‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 79 sur 121 · hôtes (mai · texte numérisé non relu

hôtes (mai

Quelques mois plus tôt (mars 1324), Simon de Mortagne et Jean Àlloil, clercs et écoliers à Paris, avaient cédé aux religieux de Saint- Germain, pour la somme de 35 livres parisis, 7 quartiers de pré et les 2/3 d’un arpent de vigne, biens qui leur venaient de l’héritage de Simon de Villeroi 3.

Le 13 janvier 1325, Pierre, sire de Morainvilliers, abandonna aux Bénédictins, moyennant 550 livres, les héritages qui lui étaient échus à la mort de son père.

Us se composaient :

1. D’une maison, de jardins, de deux colombiers, d’un pressoir et autres appartenances.

2. De 14 livres de rentes et menus cens sur plusieurs immeubles et hortises.

3. De 24 arpents de terres, prés et vignes, le tout situé à Issy, dans la censive des religieux de Saint-Germain 4.

1 A rch. nat. LL. 1071, p. 83. LL. 1070, p. 10.

2 Id. L. 780. LL. 1071, p. 81-82.

3 Id. L. 780.

4 Id. L. 780. LL. 1071, p. 87.

En 1326, Pierre Puet, Gnyot de Vaugrigneuse et leurs épouses, avec demoiselle Jelianne Guyot, abandonnèrent au monastère de Saint-Germain, pour la somme 110 livres, 22 arpents de terre, 5 arpents de pré, une grange dîmeresse et une dîme de blé et de vin, à Issy , Vaugirard, Meudon et Vanves G

Les religieux de Saint-Germain achetèrent, le 9 février 1330, pour le prix de 60 livres, un petit fief qui provenait de Thomas de Vitry et comprenait des terres, prés, vignes et dîmes

Pierre, seigneur de Chastres, écuyer, et demoiselle Marguerite de Champagne, sa femme, vendirent aux Bénédictins la dixième partie de la grande et petite dîme de blé et de vin, et quelques cens qu’ils avaient à Issy et Vaugirard. Simon de Florence fournit le prix de l’acquisition, qui s’élevait à 80 livres. Les religieux reconnaissants s’engagèrent à lui payer pendant sa vie une rente annuelle de 10 livres et à célébrer à perpétuité un anniversaire pour le repos de son âme. Après la mort de Simon de Florence, la rente de 10 livres devait être partagée entre l’abbé et la communauté (fête de saint Vincent, 1333)1 2 3.

Guillaume Villeflain et sa femme cédèrent aux religieux de Saint- Germain plusieurs héritages à Montreuil près Versailles, en échange de 10 livres de rente qu’ils leur devaient pour des maisons à Paris et à Vaugirard (3 avril 1380) 4.

Le dénombrement de 1384 nous donne sur Issy et Vaugirard les renseignements qui suivent « Item, en la ville d’Issy, deux maisons, dont l’une ne rend rien à ladite église, les deux parts de la haulte, moyenne et basse justice, v arpens de vignes, qui puent valoir c solz; item, de cens et rentes paiés à plusieurs jours, environ lx livres parisis; item, la disme de grains dudit Issy et Valgirart, le gros du curé palet, puet valoir par an, montant et avalant, environ deux muys et demy; item, en la dite ville d’Issi trois pressouers banniers et en la ville de Valgirart deux (pii sont loués, et les dismes avec les prainctes, environ ijcL livres, montant et avalant. Et sur ce, fault soustenir yceulx pressouers et maisons; item, la justice des deux villes puent valoir environ ... 5.

Nicolas Violé, échanson du roi et trésorier du comte de Dunois, abandonna aux Bénédictins 40 sols, qu’il pouvait prélever annuellement sur des vignes à Issy. Par contre, il demandait à .être déchargé

1 Arch. nat. LL. 1049, p. 15. LL. 1070, p. 13.

2 Id. LL. 1049, p. 15. LL. 1070, p. 13.

3 Id. LL. 1145, p. 150. L. 1049, p. 10.

4 Id. LL. 1049, p. 40.

5 Dcm du Bourg, L'abbaye de Saint-Germain au XIVe siècle , 25.

d’une rente de 40 sols qu’il payait au trésorier de Saint-Germain-des- Prés,pour une maison située à Paris en face de l’hôtel de Rouen (1477) L

Le 8 octobre 1608, l’abbé de Saint-Germain délaissa à sa communauté un clos de vigne à Issy 1 2.

Le 28 septembre 1637, le Supérieur Général de la congrégation de Saint-Maur autorisa les Bénédictins de Saint-Germain à accepter à rente viagère, au denier 10, une maison située à Paris, dans le quartier Saint-Paul. Il leur permit aussi d’acheter de demoiselle de la Haye le fief qu’elle possédait à Issy, pourvu que le prix ne dépassât pas 15000 livres 3 *.

Le 24 mai 1638, les Bénédictins achetèrent 4 arpents de terre pour agrandir et embellir leur clos. Comme ils n’avaient pas l’argent nécessaire pour payer cette acquisition, le sieur Beaussan leur prêta 800 livres. Pour le récompenser, les religieux lui cédèrent les deux tiers d’un arpent de terre, pour que lui-même pût régulariser son clos K

Madame la maréchale de Guesbriand échangea avec les religieux de Saint-Germain 5 arpents et quartier et demi de terre qu’elle avait achetés à Issy (13 novembre 1655) 5 6 7 8.

Les Bénédictins de Saint-Germain firent, le 14 janvier 1658, l’acquisition de 2 arpents de pré à Issy, pour la somme de 1000 livres. Cet argent provenait de la vente de Meudon B.

Le roi Louis XIV voulait édifier un hôtel pour procurer un asile aux vieux soldats infirmes. Afin de pouvoir réaliser son projet, il acheta des religieux de Saint-Germain 42 arpents de terre, au lieu dit les graviers, moyennant 6500 livres. En outre, les vendeurs se réservaient d’exiger à l’avenir les cens ordinaires pour cette propriété (14 mars 1676) L

Le domaine d’Issy s’augmentait encore de plusieurs îles et atterrissements en la rivière de Seine, depuis le Javet jusqu’au ru de Sèvre. Nous voyons que cette rivière se bifurquait en certains endroits, puisque certains titres nous parlent du petit bras et du grand bras s.

2 C'hap. conv. Bib. nat. ms. fr. 10.849, p. 78.

3 Arch. nat. LL. 1050, p. 269.

* Id. LL. 1049, p. 50.

5 Id. LL. 1049, p. 51-52.

6 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16.856.

7 Arch. nat. LL. 1049, p. 64.

8 Id. LL. 1145, p. 192-93.

Le 2 janvier 1630, Mathias Maréchal, patron de l’église de Saint- Lambert-de-Vaugirard, déclara à l’abbé de Saint-Germain-des-Prés qu’il avait droit de gord et de pêche en la rivière de Seine, près l’île de Bussy, vis-à-vis le village d’Issy. Par contre, il devait payer de ce chef 5 sols de rente au monastère, 2 sols de cens et 20 sols de rente à l’abbé, pour un moulin qu’il avait établi sur bateaux et pilotis, en face d’Auteuil L

Le châtel de la seigneurie d’Issy et ses dépendances, avec les dîmes et les pressurages, étaient affermés 200 livres, le 28 août 16201 2.

Le moulin de la Tour ou le moulin à vent d’Issy, situé entre Clamart et Meudon, était affermé 400 livres, en 1731, avec 4 arpents de terre qui en dépendaient 3, le tout contenant 6 arpents, plus 46 arpents 1/2 de terres labourables, 6 arpents de près et toutes les dîmes, loué, le 11 janvier 1783, aux redevances et charges suivantes :

Première récolte en 1785.

Redevance annuelle,

Plus, en passant le dit bail, 600 livres, ce qui fait par an,

1 muid de seigle, à 18 livres le setier,

1 » d’orge, » » »

1/2 » d’avoine, à 15 » »

200 livres.

Charge de la dixme.

1° Entretien du chœur et du cancel.

2" Payement dü gros du curé.

Plus une queue de vin,

3° Payement des honoraires du vicaire,

4° Au Séminaire d’Orléans, à cause du prieuré de Notre-Dame-des-Champs, 1/2 muid de vin,

5° Aux religieuses du Val-de-Grâce,

200 livres.

1 Arch. nat. S. 2909.

2 Id. LL. 1058, p. 83.

3 Id. S. 2909.

Les religieux de Saint-Germain sont encore propriétaires de 14 à 15 arpents de terres labourables dépendant de la ferme d’Issy, formant anciennement le clos seigneurial de Vaugirard, qui ont été pris pour tirer des pierres pour la construction de l’école militaire, à la charge de l’indemnité, qui n’a pas encore été payée, et pour lesquels il leur est dû, en outre, un dédommagement pour plusieurs aimées de non jouissance, qu’ils ont été obligés de remettre au fermier de ce temps-là.

Ils possèdent aussi deux arpents et un quartier de vignes ou environ, au terroir d’Issy et estimés 50 livres l’arpent = 150 livres.

Le moulin à vent d’Issy avec le bâtiment, la cour et le jardin qui en dépendent, loués 150 livres.

Les Bénédictins donnaient au geôlier d’Issy 50 livres par an.

Un document, qui semble remonter à 1750, estime à 1593 arpents 87 perches la superficie des maisons, cours, jardins, terres labourables, prés et autres héritages, sis au territoire et dépendants de la seigneurie d’Issy, qui appartenaient à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Cette évaluation comprend aussi le domaine de Vaugirard U

La terre et seigneurie d’Issy et Vaugirard faisait partie de la mense conventuelle. Elle comprenait, comme l’indique la déclaration de 1790 :

1° Haute, moyenne et basse justice.

2° Cens, rentes, lods et ventes de la dite seigneurie, la mouvance du fief de Vaudétard, et du petit fief de 3 arpents, dit de la Gentillesse, montant année commune, d’après l’estimation des 10 dernières années, à 4000 livres.

3° La ferme seigneuriale d’Issy et de Vaugirard, consistant en bâtiments, cours et granges, auditoire et geôle.

1 A rch. nat. S. 2911.

.Issy.

Rues.

Grande rue basse.

de la Glaisière.

Bourtibourg.

des Noyers.

Carrouge Saint-Vincent.

de la Reine.

du Cimetière ou du Cloquet.

de Vaudétard ou ruelle

Carrefour d’en bas.

Cellier.

devant l’Église.

Saint-Vincent (plus loin) de

derrière l’Église.

Galette.

Chantiers ou lieux dits.

Basse Carrière.

Futereau.

Basse Kpinette.

Champourcy.

Garenjot.

Champ Cerizier.

le Bas Montalot.

Broche Pain.

la Fontaine aux Juifs.

les Pieds Cloches.

la Haute Épinette.

la Haye Damelle.

les Beau vois.

la Martelle.

les Bas Monts.

Montery.

Rubassin.

les Monts.

les Vallées.

Plante Marante.

les Hauts Monts.

l’Épinette.

les Fossés.

les Loges.

Brétigny.

Trou Renard.

la Martel le.

les Mauquartiers.

Longue Raye.

Grande de Saint-Germain.

Trou du Cœur.

l’Adjou.

la Haute Carrière.

Clos Munier.

les Hauts Tricots.

Clos Girard.

le Haut Buvier.

les Coutures.

le Bas Buvier.

les Sablons.

Pensard.

les Ouches.

Chaillou.

les Barres.

la Métairie.

les Citeaux.

le Buvier.

Pré des Coutances.

le Bas Chaillou.

les Ponceaux.

Champ Chardon, la Gachère.

les Petites Iles, les Berges, les Vannes, les Ouvrières.

Javet.

la Voye des Moulins.

Chemin du Grand Abreuvoir.

la Bertelotte.

les Varennes.

les Gaudelines.

la Groue.

Beaujard.

Champmoreau.

Pierre Plate, la Voye de Paris, les Garennes, la Barre.

Pré des Barres, le Pré de l’Orme b

» du Petit Abreuvoir.

Sous le Vivier, le Gazon, la Croix Nivert.

Fiefs d’Issy

Nous venons maintenant à parler des fiefs qui se trouvaient dans la mouvance de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, au territoire d’Issy. Nous n’avons point l’intention d’en esquisser l’histoire; nous voulons seulement en signaler l’importance. Saint-Magloire possédait des vignes et des hortises à Issy dès 980, nous affirme Dubreul 1 2. Ces biens, enclavés plus tard dans la censive des Bénédictins, lurent l’origine de la seigneurie des Maglorians, qui suscita tant de difficultés aux religieux de Saint-Germain-des-Prés. Le fief de Saint-Magloire à Issy porta plusieurs noms; mais celui de Vaudétard finit par s’identifier avec lui. En 1585 (11 décembre), il payait à l’abbé de Saint- Germain 120 livres pour droit de quint et de requint 3.

Les Bénédictins désiraient vivement acquérir cette propriété. Déjà l’archevêque de Paris, Messire de Harlay, leur avait abandonné son droit de relief sur le domaine de Saint-Magloire pour 12 livres de rente à prendre sur 100 arpents de terre à Issy (4 septembre 1672 4). Leur projet favori ne tarda pas à se réaliser. Le 25 mai 1675, Charles de la Haye leur vendit, pour la somme de 18000 livres, ce fief, dont le revenu annuel s’élevait à 600 livres. Il comprenait :

1 Arch. nat. S. 2911.

2 Théâtre des antiquités, p. 90.

3 Arch. nat. LL. 1050, p. 118.

4 Ckap. con. Bib. nat. ms. fr. 16.857, p. 74.

1° Un manoir seigneurial, rue de la Glaisière, composé de salles,, cuisine, caves, celliers, chambres, greniers, granges, estables, plaidoyers, prisons, cours, jardin clos de murs et autres lieux;

2° L’exercice de la justice haute, moyenne et basse, avec prévost, lieutenant et procureur;

3 Droits d’amendes, lods et ventes sur 20 maisons et 45 arpents de terre, 8 livres de menus cens. L’acquisition porte aussi achat d’un moulin bâti de pierres, appelé la tour d’Issy et sous lequel se trouve la source d’eau vive alimentant les fontaines du village, ainsi que de quatre arpents de terre qui l’environnent. Ceci nous prouve que la tentative faite pour l’acquérir en 1657 n’avait pas réussi. Les arrière-fiefs du Boisvert et de la Gentillesse passèrent bientôt de même au pouvoir des Bénédictins. Le 18 août 1678, Paul Désiré et dame veuve Lebrun les leur cédèrent pour la somme de 1500 livres. Les créanciers de Charles de la Haye, voyant ainsi disparaître le gage de leur créance à un prix qui leur semblait plus que modique, protestèrent et intentèrent un procès aux religieux de Saint-Germain. Mais ceux-ci eurent gain de cause devant le parlement qui rendit en leur faveur une sentence d’adjudication, 28 mars 1676 L

Le fief du Boisvert comprenait :

1° Maison, cour, jardin, sur la rue de la Glaisière;

2° 8 ou 10 arpents de terre.

3° L’exercice de la moyenne et basse justice, avec prévôt, droits d’amendes jusqu’à 60 sols;

4° Plusieurs belles censives et redevances sur environ 23 maisons et autres héritages, montant à la somme de 25 ou 30 livres 1 2.

Les Bénédictins se proposèrent de revendre une maison et un petit jardin appartenant au fief de Saint- Magloire. On leur en offrit 2200 livres, le 14 décembre 1682 3.

Le 28 février 1687, un sieur Picot s’engagea à payer, pour cet immeuble et une rente de 50 livres à Vaugirard, la somme de 400 livres et une rente annuelle de 150 livres 4.

En vendant tout ce qui appartenait à l’ancien fief de Saint-Magloire, la famille de la Haye n’abandonna pas la qualification seigneuriale de Vaudétard. Elle se réserva des biens particuliers, qui, situés dans

1 Chap. cm. Bib. nat. ms. fr. 1(5.850, p. 65. 16.857, p. 74, 91. Arck. nat. LL. 1049, p. 75. Gustave Leclerc, Fief Vaudétard.

2 Arch. nat. LL. 1049, p. 75. Chap. con. 16.857, p. 91.

3 Chap. con. 10.857, p. 176.

4 Arch. nat. LL. 1049, p. 83. Chap. con. 10.857, p. 227. •

la châtellenie d’Issy, devaient foi et hommage aux seigneurs du dit lieu, les religieux de Saint-Germain. Nicolas de la Haye, prêtre, docteur de la maison et faculté de Sorbonne, donne un dénombrement qui nous fait connaître le nouveau siège du fief. Il avoue posséder une maison, avec cour, jardin, droit de colombier, appelée le fief de Vaudétard; le tout, contenant un arpent et demi, est entouré de murailles et situé sur la rue Reine ou de Vaudétard. Les Bénédictins protestèrent contre ce dénombrement et surtout contre la rue de Vaudétard. Un arrêt du parlement rendit à cette rue l’ancien nom qu’elle portait (11 mars 1681).

Le nom de Vaudétard ne devait pas disparaître; il fut donné au chemin Champ-Cardin, rue privée, tracée sur le propre terrain des Vaudétard. Dubreul dit que le peuple, consultant plus ses oreilles que sa raison, barbarisa ce nom et appela cette rue, la rue du Veau Tétart. La demeure seigneuriale des Vaudétard, qui avait son entrée principale sur la grande rue, survécut aux orages de la révolution. Monseigneur de Bervanger, fondateur de l’œuvre de Saint-Nicolas, l’acheta en 1843; il y créa un orphelinat dirigé par les frères de la doctrine chrétienne. L’ensemble de la propriété avait une superficie de 8 arpents, 90 perches, 9 pieds L

Le fief de Villepreux relevait également du monastère de Saint- Germain-des-Prés. Nous en voyons, en effet, les possesseurs successifs, comme Raoul d’üurcamp (18 août 1384), et Raoul Aymeret, seigneur de Gazeau et de Veluyre (24 août 1318), présenter personnellement foi et hommage aux abbés de cette communauté bénédictine 1 2. Ce domaine comprenait :

1° un chalet avec un clos contenant 6 arpents et demi;

2° deux arpents de pré, sur la voie des Moulins;

3“ quatre pièces de pré aux petites îles et en l’île du moulin;

4° six pièces de vigne au lieu dit Longueraye et en divers lieux;

3° la dîme du blé (4 gerbes par arpent) et la dîme du vin (6 pintes par muid.) 3.

Lorsque Marguerite de Valois, première femme d’Henri IV. alla se retirer à Issy pour échapper à une terrible épidémie qui avait déjà fait des victimes parmi ses officiers, François de la Haye lui vendit le fief de Villepreux, pour la somme de 22.300 livres. La reine acquit du même seigneur et de plusieurs particuliers la propriété actuelle de Saint-

1 Gustave Leclerc.

2 Arck. nat. L. 780, LL. 1050, p. 73.

3 Id. LL. Ilia, p. 181.

Sulpice. Les Bénédictins lui avaient cédé, en 1606, 4 arpents de terre pour une rente annuelle de 40 livres, rachetée plus tard, au prix de 1254 livres.

Les droits de lods et de vente, fixés à un sol par livre, n’avaient pas été payés, lorsque la princesse mourut. Une sentence, rendue par le parlement, le 18 septembre 1615, décida que les religieux prélèveraient sur les biens de la défunte à Issy une somme d’environ 4000 livres, qui leur était due à divers titres L

Jean de Clioisy acheta le château de Villepreux, qui passa successivement aux mains de Bertrand de la Bazinière et du prince de Conti1 2.

La propriété actuelle de Saint-Sulpice, qui se composait d’une maison et d’un vaste enclos, fut vendue à Michel Sarrus, conseiller au parlement de Paris. Plus tard, elle fut acquise par monsieur Antoine de Sève, abbé de Notre-Dame de l’Isle en Barrois et aumônier du roi. Il était oncle de monsieur Louis Tronson et ami de monsieur Olier, qu’il se faisait un honneur de recevoir dans son agréable solitude. Avant de mourir, il céda dans des conditions, avantageuses son immeuble à l’abbé de Bretonvilliers, qui le laissa à la société de Saint- Sulpice 3. A la date du 15 septembre 1679, le registre des délibérations conventuelles de Saint-Germain porte que le vicaire perpétuel de Saint-Sulpice avait acheté une maison à Issy, évaluée à 2500 livres, et qu’il demandait à l’unir à la communauté du même nom, sous le nom de séminaire. Il s’agit sans doute de l’acquisition de la propriété actuelle de Saint-Sulpice. Les droits d’indemnité étaient fixés à 500 livres. Gomme le vicaire perpétuel n’avait pas d’argent, les Bénédictins réglèrent qu’il payerait une rente annuelle de 20 livres 4.

Un dénombrement du 28 octobre 1348 nous révèle l’existence d’un fief nommé Chaillou ou Challon, situé à Issy. Il était possédé à cette époque par Jean le Cordier. Un fragment de compte 5 dit qu’il se composait de 37 sols de rente foncière, de 8 ou 10 hortises, et de plusieurs quartiers de vignes 6. En 1524, les frères mineurs deNijon, village entre Auteuil et Chaillou, furent condamnés à vider leurs mains d’un arpent et demi de vigne, sis à Ghàillon ou Challon, et d’une maison, avec cour, jardin, grange, qui se trouvait rue Saint-Vincent à Issy7.

1 Arch. nat. LL. 1050, p. 225.

2 Id. LL. 1050, p. 331, 336. S. 2011.

3 Paroisses de Paris par Ch. des Granges, T. I.

4 Chap. conv. Bit), nat. ms. fr. FF. 16.857, p. 136.

5 Arch. nat.. LL. 2073B.

g Id. L. 780.

7 Id. LL. 1070, p. 134, LL. 1050, p. 77.

Les Chartreux possédaient dans la censive de Saint-Germain-des- Prés deux fiefs : l’un, le fief du Courant, situé à Villeneuve-le-Roi R et l’autre à Issy, nommé le fief de Louviers. Ils consentirent à payer aux Bénédictins, une fois pour toutes, 7 livres par arpent de terrain et 27 livres par arpent de vigne. Ils s’engageaient à donner, comme rente annuelle, 6 deniers par arpent. La somme qu’ils fournirent ainsi pour 18 ou 20 arpents s’éleva à 320 livres. Grâce à cette indemnité, ils demeurèrent propriétaires de ces biens (16 janvier 1625)1 2. Les Chartreux reconnurent qu’ils n’avaient pas droit de justice, ni de dîme dans leur fief de Louviers, ainsi qu’à Meudon3. Le 6 avril 1641, les religieux de Saint-Germain leur permirent de fermer leur grand clos de murailles et de l’augmenter de 7 arpents, pour chacun desquels ils devraient payer 12 deniers de rente annuelle 4. Plus tard, une contestation s’éleva entre les Bénédictins et les Chartreux. Ceux-ci réclamaient le droit de censive sur plusieurs héritages situés à Issy et appartenant à des particuliers. Déjà un procès était engagé devant le tribunal des Requêtes, lorsqu’on résolut de part et d’autre de passer un accord à l’amiable. Les religieux de Saint-Germain renoncèrent au droit de censive sur la maison et le jardin de dame de Bonnerie, rue des Noyers, et à la rente d’un chapon à percevoir sur cette maison et ce jardin. Par contre, les Chartreux leur délaissèrent les cens qu’ils pouvaient prétendre sur des maisons, jardins et autres héritages, situés à Issy près de l’église (17 août 1696) 5.

Les religieux de Sainte-Croix de la Bretonnerie avaient aussi quelques possessions à Issy. Le 4 janvier 1666, ils affermaient à Jehan Rondel une maison avec cour et étable, rue Saint-Vincent, et un demi-quarteron de jardin pour le prix annuel de 10 livres 6.

Les Jésuites, qui dirigeaient le collège de Clermont, avaient acquis plusieurs immeubles à Issy, et avaient, le 27 août 1663, déboursé pour ces achats la somme de 1233 écus d’or 7 . Le 18 janvier 1686, ils firent amortir ces biens et payèrent à l’abbaye de Saint-Germain 266 écus 8.

1 Villeneuve-le-Roi, canton de Longjumeau, Seine-et-Oise.

2 Arch. nat. LL. 1049, p. 34.

3 Id. L. 780.

4 Id. L. 780.

5 Chapitres conventuels . Bib. nat. ms. fr. 16.857, p. 298.

6 Arch. nat. LL. 1050, p. 306.

7 Id. LL. 1050, p. 309.

8 Id. LL. 1050, p. 122. LL. 1145, p. 175.

En 1428, l’héritage de damoiselle Jehanne de Lespinay, veuve de l'eu maistre Michel du Sablon, fut adjugé à Monseigneur Louis de Luxembourg, évêque de Thérouanne. Il consistait en un grand hostel neuf, avec cour pavée, grange, cellier et jardin clos de murs,

10 arpents de terres, prés, vignes et 40 arpents de bois. Ce domaine devait la dîme aux religieux de Saint-Germain L

Le comte de Saint-Pol avait aussi des propriétés à Issy. Vers 1449, Charles VII lui avait donné deux maisons situées dans ce village 1 2.

11 négligeait parfois de payer les cens pour ce qu’il possédait, comme nous le montre une sentence du 20 décembre 1469 3.

Maistre Pierre Lemoyne, prêtre, seigneur de Bonneil en France, avouait, en 1505, posséder à Issy une maison et ses appartenances, pour laquelle il devait aux religieux de Saint-Germain 12 deniers de cens et 112 sols de rente 4 5.

Anne-Marie Colbert, veuve de Louis de la Rochefoucault, duc de Mortemart, prince de Tonnay-Charente, général des galères de France, avait fait des acquisitions à Issy et Vaugirard. Une sentence du 24 mai 1702 la condamna à payer 150 livres que les Bénédictins réclamaient pour les lods et ventes, 29 années de cens et les amendes 6. Le 20 avril 1743, la maréchale d’Estrées vendait quelques immeubles situés à Issy

Redevances.

Bertrand, cardinal prêtre du titre de Sainte-Suzanne, et son cousin, Pierre, abbé de Saint-Serge, près d’Angers, avaient rendu de nombreux services aux religieux de Saint-Germain. Par reconnaissance, l’abbé Jean et le convent leur accordèrent la jouissance de leur manoir d’Issy pendant leur vie (1347) 7 8 .

Au mois de novembre 1347, Jean d’Issy avait donné aux religieuses de Val profond s, plus tard transférées à Paris au Val-de-Grâce, une rente perpétuelle de cinq sols à prendre sur les cens qui lui appar-

1 Arch. nnt. LL., 1070, p. 73.

2 Lebeuf, Hist. du dioc. de Paris. III. 9.

4 Id. LL., 1070, p. 120.

5 Id. LL., 1030, p. 347.

B Id. S. 291 1 .

7 Id. L. 733.

8 Val profond (Bièvres) (Seine-et-Oise).

tenaient à Issy. 11 avait voulu ainsi fonder un anniversaire pour le repos des âmes de son frère et de sa belle-sœur. Gomme les cens étaient passés en la possession des Bénédictins, ces derniers étaient naturellement chargés de servir la rente. Ils l’avaient du reste reconnu dans un acte du 18 mars 1638. Les fermiers n’avaient point satisfait à cette obligation depuis 1694. Les dames du Val-de-Gràce vinrent réclamer le payement de 29 années et un titre nouveau pour empêcher la prescription. Les religieux de Saint-Germain firent droit à leur demande (29 janvier 1736) L

En 1437, les religieux de Notre-Dame-des-Champs se virent, dans un procès jugé au Châtelet, confirmer le droit de percevoir un muid de vin sur les pressoirs banniers de la ville d’Issy 1 2 3.

Ge succès leur donna sans doute du courage. Ils formulèrent de nouvelles revendications. Le prieur prétendait avoir quelques censives dans la seigneurie d’Issy. Les Bénédictins, par esprit de conciliation et pour mettre fin à un procès déjà engagé, accordèrent une rente de 3 livres (3 décembre 1(518) 2; mais ils lui refusèrent le dimage sur les terres que grevait cette dette (janvier 1619) 4.

A la suite d’échanges réciproques pour divers cens à Chàtillon et à Meudon, les religieux de Saint-Germain s’étaient engagés à payer annuellement 7 livres 10 sols, le jour de Noël, aux administrateurs de l’hôtel-Dieu (1er juillet 1332; 5. Le 12 mai 1666, ils se libérèrent de cette redevance, en payant 339 livres 6.

Seigneurie temporelle.

Les Bénédictins de Saint-Germain avaient toute justice dans l’étendue de leur territoire; mais pouvaient-ils exercer la police sur le village entier? Les religieux de Saint-Magloire semblent leur avoir contesté ce droit, en faisant défense à tout manant ou étranger d’entrer en armes sur le terrain de leur juridiction, le jour de l’invention de saint Étienne, fête patronale de l’endroit. Ils voulaient réprimer les

1 Arch. nat. LL. 1145, p. 15:2. Bib. nat. ms. fr. 10.858.

2 ld. LL. 1070, p. 31.

3 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16.850, p. 20.

4 Id. 10.850, p. 29.

3 Arch. nat. LL. 1010, p. 35.

6 Id. LL. 1019, p. 57. Voir Meudon et Clamart à la même date, déclaration de 1790.

excès auxquels se livrait la population parisienne en pareille circonstance et empêcher les dévastations et batteries habituelles.

Un certain Jehan Leforestier de Saint-Germain-des-Prés ne tint point compte de cette prohibition. Les gardes lui réclamèrent son épée. Il refusa de la livrer et appela à l’aide; tune cuisinarius vel pitanciarius, pulsata campanâ Sancti-Germani, cum pluribus monachis et complicibus suis, irruit, raconte le chroniqueur. S’il en faut croire le récit de cette rixe tumultueuse, Jehan Leforestier se montra très ardent dans la lutte : Præfecti santi Maglorii cucullam et vestes ipsius usque ad carnem enormiter dilaceravit, et fratrem Jacquernardum, monachum sancti Maglorii, cum ense evaginato in capite percussit et plures alias violentias eidem intulit.

Mais ce n’était point assez pour ceux de Saint-Germain d’avoir, énormément jusqu’à la peau, lacéré la coulle du préfet, d’avoir assommé le respectable frère Jacquemard; ils frappèrent encore les gardes, les traînèrent à la geôle de la châtellenie, les dépouillèrent de leurs armures et les incarcérèrent.

Loin de blâmer ces regrettables scènes, l’abbé de Saint-Germain, l’illustre Pierre II de Courpalay, qu’on avait informé de tout, trouva l’aventure fort plaisante. Dictus abbas, ridendo, respondit quod iste prœfectus invenerat quod quærebat, nec aliter gentes suas increpare euravit. Cette affaire fut portée devant le parlement, qui condamna les Bénédictins avec leur supérieur à 3000 livres d’amende (28 avril 1330) L

Plus tard, les religieux de Saint-Germain paraissent avoir eu seuls le droit de prendre des mesures d’ordre à l’occasion de la fête patronale d’Issy. On voit qu’en 1470 ils ordonnaient de faire par trois fois le cry suivant : « L’on défendoit, de par messeigneurs les religieux, abbé et couvent de Saint-Germain, que nul, de quelque état qu’il soit, ne trouble ni empesche la leste de cette ville. Aussi ne porte bastons invasibles s’il n’est officier de mes dits seigneurs ou commis à la garde de la dite feste, ou s’il n’est officier royal, sur peine de confiscation et d’amende arbitraire 1 2. »

En 1343, une sentence vint consoler les Bénédictins et leur fit oublier les vexations des Maglorians. Hugues de Crusi, premier président du parlement de Paris, avait été condamné à mort et exécuté pour crime de lèse-majesté. Le procureur du roi soutenait que les

1 Arch. nat. LL., 1019, p. 1(52. LL., 1145, p. 154.

2 Id. 1 140, p. 7.

biens du supplicié devaient suivre son corps et appartenir au souverain de la nation. Tel n’était pas l’avis des religieux de Saint-Germain. Le noble criminel avait été leur hôte à Issy; il habitait sur leur territoire, lors de son incarcération. Ils revendiquèrent donc avec énergie ses possessions et biens meubles, qui leur furent accordés L

L’abbé de Saint-Magloire détenait dans ses prisons un sieur Coutonier, justiciable des Bénédictins. Ceux-ci protestèrent contre cet abus de pouvoir, et le prélat, qui ne voulait plus avoir aucune difficulté avec ses voisins, se hâta de faire droit à leur demande (28 may 1431)1 2.

Un siècle plus tard, 26 août 1368, le receveur de Saint-Magloire n’eut pas les mêmes scrupules. Comme les religieux de Saint-Germain avaient acquis trois quartiers de vigne dans le domaine de sa seigneurie à Issy, il obtint une sentence, les obligeant de payer les lods et ventes 3.

A Issy comme à Meudon, Jean et Antoine Sanguin cherchèrent à entraver l’exercice de la justice et à molester les officiers des Bénédictins. Le 14 mai 1462, ils arrachèrent de leurs mains un homme qu’ils emmenaient des prisons d’Issy en celles de Saint- Germain 4. Les religieux continuèrent de rendre la justice.

Des voleurs avaient dérobé du plomb dans la maison de M. Maupéou. Le prévôt d’Issy et de Vaugirard, ayant eu connaissance de ce larcin, fit saisir les coupables. Il les condamna à être attachés pendant deux heures à un carcan. De plus, il les obligea à payer 30 livres aux religieux et les bannit pour 3 ans du territoire d'Issy (7 mai 1694) 5.

Les religieux de Saint-Germain étaient pleins de sollicitude pour leurs hôtes. Us établissaient ordinairement trois messiers pour veiller sur les vignes pendant le temps des vendanges. Les habitants promettaient en général de payer à ces derniers 8 deniers par arpent, comme ils le firent le 6 août 1470 6.

En 1729, les manants d’Issy se plaignaient que des troupeaux de moutons ravageaient leurs récoltes. Sur leur requête, un garde fut institué pour empêcher ces dégâts 7.

1 Arch. nat. LL., 1026, p. 63.

2 Id. LL., 1049, p. 168.

3 Id. LL., 1050, p. 112.

* Id. LL., 1145, p. 154. LL., 1070, 97-98.

& Id. LL., 1049, p. 199.

6 Id. LL., 1146, p. 7.

7 Id. LL., 1049, p. 200.

Vers la même époque, les Bénédictins permirent au sieur Pariset, chirurgien, de s’établir à Issy, pour donner ses soins aux infirmes L Le bail du greffe et du tabellionnage d’Issy et de Vaugirard s’élevait, en 1631, à 80 livres; celui des desfaults et amendes montait, en 1634, à la somme de 25 livres 1 2.

La geôle était affermée, en 1523, pour le prix de 9 livres 5 sols 3 4. Les fermiers d’Issy, comme nous le voyons dans un bail de 1774, devaient fournir, pour les prisonniers, de la paille, du pain et de l’eau K Une ordonnanôe de Philippe le Long, qui porte la date de 1317, permet à la jeune Lucette, lille de Jean, demeurant à Issy, d’épouser Guillot de Malines, condamné à mort pour homicide, et fait à celui-ci grâce pleine et entière, à la sollicitation de sa fiancée. On ne dit pas ce qui porta le prince à exaucer la demande de cette jeune personne 5.

Dîmes. — Itanalité.

Les religieux de Saint-Germain-des-Prés avaient droit de dîmage à Issy et Vaugirard. Le 16 mai 1465, les dîmes de blé d’Issy et de Vaugirard étaient affermées pour 4 hémines de grain 6. En 1493, elles rapportaient annuellement 42 setiers de blé, 2/3 en seigle et 1/3 en avoine 7 .

Le 14 décembre 1739, le sieur Gouret prenait les dîmes à ferme pour la somme de 300 livres. Il devait en outre donner chaque année 6 setiers de froment, 18 setiers de seigle, 6 setiers d’orge, 12 setiers et demi d’avoine, 2 agneaux, 60 bottes de ployour ou paille à lier la vigne et 400 livres pour le gros du curé. Il était aussi chargé des grosses et menues réparations de la ferme 8.

Les habitants d’Issy payaient la dîme du blé, à raison de 4 gerbes par arpent ou 10 sols (1601) 9, et la dîme du vin, à raison de 6 pintes par muid (1629) 10.

1 Arch. nat. LL, 1049, p. 200.

2 Id. LL, 1 145, p. 155.

3 De Biuère, Notice sur le château seigneurial d’Issy. Paris, 1881, m. f.

6 Arch. nat. LL, 1049, p. 258.

7 Id. LL, 1145, p. 150.

8 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16.859, p. 2.

9 Arch. nat. LL, 1145, p. 152.

Id. LL, 1049, p. 147.

Le pressoir banal était affermé au prix d’une rente de 8 livres (1837) L Le 1er juin 1493, les dîmes de vin et les revenus du pressoir banal atteignaient chaque année la somme de 30 livres 1 2. Une sentence des requêtes confirma que -personne ne pouvait faire ériger un pressoir dans les limites de la seigneurie des religieux à Issy, sans la permission de l’abbé des Bénédictins de Saint-Germain (10 février 1508) 3. Déjà antérieurement, ce prélat avait ordonné la démolition de plusieurs pressoirs particuliers et spécialement celui que Jean Daigny, chanoine de la Sainte-Chapelle, avait fait construire dans son hôtel (1er février 1407) 4.

Parfois les religieux exemptaient quelques habitants de porter leurs vendanges au pressoir banal, moyennant redevance. Le sieur Collin Saint-André obtint cette faveur, mais il s’engagea par contre à payer aux Bénédictins 5 setiers de vin par tonneau et 8 sols par arpent. Il devait affirmer par serment la quantité de vin qu’il récoltait (6 mars 1402) 5. Le four banal était affermé moyennant 4 livres par an (mars 1328) 6.

Le 21 juillet 1673, la communauté de Saint-Germain-des-Prés permit à Julien Mané d’établir un moulin à vent à Issy, mais à condition que personne n’en souffrirait, qu’il payerait les droits seigneuriaux et fournirait une somme annuelle déterminée 7 .

Voierie. — F*olice.

Les religieux de Saint-Germain possédaient à Issy une très ancienne maison, appelée l’hôtel du Vivier. Elle était entourée de fossés, où ils nourrissaient des poissons. Un petit ruisseau, qui descendait de Vanves, y amenait l’eau en quantité suffisante. Mais voici qu’une dame de Bettencourt contesta les droits des Bénédictins et détourna le ruisselet. Les fossés furent bientôt à sec et tous les poissons périrent. Grande fut l’indignation des religieux de Saint-Germain. Us crièrent

1 Arck. nat. CL, 1115, p. 181.

2 Id. LL, 1049, p. 238.

3 Id. LL, 1115, p. 181.

* Id. LL, 1115, p. 181.

5 Id. LL, 1115, p. 181.

6 Id. LL, 1115, p. 158.

7 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16.857, p. 55.

à l’injustice et engagèrent un procès. Nous ignorons quelle en fut l’issue (23 septembre 1389) L

Les Bénédictins de Saint.-Germain-des-Prés avaient haute, moyenne et basse justice sur la Seine et les îles qui s’y trouvaient, depuis les ponts de Paris jusqu’au ruisseau de Sèvres. Une sentence du parlement, rendue le 24 avril 1382, leur maintint ce privilège1 2. Ils firent usage de leurs droits en plusieurs circonstances.

Le curé et les vicaires d’Issy mettaient trop d’empressement pour inhumer les cadavres des noyés. Il fut défendu de procéder à cette cérémonie avant la visite des officiers de justice (6 juin 1608) 3.

Jean et Nicolas Bois tenaient leurs barques au grand port de l’abreuvoir et passaient les personnes qui se présentaient, sans en avoir le droit. Le prévôt d’Issy leur ordonna d’enlever leurs bateaux et les condamna à 30 livres envers les religieux (10 juillet 1630) 4.

La question des eaux d’Issy provoqua souvent l’intervention des religieux de Saint-Germain. Jean de Choisy, conseiller du roi, et propriétaire du lieu dit le Petit Olympe, qui avait appartenu à la reine Marguerite, se plaignit de ce que le lavoir public était trop près de sa maison. La puanteur de l’eau et le bruit continuel du battoir l’incommodaient. Il offrit d’en faire creuser un autre à la porte d’Issy, sur la route de Meudon, dans une pièce de terre qu’il possédait en cet endroit. Les Bénédictins accédèrent à sa demande (juillet 1623) 5.

Dix ans plus tard, le même Jean de Choisy faillit causer une révolution dans le village. En faisant creuser des tranchées profondes dans ses héritages, il avait troublé le cours des sources qui alimentaient la fontaine Saint-Vincent. Les habitants soutenaient qu’il devait réparer les dégâts qu’il avait occasionnés. Cependant, pour ne point entamer un procès, ils chargèrent Dom Claude Coton, procureur et receveur de Saint-Germain, de régler cette affaire. Ce dernier réussit à tout concilier. Il fut convenu que Jean de Choisy ferait rechercher à ses frais les sources de la fontaine publique d’Issy et disposerait de l’eau, comme bon lui semblerait, à la réserve de deux pouces et demi qui couleraient continuellement dans l’auge de la fontaine pour l’usage des manants. Il devait entretenir perpétuellement le lavoir, qu’il avait

1 Arch. nat., L. 780.

2 Id. S. 2909; LL. 1115, p. 192.

3 Id. LL. 1019, p. 1019, p. 181.

4 Id. LL. 1115, p. 19,3; LL. 1019. p. 258.

5 Chap. conv. Bib. nat. ms.fr. 16.851, p. 303.

fait construire, d’une quantité d’eau suffisante pour le lavage des lessives. Il y avait obligation pour les habitants de laver tout leur linge à ce lavoir, sous peine de 10 livres d’amende envers l’église de la fabrique (30 janvier 1632) L

Les habitants d’Issy voulaient vendre une partie de l’eau de la fontaine Saint-Vincent. Les religieux de Saint-Germain s’y opposèrent, comme seigneurs et principaux usagers (28 avril 1635) 1 2. Cependant, ils finirent par autoriser la cession de deux demi-pouces d’eau faite à dame Antoinette le Prestre, veuve de monsieur Sarrus, conseiller au parlement. Pour leur exprimer sa reconnaissance et aussi peut-être pour hâter leur adhésion, celle-ci leur donna une somme de 100 livres (26 juin 1641) 3.

Un autre événement causa une vive rumeur à Issy, en 1717. Il s’agissait toujours de la question des eaux. Le sieur Delahaye avait fait creuser un puits assez profond aux environs des sources communes du village. 11 pouvait les tarir. Grand émoi. La princesse de Gonti, le maréchal d’Estrées et d’autres particuliers, qui avaient des maisons dans la localité, en appelèrent au parlement, pour empêcher le sieur Delahaye de continuer ses fouilles. Le monastère de Saint-Germaindes-Prés se joignit à eux. Nous ne savons ce qu’il advint de cette affaire (30 juillet 1767) 4.

Le voyer permit aux Jésuites du collège de Clermont (8 novembre 1632), àM.Tronson, supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, à Jacques Tubeuf, intendant des finances (24 octobre 1639), à M. de Fourcroy, avocat au parlement (5 mai 1682), de conduire l’eau de la source à leur maison respective 5.

Pour unir deux maisons que la voie séparait, les religieux accordèrent a Jean Delahaye, qui en était propriétaire, de creuser un passage souterrain (5 juillet 1599) 6.

Le sieur Jean-François de la Fontaine, receveur général des domaines et bois de la province de Bretagne, demeurant à Paris, rue Louis-le-Grand, paroisse de Saint-Roch, avait une maison à Issy. Il demanda aux Bénédictins la permission d’enfermer dans sa clôture le grand chemin qui allait à Montrouge. Il s’engagea à ouvrir à ses

1 A rck. nat. S. 2909.

2 Id. S. 2909.

a Id. S. 2909.

4 Chap. conv. Bib. i nat . ms. fr. 16.857, p. 515.

5 Arch. nat. S. 2909, LL. 1119, Bib. nat. ms. fr.. 16.857, p. 170.

6 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16.849, p. 10.

frais une rue plus large et plus commode le long de sa propriété. On fit droit à sa requête, tout en observant le consentement de la population (4 décembre 1708) L

Le prévôt d’Issy et de Vaugirard veillait aussi à la propreté des rues. Chaque matin, au signal d’une sonnette, les habitants devaient balayer la voie, devant leurs maisons et dans toute l’étendue de leurs propriétés. Ils étaient obligés d’enlever les boues. Il y avait défense de jeter des ordures ou des eaux puantes dans le ruisseau. Les charrons ne pouvaient laisser des voitures sur le chemin pendant la nuit. Les maçons devaient faire enlever promptement les débris de démolition (23 novembre 1737) 1 2.

Seigneurie spirituelle.

Nous mentionnerons tout d’abord plusieurs fondations d’anniversaires, dont la terre d’Issy devait supporter les charges.

Jehan d’Issy, chevalier, donna une rente perpétuelle de 3 sols au monastère du Val-Profond, plus tard le Val-de-Gràce, pour qu’on y célébrât un anniversaire en faveur de son frère Guillaume et de son épouse (août 1247). Le 29 janvier 1736, les Bénédictins de Saint- Germain-des-Prés reconnurent que leur domaine d’Issy était grevé de cette dette 3.

En 1248, Adam de Vanves, chevalier, affecta pour son anniversaire une rente perpétuelle de 40 sols, à prendre sur deux pressoirs qu’il avait à Vanves, dans la mouvance de Barthélemy d’Issy 4.

Jehanne, veuve de Pierre Guyot, donna aux religieux de Saint- Germain-des-Prés 20 sols de rente pour avoir une messe, avec diacre et sous-diacre et vigiles à neuf psaumes et neuf leçons, le jour de son trépassernent, et une messe basse touslesans(13 décembre 1467) 5.

En 1471, l’abbaye de Saint-Germain amortit les biens de l’église d’Issy pour la somme de 45 livres 6. Le 14 mai 1556, Michel Marteau donna à l’œuvre de l’église du même lieu une masure et un terrain pour agrandir le cimetière 7.

1 Chapitres conventuels. Bit). nat. ms. fr. 16.859, p. 312.

» Id. LL, 1049. p. 3.

* Id. LL, 1070.

6 Id. LL, 1049, p. 25.

fi Id. LL, 1070, p. 30.

7 Id. LL, 1145, p. 155.

L’église d’Issy, qui menaçait ruine, avait besoin d’une complète restauration. Pendant la durée des travaux, les Bénédictins consentirent à prêter leur grange pour le service divin (26 janvier 1629). Ils ne paraissent pas avoir montré un grand zèle pour contribuer aux frais de cette reconstruction. Le parlement intervint et les condamna à donner 6000 livres (3 septembre 1638) l.

Un aveu du 20 mars 1620 nous montre que les sociétés pieuses pouvaient posséder. Il y est dit que Pierre Tabarin, Pierre Tabour, Jehan du Val et François de Seul, tous marchands chandeliers de suif, bourgeois de Paris, et, à présent maistres-gouverneurs de la confrairie de monseigneur saint Jean l’Évangéliste, confessent être détenteurs de 7 quartiers d’été, au terroir d’Issy, en la rivière de Seine, au petit abreuvoir, chargés envers les religieux de Saint- Germain de 7 sols, 7 deniers, payables à la Saint-Remy 2.

Les curés d’Issy avaient quelques droits sur le dimage local. Une sentence du 9 juin 1664 maintient, en effet, le sieur Pujolle, titulaire de la cure, en la possession des dîmes novales sur les terres défrichées depuis 4 ans. Elle lui accorde, en même temps, la menue dîme des cochons, agneaux et autres animaux 3.

Curés tl’Issy.

1203, Pierre (curé).

1610, Charles Condurier, chanoine sous-chantre de l’église de Paris.

1644, Pujolle.

1666, Bertize.

En 1437, les religieux de Saint-Germain fournissaient au curé pour son gros 30 setiers de blé et 4 muids de vin 4.

Une convention passée le 31 mai 1666 fixa cette redevance à 400 livres et 3 muids de vin. De pins, les terres de la cure étaient exemptes de la dîme jusqu’à concurrence de 24 arpents. Le curé avait droit de charnage dans l’étendue de la paroisse, excepté dans la terre seigneuriale 5.

1 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. F, 16. 852, pp. 82 et 158.

2 A rch. nat. LL, 1070, p. 133.

3 Id. LL, 1049, p. 152.

4 Id. LL, 1070, p. 85.

5 Id. LL, 1049, p. 153. LL, 1129, p. 288. F, Bib. nat. ms. fr. 16.852, p. 252.

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