I. Bih. nnt. Doni Poirier
a. Lebeuf-Cocueris, III, p. 74.
Que leurs droits primitifs sur la vieille église se fussent ou non perdus pendant la période des invasions normandes, c'est ce que ne nous pourrions conclure d'une manière jjrécise de la charte de 10^2 par laquelle Imbert, évèque de Paris, concède à l'aljbé et aux religieux de Saint- Germain-des-Prés l'autel de Saùit-Saturnin d'Antony', parce que, dans les chartes de cette époque, le mot de concession équivalait souvent à la confirmation d'une concession antérieure, et qu'il n'est guère étonnant qu'au sortir de cette période convulsée, les moines sentissent le besoin de faire confirmer leurs droits antérieurs. Quoi qu'il en soit, la charte de 1042, confirmée solennellement par un diplôme du roi Henri P'' en io58 ', établit sans conteste la seignevuie spirituelle des religieux à Antony ; carie mot allare ne signifie pas l'autel particulier d'une église, mais bien le droit paroissial, la cure des âmes et les dîmes et revenus qui y étaient affectés. Cette interprétation est confirmée par la réserve des droits de synode et de visite que l'évèque de Paris inséra dans sa charte de donation.
Suivant DubreuP, l'abbé Âdraud obtint d'imbert, évèque de Paris, l'église d'Antony, dédiée à saint Saturnin, martyr. Cette donation et ce droit perpétuel à la présentation du curé avait pour objet de servir à améliorer la pitance des moines. Depuis cette époque les religieux de Saint-Germain devinrent curés primitifs, administrateurs et vrais possesseurs des biens temporels de cette église. Ils perçurent des habitants de l'endroit la dime des fruits et des animaux, ce qui n'était pas un médiocre revenu. Mais on peut se demander pourquoi l'évèque de Paris avait retenu cette église que Louis le Pieux, Lothaire et Charles le Chauve avaient déjà donnée à Saint-Germain-des-Prés, plus de 170 ans avant (872, privilège de Charles le Chauve). — Dans ce privilège l'église d'Antony est désignée sous le nom de capella. Fut-elle érigée en paroisse, en 1042 ? Ce n'est pas possible, car cette chapelle ne dépendait d'aucune église, et puis, on y administrait tous les sacrements. Si, en 1042, on l'avait érigée en église mère, on aurait mentionné ce fait. Charles le Chauve n'avait pas tenu la main à ce qu'il avait accordé.