‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 5)Chapitre 210 sur 268 · Arch. nat. LL. looi, p. i3o · texte numérisé non relu

Arch. nat. LL. looi, p. i3o

devant le Prévost de Chasteaufort. Cette justice coûte plus à exercer qu'elle ne rapporte ;

(( 7'^ Droits de lots, ventes, saisines, amendes, forfaitures, confiscations et autres droits appartenant à la justice ;

« Cette terre appartient à l'aumônerie'. »

Le bail si peu avantageux passé par l'abbé Robert de l'Espinasse en faveur de Louis Troche pour le fief du Moucet ou de la Croix, expirait en 15-2, mais les religieux n'en purent jamais jouir. Car l'année même où ils devaient en prendre possession. « une pauvre femme, damoiselle, bossue, veuve d'un certain Grégoire, chevalier qui était de la descendance de Louis Troche, vint réclamer, au nom de son fils qui n'avait que neuf ans et dont elle était la tutrice, de prétendus droits sur le fief de Moucet. » Après avoir fait débouter la pauvre veuve des fins de sa requête par sentence du prévôt de Paris et puis par arrêt du Parlement, les religieux se trouvèrent en face d'un adversaire plus redoutable : c'était François Descoubleau, marquis de Sourdis, seigneur temporel de la ville de Jouy. Le fief du Moucet touchait à ses terres et il ambitionnait de le joindre à son domaine. Les religieux n'ayant pas répondu à ses désirs, il eut recours à la violence. Par ses ordres, des spadassins masqués et armés se transportaient dans les environs du manoir des moines, attaquaient ces derniers ou leurs domestiques avec leurs épées ou leurs poignards, ou même en tirant contre eux leurs escopettes. Effrayés de ces attaques, les religieux renoncèrent à une lutte qu'ils se sentaient incapables de soutenir plus longtemps et consentirent à céder à François Descoubleau leur fief de Moucet en échange de la terre de Courbetin, en lui payant pour cet échange une soulte de 5oo livres tournois (1579)°.

Cet arrangement ne dut pas être exécuté sans difiiculté. Car à la suite d'un procès, le 2 mars iGoo, M"^'' la marquise de Sourdis, renonçant à plaider davantage, donna 2000 escus aux religieux, à condition qu'elle jouirait doresnavant de leur seigneurie de Jouy et de la Croix, et elle cédait en échange la terre de Courbetin'.

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