BouTARiç, Actes du Parlement, I (an
auraient la basse et foncière juridiction seulement sur leurs hôtes et meubles d'iceux, et que les religieux de Saint-Denis auraient la moyenne justice sur les hôtes et hostises de Saint-Germain, tant au temps de la moissine que hors le temps d'icelle, en la ville de Charlevanne, sans que les religieux de Saint-Germain puissent rien réclamer en la dite justice. Quant aux plaids généraux tenus par les religieux de Saint-Denis annuellement à Rueil, les hôtes des religieux de Saint-Germain-des-Prés de la ville de Charlevanne ne seront pas tenus d'y aller, sans ajournement suffisamment fait par les hôtes des religieux de Saint-Denis, ni répondre par devant eux au dit plaid, s'ils sont revendiqués par les religieux de Saint-Germain, si ce n'est en cas de haute et moyenne justice. Les partis en étaient venus à une telle extrémité que les fiefs de ces abbayes à la Celle et à Charlevanne avaient été saisis et mis en la main du roi. Cette saisie fut levée après l'accord ratifié entre les partis. Charlevanne porte aujourd'hui le nom delà Chaussée, hameau deBougival.
Deux faits constatent des possessions territoriales de Saint-Germaindes-Prés à Charlevanne. D'abord un religieux de cette abbaye, nommé Beauduin, avait, au temps oix il gouvernait et administrait la Celle, défriché et fertilisé par son travail un clos de vigne. En reconnaissance, Hugues, abbé, accorda annuellement à sa communauté 5 muids de vin, pris sur ce clos, le jour anniversaire de ce religieux*.
Gérard, abbé de Saint-Germain, soutenait contre Mathieu de Vendôme, abbé de Saint-Denis, avoir justement bâti un moulin en pierre à Charlevanne, puisque son abbaye y avait antérieurement un moulin en bois. Robert, abbé de Saint-Victor de Paris, pris comme arbitre, trancha la question en faveur de Saint-Germain-des-Prés".