‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 46 sur 121 · J. — LES CORDELIERS · texte numérisé non relu

J. — LES CORDELIERS

Les Cordeliers vinrent à Paris vers 1216. L’abbé de Saint-Germaindes-Prés leur permit, en 1230, de se fixer sur son territoire, mais il se réserva la justice temporelle sur les lieux qu’ils occupaient. Saint Louis favorisa ces religieux; c’est à sa requête que la communauté des Bénédictins leur accorda, en 1234, un grand corps de logis pour 100 sols de rente qu’elle devait au roi, somme tenant lieu d’un droit de pêche en la rivière de Seine, que le pieux monarque avait, pendant 3 jours, à sa convenance. Les fils de saint François, à qui on avait d’abord refusé le privilège d’avoir un cimetière, une chapelle et des cloches, finirent par obtenir cette faveur en 1240. A la même époque, après avoir acquis deux pièces de terre en la censive de l’abbaye, ils promirent de ne pas s’y étendre davantage. Une clause du contrat stipulait qu’ils ne pourraient ouvrir le mur sur le chemin de la ville au monastère de Saint-Germain qu’en cas de nécessité, et ils s’engageaient à le refermer incontinent et à leurs dépens. Gette ouverture pratiquée dans la muraille abrégeait apparemment la route pour se rendre à leurs propriétés.

Les Cordeliers possédaient deux maisons, rues de la Harpe et Saint-Cosme, grevées d’une rente de 12 livres 8 sols. Des bienfaiteurs les déchargèrent de cette dette, en payant à l’abbaye de Saint-Germain 223 francs d’or et 4 sols (mai 1372). Ges relations d’affaires se renouvelèrent en 1672 et en 1718 et ne furent pas toujours exemptes de difficultés.

Le monastère des Cordeliers de Paris donna asile à des hommes célèbres, comme Alexandre de Halés (1243), saint Bonaventure (1253), Nicolas de Lyre, l’homme le plus savant de son siècle (1340), Jean Scott (1308). Au moment de la révolution, il comptait 60 religieux dont la plupart demeurèrent fidèles à l’Église. Camille Desmoulins fonda dans ce couvent un club démagogique, et Marat y établit une imprimerie dans les caves. De ses bâtiments claustraux, il ne reste plus que le réfectoire occupé aujourd’hui par la clinique de l’école de médecine et le musée Dupuytren.

1 Cocheris, III, 320. F lin ET, La faculté de théologie de Paris, I, 17N-1NI ; II, 275-401.

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