‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 5)Chapitre 257 sur 268 · BERNY · texte numérisé non relu

BERNY

La terre de Berny faisait primitivement partie du domaine de Saint- Germain. Elle avait été aliénée, tout en restant dans la censive et seigneurie des religieux. Au commencement du X\ II'' siècle, cédant sans doute à d'impérieuses difficultés financières, ou peut-être simplement au désir de ne pas s'aliéner la bienveillance d'un grand personnage, en repoussant sa requête, le couvent de Saint-Germain consentit à ériger en fief la terre de Berny en faveur de messire Brulart de Sillery, chancelier de France. Mais ce ne fut pas sans contestation que fut adoptée cette mesure qui portait une grave atteinte aux droits et à l'importance de la seigneurie d'Antony. Aussi, le 3o janvier i6i5, pendant que le prieur, le sous-prieur et une partie des religieux procédaient à cet acte d'érection, le frère Philippe Laurent, procureur et receveur de Saint- Germain, protesta, au nom de la minorité du Chapitre, contre cette mesure qui, suivant eux, lésait gravement les intérêts de l'abbaye^. Quarante ans plus tard, la seigneurie de Berny était venue, par voie d'héritage, en la possession de M. de BellicATe, premier président du Parlement de Paris. Ce dernier la céda, à titre d'échange, à messire Hugues de Lyonne, ambassadeur du Roi de France auprès du Saint- Siège ; par déférence pour la haute situation du vassal de l'abbaye, le frère Laurent, procureur des religieux, dispensa, « pour cette fois seulement 1), le délégué de messire de Lyonne de la cérémonie de foi et d'hommage et se contenta de recevoir, avec son serment de fidélité, la déclaration que les droits dus par lui pour son investiture se montaient à la somme de 2000 livres'.

Avant la fin du XYII* siècle, la vente d'une vaste étendue de leurs bois de Verrières, de Montéclin, d'Amblainvilliers, du Chesnay et de la Celle, pour en faire le parc royal de Versailles, ayant mis à la disposition des religieux des sommes considérables, ils purent profiter de la

t. Arch. nat. S. 28ijo.

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