver son couvent du bienfait de la messe. Pour éluder cet ordre, Mademoiselle Cossart demanda et obtint d’établir à côté de sa maison une chapelle publique dédiée au Saint-Esprit, oü les fidèles trop éloignés de l’église pourraient entendre la messe. Le curé de Saint-Sulpice protesta en vain qu’on portait ainsi atteinte aux plus graves intérêts de sa paroisse et qu’on permettait à Mademoiselle Cossart d’échapper à sa direction, en prenant comme directeur son chapelain.
Un incident malheureux fit intervenir le prieur de Saint-Germain,
1 COCHERIS, III, 142. Arch. nat. L. 770.
l)om Arnoul de Loo, le 28 septembre 1090. Une femme pensionnaire chez Mademoiselle Cossart s’ouvrit le ventre, non pour se donner la mort, comme elle l’avoua, mais pour causer de la peine à ses gardiennes. Le Bénédictin défendit de recevoir à l’avenir les personnes dont les idées seraient troublées. Cet établissement fut supprimé, et un avis du 18 janvier 1707 unit ses biens à l’hôpital général. La maison fut acquise, le 16 octobre 1722, par les frères des écoles chrétiennes.