I. Bo^iîîIN
tioo muids de grain; gô arpents de vigne où l'on pouvait recueillir annuellement lOoo muids de vin; 60 arpents de prés où l'on récoltait 60 charretées de foin ; plus une forêt qui avait 2 lieues de circonférence et où l'on pouvait nourrir 200 porcs, sans compter dïmiDortantes châtaigneraies.
Or, pour peu qu'on veuille réfléchir à l'étendue du territoire et à l'importance des produits, on conclura facilement que cet article du Polyptyque s'applique à toute l'étendue du domaine possédé dans cette région par l'abbaye de Saint-Germain, et non au territoire spécial de Verrières, territoire qui était en grande partie couvert de bois, et non encore défriché pour la culture ; le motif qui a engagé l'abbé Irminon à mettre ici le nom de Verrières, au lieu de celui d'Antony où les moines avaient déjà, à cette époque, construit l'église et établi le centre de la population, dut être sans doute l'importance des fabriques de verres, qui existaient dans les bois de ce territoire et avaient donné son nom à cette localité.
Remarquons le nombre considérable de manses ingénuiles que nous trouvons dans cette longue nomenclature, tandis que nous n'y relevons que 2 manses serviles. L'article relatif à Frodole, vassal de l'abbaye et maire de Verrières, nous fait connaître la disposition et les obligations de ce fief :
« Frodolde, maire et vassal, et sa femme, nommée Heldegarde, vassale de Saint-Germain, ont avec eux 3 fils et une fille; ils tiennent un manse ingénuile qui a de terre labourable, 3 bonniers et 6 arpents de vigne. Sur un autre manse ils ont en terre arable 2 bonniers, 4 arpents de vigne et un arpent de pré ; il paie de taxe militaire pour chacun de ses manses, 4 solz d'argent ; la 2^ année, 2 moutons ; pour la 3« année, I brebis pour le droit de paccage; pour le droit de paisson, 3 muids de vin. 11 laboure chaque année 3 perches de terre qui lui seront désignées pour le droit d'hyvernage et 2 pour le droit de trames. Il doit les corvées, les charretées, les manœuvres au point qui lui sera ordonné. 11 doit enfin 4 poulets, i5 œufs, et doit labourer i arpent dans les vignes seigneuriales. »
A la fin de sa longue énumération des vassaux de l'abbaye et des redevances dues par eux, le Polyptyque résume le tout de la manière suivante :
« Il y a donc, à Verrières, 89 manses qui paient comme taxe militaire^
pour une année 3o/i solz; pour la 2^ année, lôg moutons et pour la S^ année 79 comme droit de paisson, 282 muids de vin et une redevance en argent de i sol 2 deniers; comme droit d'usage, aS sols 4 deniers; 25i poules avec leurs œufs et 84 poulets royaux ^ »
Le plus ancien document qui fasse mention d'Antony est le diplôme de Louis le Débonnaire confirmant en 829 les dispositions prises par son H très cher conseiller et ami, Hilduin, abbé de Saint-Vincent et de Saint-Germain », pour assurer et régulariser l'entretien de son monastère; parmi les domaines attribués à la mense conventuelle pour fournir au vestiaire des moines, nous trouvons Antony avec sa chapelle (Antoniacum cum ipsa capella).
Remanjuons que dans ce document, comme aussi dans le diplôme de Charles le Chauve, il n'est question que d'Antony. 11 est probable que les localités (à l'exception de'Verrières) qui formèrent dans la suite les dépendances d'Antony n'existaient pas encore. Point de jonction des deux routes allant à Chartres et à Orléans, Antony avait une importance spéciale tant au point de vue militaire que pour les relations commerciales de la contrée.
Dès lors les moines se trouvèrent tout naturellement conduits à défricher sur ce point les forêts qui couvraient alors le pays, à y créer un centre d'habitation, pour livrer à la culture un territoire jusqu'alors absolument improductif pour l'abbaye.
Trop soucieux de leurs devoirs religieux et aussi du développement naturel de leur ville d'Antony, ils eurent soin de doter cette dernière d'une église. La chapelle mentionnée dans la charte de 829 était, d'après ce document, en la possession et à la disposition des religieux.
Puis la nuit se fait sur l'histoire d'Antony. Aucune trace ne nous est restée de son sort pendant la terrible période des invasions normandes. Placée sur les voies que suivaient les hordes barbares, cette petite ville dut plus d'une fois être dévastée, détruite même. Mais l'importance militaire de cette situation dut engager les chefs de la défense nationale à maintenir ce poste avancé, à le relever de ses ruines et à le fortifier de manière à en assurer la possession aux Français. C'est ce qui explique l'existence de cette Tour d'Argent qui s'élevait au milieu d'An-