Arch. nat. L. 780. LL
ARRONDISSEMENT de PONTOISE
LONGliESSE
Longuesse, en latin Longiiessiiim, Longnessa, Longuaxia, est un village du canton de Mannes, arrondissement de Poiitoisc, département de Seine-et-Oise. Il doit sans doute son nom à la forme qu'il a. Une seule rue principale, très longue, constitue la commune.
Robert 11, frère du roi Eude, avait été nommé abbé de Saint- Germain-des-Prés. En dépit des saints canons, il jouissait des richesses de ce monastère, bien qu'il fût simple laïque et marié. C'était la première fois qu'on voyait pareil scandale dans cette communauté. Ce prélat d'un nouveau genre montra un véritable zèle pour doter l'abbaye qu'il était censé gouverner. En 918, il obtint de Ciiarles le Simple une charte par laquelle il donnait à Saint-Germain de Paris des biens assez considérables, entre autres la chapelle de Longuesse avec ses dîmes et divers revenus ^
Des acquisitions et donations vinrent augmenter ce domaine.
Vers 960, messire Pierre de Longuesse et son épouse, Hildeburge, avec le consentement de leurs enfants, donnèrent, en aumône, à Tabbayc de Saint-Germain-des-Prés, les terres qu'ils avaient au territoire qualifié de leur nom. Pour récompenser cet acte généreux, les Bénédictins accordèrent xxi livres x sols à Pierre de Longuesse et un anneau d'or à Hildeburge. Les autres membres de la famille eurent leur part dans cette reconnaissance. La donation que nous venons de mentionner fut solennellement déposée sur l'autel de Saint-Vincent".
En mars 1208, le monastère de Saint-Germain acquit à Longuesse une maison, un jardin derrière et une vigne, avec d'autres biens
1. BouiLLART, p. 64. Pièces justificatives (XXV). a. Arch. nat. LL. 102^, p. 82.
à Bouafle et Les Mureaux, pour la somme de 60 livres parisis'.
Eustache d'Orsignies, chevalier, fit donation à l'abbé et au convent de Saint-Germain-des-Prés de 4© sols parisis de rentes, sur les censives de Fresnes (Ecquevilly) (1270)'.
Au mois d'octobre i332 eut lieu un échange entre l'abbé et les religieux de Saint-Germain. Ceux-ci délaissèrent à leur supérieur 123 livres i5 sols de rente à Issy et Vaugirard pour la maison de Longuesse et ses appartenances qu'il leur abandonnait^
Ils effectuèrent cet accord, disaient-ils, après grande et longue délibération (i332), pour la paix, concorde et unité, qui doit estre nourrye et gardée spécialement entre personnes de religion, pour eschiver descors, matière de scandale, au temps à venir. Les biens de l'abbé et du convent étaient mélangés de telle sorte qu'il pouvait en résulter de fâcheux procès *.
Le II mars i343, Jean et Pierre le Yiel cédèrent aux Bénédictins un jardin situé à Longuesse. Ils reçurent en échange un arpent de terre sis au même lieu, redevable envers les religieux de deux sols de cens et de la dîme ^.
On lit dans le dénombrement de i384 : Item le pitancier du convent a une maison en l'archevesché de Roen, appelé Longuise, en grant ruine. Item, environ xlii arpents de terre. Item, environ uni sols de menus cens\ Item, les dimes de grains d'icelle paroisse et champarts, tout loué à présent, montant et avalant, xxiiii livres, qui soloit valoir, avant les guerres, c livres parisis, et doit décime au pape, qui monte VI livres.
Le 7 avril i46i, demoiselle Ferrenelle de Claincourt, veuve de Pierre de Gamaches, renonça au profit de messieurs le religieux, abbé et convent de Saint-Germain, à cause du pitancier, à tous les droits qu'elle avait sur un hôtel, nommé Graveois, et ses appartenances, comme moulin, coulombier, masure, terres, jardins, vignes, prés, aulnayes. Cette propriété était située entre Fresnes et Bures. La dite demoiselle