Bib. nat. ms. fr. 20848, p
CROSNES'
Ce village est situé sur la rivière d'Yerres, non loin de son confluent avec la Seine. C'était à l'origine une dépendance de Yilleneuve-Saint- Geoi'ges. On y voyait une chapelle dès la fin du XIP siècle. Elle relevait de Saint-Germain-des-Prés, car elle figure dans la bulle oîi le pape Alexandre III confirme les biens attribués à ce monastère (1177). Des personnes généreuses la dotèrent. En 1226, Egilo de Quisiaco (Gillet de Cuissy?) approuva une acquisition de 20 livres faite dans son propre fief en faveur de ce sanctuaire'. Ferrie d'Anet et la comtesse Chrétienne, sa mère, ajoutèrent à cette donation'. On prévoyait que Crosnes se séparerait de Villeneuve-Saint-Georges. Pour compenser la perte que devait faire cette église, Baudouin de Corbeil et Ferrie du Pâte consentirent qu'elle possédât un des biens fonds qui se trouvaient dans leurs fiefs, acheté au prix 3o livres (1232)*.
Comme la chapelle de Crosnes jouissait d'assez importants revenus, Guillaume, évèque de Paris, l'érigea en église paroissiale (juillet i234)"'. L'abbé de Saint-Germain conservait le droit de présenter à la cure, de percevoir les pains offerts le jour de Saint-Etienne et les deux tiers des cierges donnés à la Chandeleur". 11 était déchargé de pourvoir, à l'avenir, à l'entretien du vicaire perpétuel et d'augmenter le gros qui lui était départi. Raoul, curé de Yilleneuve-Saint-Georges, approuva cette érection, qui fut confirmée par Jean, archidiacre de Paris. La délimitation de la nouvelle paroisse ne comprit pas les villages assez rapprochés de Chalandray ou Chalandré, Toncy et Aresles ; ils continuèrent à dépendre de ^ illeneuve-Saint-Georges". Le curé de cette dernière localité dut renoncer en faveur de son ancienne succursale aux revenus et aux vignes qu'il possédait au territoire de Crosnes. On fit exception pour la vigne de Montcrevé \
1. Canton de Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise). a. Arch. nat. LL. 1025.